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Read me in July

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Run, run, run

Entends-tu le chant des hommes qui courent après l'amour ?
Ce bruit sourd résonne nuit après nuit, jour après jour.

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Lundi 4 février 2008
Cher journal

aujourd'hui le ciel pleure mais je reste dans l'ombre entre mes quatre murs de pierre.  Je m'endors en écoutant les bruits du dehors qui résonnent dans ma tête, ce n'est pas une jolie mélodie mais les hommes n'aiment pas le silence, je crois que cela leur rappelle la mort

Cher journal

cette nuit je sors comme toute les nuits, mes longs cheveux sont comme de la soie qui virevolte dans mon bonheur de respirer les odeurs de fête. J'ai mis une de mes robes préférées, le velours ne m'écorche pas; je suis si sensible. Je me sais très belle et très désirable, les effluves de musc font palpiter les sens de ceux que je frôle dans ma hâte. Il pleut toujours, et les gouttes forment comme des perles irisées sur mes bas noirs, noirs comme la voûte sans étoiles.

Cher journal

je suis rentrée avec un homme, j'ai cédé encore une fois, il avait un regard si doux et si gentil. Quand il a posé la main sur mon épaule je sentais les vibrations de loup qui parcourait son corps et j'ai accepté avec solennité son invitation à danser. La musique était forte comme je l'aimais, mes battements de coeur et les battements du coeur de cet homme bondissaient au rythme des basses qui résonnaient et j'ai respiré son odeur

Cher journal

quelle tristesse, j'ai regardé dans ma boîte à souvenirs et j'ai retrouvé un camé qu'il m'avait offert une nuit de saint Valentin, je l'ai caressé du bout des doigts et l'aiguille de la broche m'a piquée et a ravivé des pensées douloureuses, j'ai bercé mes poupées en frissonnant jusqu'à ce que je m'apercoive que la main de l'une d'elles était en sang, en fait à cause de ma petite blessure. J'ai été soulagée.

Cher journal

cette nuit je sors comme toutes les nuits, j'ai mis ma robe rouge grenat et je me hâte vers un nouveau lieu propice aux rendez-vous. Une invitation au vernissage de l'exposition d'un artiste qui se plaît à faire du fétichisme une inspiration artistique, cela peut être intéressant. En arrivant j'ai beaucoup apprécié la parure soignée des femmes à voilette et des dandys d'un autre siècle. Tout le monde était courtois, raffiné à l'extrême, et nous avons tous applaudi au défilé des mannequins en corsets.

Cher journal

je crois que quelqu'un me suit, j'ai eu très peur hier en rentrant avec un homme, lui n'a pas remarqué mais j'entendais des pas qui n'étaient pas coordonnés aux nôtres, et j'ai vu une ombre glisser sur le pavis. Cette sensation de malaise m'a fait perdre le contrôle de moi-même et ce soir en me réveillant toute ma chambre était très sale et mon beau vase  en porcelaine était brisé, j'ai beaucoup pleuré sur moi-même et ce soir je reste ici par sécurité, pour ne pas être suivie par une méchante personne. Pour m'occuper j'ai dansé un menuet devant le corps immobile et puis j'ai tout nettoyé

Cher journal

j'ai beaucoup réfléchi à tout ce que j'avais vécu jusqu'à présent et je pense que cela ne peut être que bénéfique, que je sois seule sans personne avec qui me distraire comme lui savait me distraire, parce que comme ça je n'ai plus jamais peur de souffrir atrocement à la perte d'une personne chère. Des fois je parle à son beau portrait, mes yeux pleuvent en regardant l'écharpe en cashmere que je lui avais offert et qui allait si bien avec sa redingote en cuir noir que j'aimais effleurer. Devant ma porte quelqu'un a déposé une gerbe de roses blanches et j'ai trouvé ca insultant, effrayant aussi, car personne ne doit savoir où j'habite. Je regarde les fleurs que j'ai éffeuillées et  je les écrase du talond. Demain, je pars

Cher journal

cette nuit j'ai rencontré l'homme qui me suivait, il m'a empoigné le bras et m'a regardée avec intensité. Il avait des yeux incroyablement bleus et un rictus le rendait offensant à la vue. Il m'a chuchoté, qu'il savait qui j'étais et que c'était de sa part, les roses blanches, et qu'il espérait que mon cadeau m'avait fait plaisir tout en sachant que c'était le contraire. Heureusement que celui qui était mon chevalier servant l'a écarté de moi en le menacant d'avoir recours à la force, et j'ai trouvé son intervention follement romantique. L'autre a reculé et s'est enfuit, j'ai été soulagée mais mon imprudence me met en péril et je suis impatiente de quitter cette ville.

Cher journal

ceci est la dernière page que j'écris, car même s'il m'accorde le droit à une dernière virevolte littéraire, il me presse de finir vite et je regrette de n'avoir pas plus du temps. Je finissais mon repas quand il est entré et j'ai hurlé d'effroi, j'ai essayé de lutter mais je suis une faible créature malgré tout. Il m'a attachée au lit et j'ai lu dans son regard une once de convoitise, mais qui a vite disparu, submergé par le dégoût. Il m'a appelée de tous mes prénoms et j'ai eu de l'estime et une certaine nostalgie en repensant à l'époque où on m'appelait Bérénice, ou  Mélisande. Il a dit, que j'étais un monstre et que c'était une horrible chose que d'avoir vécu aussi longtemps comme moi, et que la rédemption avait attendue trop longtemps.
Le mot m'a hérissée et j'ai eu de la haine à son égard, je voulais le tuer mais il m'avait trop solidement attachée pour que je fasse quoique ce soit. Il m'a fait subir plein d'expériences qui m'ont fait très mal, ma peau est brûlée à certains endroits et j'ai sangloté de perdre ma beauté comme ça.
Il m'a dit des choses encore plus horribles que ses tortures physiques, il m'a dit que c'était son arrière grand-père qui avait tué Florentin et que sa mort avait été très longue et très douloureuse, qu'il hurlait de me prendre moi au lieu de lui, qu'il préférait me voir mourir à sa place et même si je ne le croyais pas ses mots étaient comme des pieus enfoncés au plus profond de mon coeur.
L'homme s'est dit représentant de Dieu et qu'il allait purger le monde du mal que j'étais. Il m'a donné l'onction et a prononcé le désir de me voir repentie mais il a arrêté ses inepties quand j'ai essayé de le mordre. Il dit qu'il va me tuer et qu'ainsi la lignée sera définitivement exterminée, et tout en disant cela la lueur de son poignard a jailli de l'obscurité


Shadow_Arabesques_by_MGstudio.jpg
par Heela
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Dimanche 3 février 2008
C'est décidé, tout à l'heure, je vais peindre sur une de mes toiles flambant neuves et cette perspective m'exalte autant qu'elle me plonge dans un abîme d'appréhension.
J'avais écris il y a quelques temps, que j'avais la passion mais pas le talent, et ca me bloque, cette pensée somme toute véridique.
En tout cas je ne prends pas de risque, je vais faire de l'abstract art à la J. Soyer plutôt que de me focaliser sur les belles madonnes du cincequeto.
J'ai aussi le beau livre sur Hans Memling qui me fait de l'oeil, et le chat qui ronronne sur mes épaules (rien à voir avec le reste), un gâteau à faire pour son anniversaire. Je ne sais pas trop dans quel ordre faire tout ca sachant qu'il y aura aussi une demie-heure à me prélasser dans un bain (avec un livre d'histoire littéraire, une compagnie qui commence à être familière). Ma vie est trop mouvementée.

J'ai relu des notes de l'ex-blog Heela et je trouve que j'écrivais mieux là-bas qu'ici, mais je crois que j'ai pensé ça à chaque changement de blog en fait.
Ma famille va peut-être partir en Thaïlande fin printemps et je suis face à un dilemme, entre rester avec l'être aimé (relation très fusionnelle oui) et parcourir des contrées inconnues à dos d'éléphant, il faut que j'y réfléchisse.


MP3: Metallica - The Unforgiven II
par Heela
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Dimanche 3 février 2008
Bon. Ce weekend je suis retournée à la foire avec mes parents, ma mère est tombée amoureuse de plusieurs oeuvres et j'ai refait le tour entier des stands des galeristes.  L'artiste inconnu est une femme, Anita Keilani. J'ai vu Benjamin Carbonne peindre un tableau, j'aurais aimé acheter "Ange bleu" d'Anna Sidorowicz et j'ai apprécié les créations de Cécile Desserle et Jean Soyer, sans oublier une discussion très intéressante avec Grynfeltt. J'aimais pas ses tableaux, ses femmes plongées dans un liquide rouge sang, la tête brouillée et la bouche grande ouverte hurlante, et finalement, en l'écoutant parler, j'ai eu un regard complètement transformé. Les femmes sont des femmes immergées, selon ses propres mots, il a une grande tendresse, et la violence vient de la couleur trop chargée en significations. Sa Judith tenant la tête coupée d'Holoferne a une sensualité et une douceur qui apparaît peu à peu au regard. J'aime bien les oeuvres et la personnalité de cet artiste. Et toujours en disant ou en écrivant ce mot, artiste, j'ai comme des regrets amers, de ne pas en faire partie, et la nostalgie des gens qui me considèrent comme telle
anna-sidorowicz.jpg A. Sidorowicz

Ma mère m'a offert un superbe livre sur Hans Memling, et je travaille un peu sur l'art flamand même s'il y a le temps, je lis bribes par bribes des livres sur l'histoire littéraire du XVIIIe.  Je ressens de plus en plus le besoin de faire du sport, et de commencer à réduire ma consommation de cigarettes. Sûrement le mois prochain. Un esprit sain, dans un corps sain, amen.
Il est curieux de voir que je préfère les livres compliqués, et que dans les jeux vidéos les stratégies me gonflent et rien ne me plait plus que les Beat them all où l'action consiste à exploser les ennemis sans aucune histoire ou quelconque psychologie derrière.

J'essaie toujours de savoir ce que les copains qui me côtoient pensent de moi, et c'est difficile. Je crois que beaucoup de nos potes me voient comme une fille dangereuse pour ses remarques ironiques, les piques lancées à tout va et un peu trop curieuse; et c'est pour ça qu'ils se résument à me prendre en bonne copine pour se marrer, mais pas en amie véritable à qui parler, alors qu'au fond je n'attends que ça dans ma soif d'amour d'autrui. Une fille libérée, à la provocation assumée, ce qui fait peur aussi. Doublée d'une intellectuelle, qui réussis en cours et qui lit beaucoup, mais qui ne le montre pas vraiment, ce qui est apprécié socialement (car les exclus de la vie sont les boulets, les intellos et les moches, ce qui peut être parfois les trois en même temps). Il n'y en pas beaucoup à qui je parle de mon intérêt artistique, ou de mes états d'âme, et même en abordant ces sujets je les noie dans mes dispositifs de défense (humour+provocation et le fameux "bon bref, et toi?").
Et en fait je fais confiance et j'aime les gens tout en les détestant d'être, au fond, humains mes frères.

Cette nuit j'ai fait plein de rêves, dont un où je partais sur un coup de tête à New York avec des copines, un autre où j'accompagnais la famille d'Hulk Hogan et où le fils (je sais plus son nom) voulait me baiser et éjaculait sur moi qui n'étais qu'à demi consentante et je me demande s'il y a une signification profonde à tout ça. Bref.

MP3: Nine Inch Nails - Closer


par Heela
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Vendredi 1 février 2008
Quand reviennent porteurs de lance / Les novembres pluvieux / Un chien savant immense / Fait des comptes mystérieux / Il compte il compte il recommence / Tous les chagrins s'appellent absence / Tous les chagrins porteurs de lance.

S'il venait à partir ou à s'enfuir loin, elle recommencerait sa vie d'avant, celle qui était dangereuse parce qu'entre-deux mondes. Elle regarderait par la fenêtre avec l'envie de se jeter au-dehors, mais les mains moites elle se retirerait. Elle observerait les ravines creusées sous les yeux et les cernes des nuits sans nuits, et tendrait ses bras lacérés vers la lumière pour examiner les ravages des choses perdues qu'on ne retrouve jamais. Elle recommencerait à tenir l'alcool et les sorties reprendraient, toutes les soirées tristes à rire aux éclats avec autrui, et enlacerait des visages automates pour les embrasser sans retirer leur masque de commune banalité, sans le retrouver. Elle donnerait son corps à l'avenant pour réchauffer ses restes de chair, écrirait sa noirceur et peindrait les couleurs de l'éclat sur son être. Elle recommencerait à être un génie de la douleur, recroquevillée et perdue à jamais, parce qu'il ne pourrait plus la relever. Le futur déjà éffrité tombé en poussière serait tendu vers un ailleurs de silence, avec l'espoir de revoir celui qui un jour était apparu dans sa douceur. Et malgré cet espoir humain, les gouffres d'en-dessous lui crierait de s'y jeter

Ma fragilité tient du fait que je tiens à cette vie normale, posée et calme, à ce nouvel esprit équilibré et sain, par des éléments extérieurs, qui viennent tous d'une seule personne.
En rompant ces fils je tombe, parce que je n'ai pas pris le temps ou que je n'ai pas la maturité nécessaire à être seule avec moi-même avec équilibre. Dans ma lâcheté et peut-être aussi paresse à vivre, je préfère de loin l'auto-destruction à la reconstruction, parce que c'est plus facile, moins lent et hasardeux, plus excitant, aussi.
Prendre le temps de se relever avec toute la douleur de l'effort à faire, est moins aisé que de tomber à genoux en attendant le couperet et de se vautrer dans la souffrance en ayant l'idée de ne plus en ressortir. Je suis encore très jeune dans cette façon d'être, complètement immature, mais je ne voudrais toute façon pas suivre la première voie, dans ma perversion d'esprit sous-jacente.
Peu importe les autres et leur morale, leur esprit humainement lumineux (sans ironie), le noir m'a toujours tellement fascinée par rapport à tout ce qui est bien, vertueux et vivant. Je ne suis pas quelqu'un de digne.
La vie et toute sa beauté est admirable, j'aime les fins heureuses, voir et vivre le bonheur, goûter aux plaisirs, simples ou non, de la vie, la générosité, l'amour et l'entraide des hommes entre eux. Comme tout le monde, je veux combattre la misère et l'injustice, les maladies et la souffrance des gens seuls, je veux voir les villes peintes de toutes les couleurs, la nature heureuse et une ronde d'enfants tout autour de la planète comme dans le clip gentillement enfantin (un tantinet niais à donf)  Aux arbres citoyens de Yannick Noah.

Tous ces sentiments et ces espoirs, certaines personnes les poursuivraient quoiqu'il en soit, quoiqu'il leur arrive dans leur vie privée. Les gens qui aident les autres sans la pensée de profit derrière, sont tous des saints, des icones, des plus qu'humains. Mais moi, sans les fils qui me font, non automate, mais humaine, je redeviendrais indigne de ma condition d'être humain avec conscience.
C'est dommage, de ne pas être une personne bien sans rien, de ne pas être humaine à part entière, dans ma consciente solitude, de ne pouvoir avancer sans ce quelque chose qui me tire vers l'avant, et surtout que ce quelque chose se "résume" à une autre personne.
Quelle peur immense, qu'il s'en aille de mon être. Quelle hantise, de redevenir automate, jouet, enveloppe de peau sans rien à l'intérieur qui palpite de désir et d'espoir dans le présent et le futur. J'aime être humaine et vivre dans une quiétude bienheureuse et apaisée, ne plus souffrir de la solitude et des abîmes. J'aime rire et sourire sans être fausse, embrasser et faire l'amour sans être artificelle, j'aime vivre avec lui plus que mes frasques avec ces autres, clôturer le monde de la nuit et de l'alcool et de la drogue et du sexe et du sang des larmes, avec lui je n'ai pas la pulsion violente d'aller vers le morbide et le malsain.

Mais c'est un fait, dans mon bonheur d'être je sais que tout au fond, caché là comme par mégarde, dans un recoin du corps et verouillé dans l'esprit, verouillé dans l'inconscient (et je le sais, même dans mes rêves je me musèle) l'obscur malsain se terre en attendant que, peut-être un jour, les fils se rompent, pour que je réouvre les portes et que je lui tende la main à nouveau

par Heela
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Vendredi 1 février 2008
Benjamin-Carbonne.JPGB. Carbonne & A.R.Yuste

Cette nuit j'ai rêvé
que nous étions envahis par des sortes d'ectoplasmes, un peu comme ceux dans le 2e tome de la trilogie Pullmann, ces fantômes en nous traversant nous contaminait et on tombait en poussière quand nous ne buvions pas assez d'eau, c'était la cohue pour en échapper, dans un grand magasin-entrepôt les gens couraient et les ectoplasmes les traversait, je les évitais et mon grand-père se refusait à croire qu'il était contaminé, dans la maison nous faisions un repas de famille et au dessert on mangeait un plat délicieux, j'ai l'esthétique en tête (une sorte de tranche très fine et très grande de pomme sur lequel reposait une sorte de crumble, il faudrait que je mette ce plat au réel), et je montais dans nos chambres au premier étage et mon frère jouait avec un pote, et un ectoplasme arrivait et je courrais de ma chambre à la fenêtre que j'essayais de refermer sur moi mais c'était trop tard et il me traversait

Le vernissage de la foire d'art contemporain était très bien, j'ai le catalogue d'exposition (un peu cher pour ce qu'il montre) dans mon tiroir. Les trois-quart des oeuvres ne nous ont pas intéressés, il y avait des artistes présents mais je n'ai pas osé en aborder, comme toujours, on est tombés en admiration devant les oeuvres d'un
artiste qui n'était pas nommé et que je recherche désespérément, ses tableaux étaient faits de collages de cartes, journaux et autres, avec de fines gouttes de métal doré ou argenté, des écritures, c'était très joli, mais je me demande si plus tard j'achèterais une de ses oeuvres, parce qu'acheter un tableau pour son esthétique seule ne me convient que partiellement. J'ai aussi bien aimé les oeuvres d'Antonio Rodriguez Yuste, de Laurent Bonte et de Benjamin Carbonne, les peintures de ce dernier sont un mélange de malaise avec ces visages hurlants, déformés, et de grâce en non-couleurs. Le prix des oeuvres était souvent assez bas (entre 1000 et 3000euros), mais il y avait des créations chères, comme les sculptures en cristal de Zoritchak.  Et je ne sais pas quand j'aurais le temps, avant lundi fin de la foire, d'y retourner pour savoir le nom de l'artiste inconnu. Et j'ai l'envie douloureuse d'être plus tard, pour décorer notre maison future de toute la somme des influences amassées, pour en faire un chef-d'oeuvre.

MP3: Whitey - Leave Them All Behind
par Heela
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Mercredi 30 janvier 2008
Patti-Smith---Leibovitz-740049.jpg

Aujourd'hui j'ai eu mes deux nouveaux CM de Lettres, en histoire littéraire du XVIIIe le professeur est un nerveux attendrissant qui a des crises d'enthousiasme et dont la voix part en crescendo (sans point de chute, et c'est désagréable -ou risible). Celui de Langue française est jeune (fait rare), très très ordonné (avec les parties structurées en grands I et grands A et B, et multitudes de sous parties en astérisques), et tout aussi passionné. Et j'ai décidé de ne jamais manquer leurs cours du semestre, déjà parce qu'en manquer un c'est un peu du suicide de partiel étant donné la masse d'informations nouvelles et la difficulté latente, et surtout parce que ces deux profs sont passionnants, pris par leur sujet, la langue française (son évolution du latin vulgaire à aujourd'hui) est atrocement instructive et intéressante, et la façon méthodique avec laquelle on étudie le XVIIIe est réellement prenante. Voilà enfin de vrais cours universitaires, j'aime Locke et les gloses de Reichenau, la pensée de perfectibilité de l'homme et le proto-français.

Et il est toujours intéressant de noter que le temps, qui se structure de façon mathématique (secondes, minutes, heures, bref) a aussi la capacité de se dilater, de s'allonger ou de rétrécir d'une manière prodigieuse. Trois heures et demi dans les CM ci-dessus paraîtrons n'en faire que deux quand les quatre heures d'art médiéval prendront des proportions éléphantesques. Le temps de préparation avant de partir en cours s'enfuit, mais la durée du trajet en tram jusqu'à la fac est exponentielle quand on est en retard. Nous avons codifié le temps en données strictes, mais chacun a son temps propre à lui-même, et le gère d'une manière tout à fait différente que celle d'autrui. C'était la pensée du jour, voilà..

Je voulais aller à la foire d'art contemporain de ce weekend et qu'elle ne fut pas ma joie de voir arriver dans la boîte aux lettres un carton d'invitation pour deux au vernissage qui se déroule demain soir. So chic, so famous. Et mon homme est obligé de venir parce que je ne connais personne d'autre qui voudrait m'accompagner, c'est triste


MP3: Greenday - Nice guys finish last

par Heela
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Mardi 29 janvier 2008
asiabis.jpg

Pourquoi est-ce si facile de repérer les cursus dans lesquels s'insèrent les étudiants?

Les Arts du spectacle
sont tous pareils. Mot d'ordre: de l'originalité (qui finalement devient banalité), avec un grand renfort de keffiehs, de pantalons larges, les couleurs, le style bab's. Les filles sont  extraverties, elles parlent en affirmations et rient fort, le piercing à l'arcade et les boucles d'oreilles larges. Les garçons sont skaters, babs, ils se déplacent en bande et quand on leur parle ils citent des pièces de théâtre. Ils veulent devenir comédien, ingénieur du son, metteur en scène, acteur, en bref, intermittents du spectacle.
Les Histoire de l'art ou Histoire tout court ont à peu près les mêmes codes de vêtements, même s'il y a moins d'uniformisation (quoique). Beaucoup sont des militants actifs, toujours présents lors des manifs et du blocage.
Les filles en Lettres sont soit des pouffes qui ont atterrit là par désoeuvrement, cuissardes et sacs de marques, les mains dans les poches de leur trench, et qui prennent leurs notes consciencieusement même si elles font des remarques qui montrent qu'elles ne connaissent pas l'oeuvre en question; soit des littéraires effacées -et souvent moches-, solitaires ou en petite bande, acné et maquillage inexistant, vêtements fades disons banals, elles sont coincées et parlent beaucoup des cours à venir, et stressent en relisant leurs feuilles avant les partiels. Les garçons sont en sous-effectifs, habillés on va dire normalement, deux catégories, les beaux parleurs en bande qui sèchent les cours ou viennent pour tripper entre eux, et les solitaires exclus -en conséquence de leur physique ou de leur sociabilité effacée- sont assis seuls sur les bancs de l'amphi, muets et griffonnant leurs notes.

Et puis il y a des exemplaires uniques ou très rares, comme cet émo -le seul de la fac apparemment- qui se balade avec son slim blanc t.36, les yeux eye-linerisés, et qui en attendant le tram se remet la mèche droite en regardant son reflet sur les vitres. La fille aux cheveux d'un rouge vulgaire qui porte très souvent une robe toute droite tirée d'une pastorale, mais elle a abandonné les cours. La rouquine gothique -il y en a très peu-, toujours en manteau de velours noir, bottines et jupe longue, détestable rien qu'à sa façon d'être hautaine et sèche, une tête de bulldog toujours à montrer les dents.
Il y a aussi les asiatiques qui se retrouvent en bande, normal ils parlent la même langue, leur goût vestimentaire se situant dans les vêtements de la catégorie des littéraires effacées ou des trucs improbables comme des vestes vert pomme, des chaussures roses, enfin bref des trucs hasbeen.

Il y a de l'humour, mais pas que, dans l'ensemble, les gens sont vraiment à peu près comme ça, même si catégoriser, c'est nul, il faut bien avouer que. (Surtout pour les Arts du spectacle)


MP3: La Caution - Thé à la Menthe
par Heela
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Lundi 28 janvier 2008
Des choses et d'autres:

- J'accorde souvent mes pseudos msn (qui sont presque toujours des titres de chansons) avec l'humeur du moment

- J'aurais voulu être rockstar, riche héritière superficielle, vampire, businesswoman, tueuse à gages, superhéroïne ou amazone, et plus généralement, tous les personnages méchants des films pourvu qu'ils soient un minimum classes

- J'ai une tendresse particulière (qui remonte à mes 14 ans et à ma lubie skateuse) pour Avril Lavigne

- J'adore l'argent, que je place parmis mes priorités vitales principales

- J'ai toujours été super forte pour esquiver à la balle au prisonnier

- Je m'arrache les petites peaux autour des ongles jusqu'au sang

- Je n'aime pas les asiatiques parce que je ne me sens pas comme eux

- Une de mes activités favorites est de regarder des films pornos pour les commenter, et de suivre l'histoire, aussi pitoyable soit-elle (Mention spéciale pour la vieille série des Joy)

- Quand j'étais petite, je voulais faire du tir à la carabine mais j'ai finalement fait sagement sept ans de danse, trois de patinage artistique et trois ans aux cours des Beaux-Arts

- Les gens moches m'apitoient ou me rendent cynique

- En ce moment il y a les vieux épisodes de Buffy qui repassent sur W9, et j'essaie de n'en rater aucun. A part ça, je kiffe aussi Xena, les épisodes aléatoires d'Un gars Une fille, Doctor Who. Ou The Simple Life et Hulk Hogan. Je fais pas que regarder les infos et Arte... 

- Je sais voler, et tricher avec virtuosité en examen, mais ce sont des actes purement nécessiteux. Et puis cette année, je bosse.

- Je pleure facilement, mais jamais pour les grands départs, les séparations, tout ça, c'est pas mon truc.

- J'ai des cicatrices qui ne s'effacent pas à certains endroits, et qui peuvent me causer des problèmes

- Et en plus, je ne suis pas/plus vraiment malheureuse de la vie

Ouais c'est cool.

par Heela
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Vendredi 25 janvier 2008
Plus que six cadeaux à trouver sur dix-neuf à offrir, je m'amuse follement.
Je suis rentrée ce matin, ai fait mon heure de conduite et passé du temps à travailler à la médiathèque (
Attention dans les prochaines notes, je vais beaucoup parler de l'art flamand du XVe et de Hans Memling avec son triptyque Moreel) qui a évidemment un secteur "arts et histoire de l'art" lamentable, j'ai revu une ancienne copine de primaire, on a repris les numéros, c'est chouette.

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Le moins chouette c'est que je vais devoir jongler (pour éviter de dire choisir) entre le travail à MacDo et mes nouvelles heures de conduite à prendre (les sous ou le permis, il faut choisir). Et j'ai sous les yeux le prospectus pour le BTS Assurance de la région Rhône-Alpes, et j'ai eu envie de pleurer c'est vrai
parce que mon futur diverge en deux voies, pour réussir j'ai le choix entre une école privée de commerce d'art pour gosses de riches à huit mille euros l'année, et un BTS pour un secteur certes prolifique mais aussi attractif qu'un poisson mort. Dans une villeenfinbourgade pourrie (Romans). Et je serais une vieille de 21 ans (21 ans......) avec des baccalauréats ES (super).
Bien sûr qu'il y a d'autres voies d'autres choses à faire, il n'y a pas que ces deux choix-là, mais plutôt mourir que de rester plus d'une licence à la fac. Et si ce n'est pas la fac, c'est donc aller à la meilleure école d'art possible (sous entendu, la meilleure boîte à fric qui peut pistonner dans le milieu), ou faire un diplôme pas trop chiant et dans le secteur qui recrute le plus. Donc le secteur banque/assurance. Pour peut-être pouvoir après faire mon trou dans l'assurance d'oeuvres d'art.

Ils te mentent ceux qui te disent,
tu as tel âge, oh tu as le temps de voir venir. Tu choisiras plus tard, tu sauras ce que tu veux faire plus tard, tu as le temps. C'est faux. Tout se calcule, tout se mesure, si j'avais su les deux choix que je m'impose aujourd'hui j'aurais fait un bac ES avec option art dans un autre lycée, une licence d'histoire de l'art seule, et caetera. Au pire tu refais une année, ce n'est pas grave, tu te réorientes, blabla, mais c'est faux, perdre un an c'est perdre de la vie, perdre du temps c'est mourir, et mieux vaut mourir tard et grimper vite les échelons de la société et profiter sans perdre de vue que même si tout s'achève, les autres à ta suite continuent, eux, j'ai peur du temps qui passe, je suis pourtant si jeune et pourtant la fuite des minutes m'étrangle

Comme ils sont incroyables, ceux qui ont la foi, la foi des gens sûrs d'eux, qui ont une passion précise, qui avancent en traversant les obstacles qui se dressent devant eux, et qui réalisent ce pour quoi ils ont toujours clamé, qu'ils
feraient ça sinon rien, qu'ils étaient prédestinés, comme ils sont beaux avec leur confiance et leur sourire qui fait comme des soleils dans la foule, comme ca serait délicieux d'être comme eux, et toi?

MP3: Kaolin - J'irai mélanger les couleurs
par Heela
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Mercredi 23 janvier 2008
Sartorio_Parques.jpg
Elle était morose.
Et tout en se demandant le pourquoi du comment, elle balancait des graviers sur les gens qui passaient, et ceux-ci se retournaient étonnés ou agaçés, puis confondus de ne rien voir d'anormal aux alentours. Ca l'énervait, aussi. Et des fois, elle croisait son reflet dans les vitrines et même salies celles-ci lui renvoyaient son image, de belle jeune fille en pleine  possession de son être, tout en elle respirait la force et la vigueur, j'ai une musculature parfaite et une ossature pas trop mal, elle disait pensivement. En occultant le reste, les yeux noirs teintés de grenat, les dents peut-être un peu trop incisives, la maigreur décharnée de ses mains, seulement de ses mains.
Elle n'enviait pas les couples qui la croisaient, elle se demandait même comment ils pouvaient se supporter et cohabiter et même s'aimer. Ce mot la faisait sourire, elle se remit à marcher dans les grandes avenues et se métamorphosa un peu. Son grand plaisir, c'était de les appâter dans un coin et de voir ce qu'ils ressentaient une fois qu'ils comprenaient, elle comptait même les sentiments qu'elle voyait luir dans leurs yeux, et une fois, elle en avait compté sept, mais c'était rare. Et puis ce n'était pas vraiment son métier, de prendre directement. Les cheveux blonds presque platine, aveuglants, éblouissaient la foule, et ils lui souriaient, et elle leur rendait leur sourire, un sourire un peu mécanique et absent cependant.

Sa grande force à elle, c'était la curiosité. Sans celle-ci, il y aurait longtemps qu'elle aurait arrêté, et peut-être auraient-ils envoyé quelqu'un pour prendre sa place, la question ne restait jamais bien longtemps dans son esprit. Les guerres étaient ennuyeuses, toujours les mêmes, les catastrophes naturelles plus surprenantes, quoique, ces jours-là elle avait l'impression d'être stakhanoviste, tellement elle devait travailler, mais après tout, c'était son truc. Elle sortit de sa poche un amas de fils qui faisaient comme une grosse boule éffilochée, et en observa certains. Elle les tira du groupe, les fit se tortiller du bout des doigts et finit par les jeter par terre en continuant sa route. Elle était en retard, à l'autre bout du monde on se réjouissait peut-être et les larmes venaient soudain de l'espoir déçu.
Ses soeurs arrivèrent silencieusement auprès d'elle. Clothilde attrapa prestement la boule de fils et y jeta un regard désaprobateur.Tu en as encore trop fait, fit-elle, accusatrice. Réchauffement planétaire et terrorisme, répliqua sa soeur, goguenarde. La troisième soupira, fouilla dans le sac de Clothilde et en sortit un nouvel amas de fil qu'elle s'appliqua à enchevêtrer avec le précédent, qui était déjà réduit de moitié. Et bavardant sur des sujets et d'autres, le temps qu'il ferait le lendemain et la naissance de celui dans lequel des fous croyaient encore, les sujets politiques et des paris sur les réactions humaines, elles s'éloignèrent

Nous sommes les filles de la Nécessité et du destin, les étoiles s'enroulent dans les fils que nous tissons de nos mains, chantonna Clotho.
Lachésis sourit.
Atropos haussa les épaules et continua à déchiqueter les fils tout en marchant.



par Heela
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Lundi 21 janvier 2008
michelangelo7.JPG
Je hais les sectes, j'aurais envie de frapper les gens qui distribuent des tracts, qui font de la propagande pour leur croyance dérivée à la con, les frapper pour les réveiller, leur dire, on est dans le monde réel. Et ils font chier les témoins de Jéhova et leur Tour de Dieu débile, et à New York en car on passait devant le groupe d'immeubles luxueux de la Scientologie dans Manhattan, et le guide disait, que le dernier étage était réservé à Jésus pour son retour et je me demande qu'est-ce qu'ils ont pu y mettre, s'ils ont fait importer de la terre d'israël et construit une hutte avec des boeufs et des serviteurs en vieille tunique en lin ou alors s'il a la chance d'avoir un ordi dernier cri, une télé plasma HD DVD, et une Wii. Les gens sont tellement stupides qu'il faudrait réunir tous les extrémistes de toute religion ou de bord politique, et leur faire un stage intensif de prise de conscience du monde, avec pas mal de darwinisme et de thèses scientifiques, pour le prouver que non, les hommes n'étaient pas façonnés en argile avant, que les extraterrestres n'ont pas peuplé la Terre, qu'il n'y a pas de paradis plein de vierges ni de Mal absolu avec des cornes et tout le tralala. Et s'il y en a qui persisteraient, on les enfermerait et ils travailleraient  pour fabriquer des Ipod ou des boutons de chemise.
D'ailleurs il est intéressant de voir que les sectes -sans parler des stars qui sont complètement à l'ouest- embrigadent les gens dits de petite classe moyenne, voire défavorisée, parce que ca prouve bien à quel point le manque d'argent donc d'éducation donc de culture générale en font des gens crédules, pleins de leur désespoir sur lequel ils ne savent pas mettre de mots, et qui rêvent d'espoir et de vie meilleure, et qui se font laver le cerveau.La religion chrétienne et l'islam sont dangereux dans leurs produits dérivés, Kabbale Jéhova Raël extrémistes islamistes, scientologie, sans parler des centaines d'autres, et je trouve que le monde craint, les gens sont fous, mais ca n'est pas nouveau


(La Pietà, ou la beauté sculpturale à l'état pur)


MP3: Fabrice Mauss feat. Charlie - Je recherche

par Heela
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Dimanche 20 janvier 2008
Je n'ai jamais eu d'amoureux d'enfance, de ceux qu'on se rappelle en rigolant, les bisous aux joues barbouillées et la main dans la main dans la cour de récré, à la maternelle, tout le monde a eu son petit camarade attitré
Mes premiers amours étaient à sens unique, je me souviens de M. en voyage de classe et de B., je réagissais toujours dans la confrontation, mes railleries, mes moqueries et nos reparties bravaches étaient des appels, et je crois que je n'ai jamais enlevé ça, draguer pour moi sera toujours noyé dans la provocation et les piques lancées, comme si s'entrechoquer était la recette qui pouvait marcher.
Je me souviens des pleurs noyés dans la piscine parce qu'il était plus grand, plus extraverti, et qu'il s'en irait le lendemain, les allées bordées de lauriers roses et les cigales corses, j'ai beaucoup aimé ou plutôt désiré dans le silence et dans la souffrance de ne pas faire le pas décisif
En grandissant c'est devenu plus facile, d'apprendre à lever les yeux de ses livres ou de son monde imaginaire pour se façonner à l'image du réel, des codes sociaux qui font que,
petit à petit tu apprends consciencieusement comment te tenir, regarder, parler et dire par gestes et par sous-entendus, tu mets en valeur ta taille et tes yeux et tout ce que tu as de désirable, tu apprends

Mes histoires étaient un peu douces-amères, parce que je me broyais d'incertitude et d'obscur, je noircissais des pages de désillusions à venir et de larmes à déverser, mais je vivais la romance tout de même, mon idéal était la symbiose, l'accord parfait et toutes ces personnes me paraissaient si petites et si insatisfaisantes en même temps que désirées, aimées, et en harmonie tout de même, et je suis ce qu'ils appellent une fille compliquée
J'ai beaucoup erré, j'ai façonné ma vue par erreur sur tout ce qui est sale dans l'amour, en croyant que le sexe serait la marche à suivre pour recevoir de l'amour, ou pour éviter les illusions stupides et guimauvées dans lesquelles tout le monde tombe
Et il y a des choses que je regrette, comme tout un chacun, j'aurais pu, j'aurais dû, ne pas faire souffrir quelqu'un d'adorable, ne pas aller vers celui qui a détruit tant de choses, être dans la spirale de la non-satisfaction perpétuelle

J'avais l'image de quelqu'un de sale, je vivais en automate et ils chuchotaient, salope, dépressive, snob et hautaine, gothique, je me complaisais dans l'image de la mauvaise fille, j'avais Belle du Seigneur et la pornographie en tête, et il est arrivé sur la pointe des pieds
Je l'ai traité en moins que rien, en être masculin de base, en souffre-douleur et déversoir, je l'ai scarifié, torturé, j'étais indifférente, méprisante, cruelle
Il arrivait sur la pointe des pieds et il a encaissé les coups et les phrases, sans jamais les rendre, et il me soutenait, il était toujours là quand bien même je crachais à ses pieds, il me relevait inconsciente et assommée, et puis il me réveillait, et j'ai pu me rendre compte que c'était le seul, le seul, le seul qui pouvait me donner cet idéal, et que je puisse lui rendre, c'était extraordinaire et ca l'est toujours,
qu'il soit le seul, le seul, à être l'être aimé parfait


par Heela
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Jeudi 17 janvier 2008
undefinedJ'ai relativement mal à la tête, aujourd'hui on a couru de droite à gauche et j'ai fait un peu les soldes chez H&M, Sephora et New Look. Mon homme a acheté Link's Crossbow Training et je crois que je me servirais du Wii Zapper pour passer la pression des trois derniers partiels de la semaine prochaine. Nous avons mangé thaï, j'ai essayé de le convertir aux chaussures normales, et au mode de pensée qu'est le shopping -peine perdue. On a parcouru une bonne partie du trajet en tram avec à côté un groupe de SDF et de leurs chiens, ca passait le temps, de voir la tête des gens qui entraient, la vieille dame indignée en face de moi, leurs canettes de bière et leurs provocations railleuses. Je me suis tué les pieds en escarpins, acheté des gloss LipFusion au micro-collagène (garantie sans douleur, ca rassure moyennement), et constaté que la loi anti-tabac dans les lieux publics était bien entrée en vigueur sous forme d'une multitude de panneaux d'interdiction.
Je vais peut-être m'inscrire à des cours d'anglais parce qu'il faut que je passe le TOEFL, mais j'aimerais bien aussi reprendre des cours de dessin et de danse (car j'ai découvert que j'étais atteinte de la honte, c'est à dire de rhumatismes précoces, en tout cas de douleurs musculaires au genou et ca me consterne).

Enfin bref tout va bien, parce que la semaine prochaine il n'y aura que deux commentaires composés et un partiel d'histoire littéraire du MA.


MP3: Moriarty - Motel

par Heela
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Mardi 15 janvier 2008
J'écris la tête droite et les yeux plissés parce que je n'ai pas mes lunettes et que j'ai sur la tête une coloration (noir rouge by Scharwzkopf) -et j'ai décidé de mon suicide en art antique. Partiel de demain sur un monument inconnu, déjà que je n'ai pas retenu de l'année dernière les nuances périptère-prostyle-octostyle-pseudo diptère et j'en passe, j'irais dignement à mon échec (il m'a fallu tout un week end pour me remettre du surchauffage cervical dû au potassement de l'art moderne, il faut pas pousser). Donc je m'occupe comme je peux, plutôt que de réviser des notions floues, et  je préférerais avoir une teinte châtain plutôt clair mais je me remets au gothique parce que la coloration moisissait sous la table basse.

J'écoute Piece of Me de Britney Spears et je n'en suis même pas consternée, je pense beaucoup aux soldes que je n'ai toujours pas fait.
Ma soeur est très jolie et très populaire et des tas de garçons voudraient la sauterpardonsortiravec elle,mais celui qu'elle avait élu comme homme de sa vie l'a quittée trois fois, et un autre vient de la laisser tomber pour une ex, et finalement je me sens bien dans ma peau. Parce que même en ayant eu la moitié (ou le tiers) du nombre de ses conquêtes (et elle est plus jeune en plus!), je suis tombée sur des gens pas mal, dont deux qui m'ont considérée comme la femme de leur vie, et j'ai même un futur mari, donc c'est cool. Et ca donne à réfléchir sur la destinée de ces filles qu'on déteste toutes, celles qui sont si belles et si aimées et si parfaites socialement, mais qui lassent et qui se font abandonner. Après il y a celles qui sont parfaites et qui ne lassent pas, mais ca c'est une autre histoire.
Je vais me laver les cheveux et remettre mes lunettes, ma vue a encore dû baisser.

MP3: Mika- Stuck in the Middle

par Heela
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Lundi 14 janvier 2008

Après trois jours passés à dessiner maladivement, à apprivoiser le stylet et la tablette tactile, en étant absolument pas prête pour les partiels d'après-demain, je viens de me rendre compte (comme si j'avais déjà oublié) que je suis une merde finie, je suis nulle, j'ai un niveau déplorable, je ne sais PAS dessiner, et des blogs de graphistes célèbres de la toile m'obsèdent, je me sens tellement à chier, je suis un être inférieur et jamais, jamais je n'aurais dû toucher un crayon quand j'étais petite et comme ca je ferais partie de tous ces gens qui se récrient: "oh, moi, je ne sais pas dessiner" et qui ont assimilé cette idée bien profondément dans leur tête avec humilité. En plus j'ai une reproduction de la Pietà de Michel-Ange sous les yeux et ca me fait mal tellement c'est beau, si harmonieux, si parfait.
Ca me donne envie de pleurer.

A part ca la blogosphère vit au ralenti et le seul blog jque je compulse avec acharnement, c'est celui de Pénélope JoliCoeur (encore un coup de couteau dans le coeur):
www.penelope-jolicoeur.com




par Heela
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