Il fait beau et chaud comme en juin et aujourd'hui je me suis levée à midi et j'ai passé une demie-heure au soleil sur la terrasse avec le Glamour de ma soeur, j'ai constaté la pâleur de ma peau et
j'ai racheté de l'autobronzant, je réfléchis au moyen de perdre toute la masse graisseuse hideuse accumulée ces derniers temps, mais devant la glace il n'y a pas grand'chose à modifier et c'est
plutôt bien de pouvoir se dire ça. Je médite aussi sur les nouveautés mode à avoir, depuis le temps que je n'ai rien acheté, et le tie & dye revient selon les magazines féminins, mais
où va le monde? Je pense plutôt me faire un dress code dans les gammes casual/épuré avec une pointe trendy, et ces termes me font sourire.
Je suis allée assez souvent chez le coiffeur cet hiver et je me laisse pousser les cheveux pour cet été, même si je suis tentée par un carré éffilé (qui sera passé de mode puisque la tendance était
hivernale), et plus de coloration avant longtemps, ils sont en train de prendre une couleur brun foncé avec dans le dégradé des teintes châtain clair et j'ai un peu passé l'âge du trip cheveux
violets/rouges/noirs, la dernière fois je me suis sentie pas à ma place, c'était bizarre.
C'est comme lorsque je remets d'anciennes fringues skate babs, ou ceux tendance emo à pois (immonde), je me sens complètement décalée. Comme si le temps était venu pour moi d'abandonner les vans et
les Converses, les débardeurs à slogan ainsi que les mini jupes flashy pour un style plus raffiné, plus subtil, enfin ce n'est vraiment pas une mauvaise chose de toute façon.
Je ne suis jamais à ma place, décalée que je suis avec mes marques de fashion (fashion genre le Comptoir des Cotonniers, Lord Richards et pas Guess ou Kaporal cela dit) et mon sac à main quand nous
sommes dans les soirées de la bande qui persiste et signe dans les sweats à capuche et les baggys skater, décalée aussi quand je suis avec elles et qu'elles parlent de trucs de filles fashion (qui
va sortir à la Star Ac, le dernier potin de Glamour, les nouveautés star).
Alors comme toujours je m'adapte un peu par lâcheté, je sors mes escarpins et mes mini jupes avec elles et je réenfile des pantalons larges et mes vans avec eux.
Et sinon je garde quand même des incontournables, comme mon vieux keffieh que, je ne sais par quelle raison, je trouve plus sublime et élégant que n'importe quel autre foulard.
Je me suis encore trop maquillée aujourd'hui et dans le vent qui s'engouffrait dans la voiture je devais tout le temps remettre ma frange à
sa place. J'ai toujours des cicatrices aux jambes, des bleux et des égratignures, et je ne sais pas comment elles font ces autres avec leurs beaux mollets impeccables, pour ne pas les égratigner.
Derrière mes lunettes XXL je regardais les gens dans les yeux au lieu de détourner le regard, et comme toujours j'ai un ressenti de ridicule et de mépris, l'un n'allant pas avec l'autre. Je ne sais
pas pourquoi je préfère que les gens croisés dans la rue me prennent pour une fille hautaine, qui se la pète, plutôt que pour une fille gentille. Le mépris est-il la meilleure barrière
contre la peur du dehors? En paraissant méprisante je me suis toujours sentie mieux protégée des autres.
Des fois dans la rue je m'exclame, regarde ça serait typiquement une fille à ton goût, quand il y en a des jolies, habillées simple et féminin, celles qui ont un style ni neutre ni
excessif, et à chaque fois il hausse les épaules. Et je suis partagée par des sentiments de perplexité et de contentement, de savoir qu'il ne se résume pas à la façon dont je peux m'habiller
parfois, ou mes pulsions superficielles ridicules (du genre les fausses D&G achetées en Espagne que je kiffe grave). Cet homme est à la fois l'amour de ma vie et mon meilleur ami.
Ma soeur a le réseau social le plus étendu que je connaisse, mais elle envie mon corps et se plaint d'être grosse (tout est relatif: elle est mince et n'importe quelle obèse se suiciderait si elle
l'entendait). Comme quoi, on est évidemment toujours insatisfait de ce que l'on a. Je ne sais pas comment conclure toute cette masse de propos inutiles, j'ai observé que les filles qui aimaient la
mode faisaient des blogs très drôles, ironiques et somme toute de propos légers, quand ceux qui méprisent les dress codes et le superficiel apparentiel font des blogs de déprimés. Ceci
étant sûrement corrélaire à cela. Et une fois encore, je me retrouve en décalage.