Dimanche 24 février 2008
Et toujours le nez dans la cuvette des WC et l'estomac en berne je me dis, plus jamais, plus jamais d'alcool, c'est mal. Jusqu'à la prochaine fois, le samedi d'après, dans deux semaines, dans un mois. Les cours qui reprennent demain et mes habits qui sentent les années lycée, quand je me promenais en keffieh, baggy déchiré, en leur compagnie et celle des bouteilles qui traînaient dans les sacs. Les années où l'été venant, tout le monde séchait les cours, qu'on se retrouvait à faire des batailles d'eau, à aller glander au parc, et que personne encore n'était très sûr de sa situation amoureuse, et que les filles, les garçons tournaient entre eux.
Et hier soir, on s'est tous retrouvés encore une fois, et tout le monde, travailleurs déjà, prépa HEC université BTS IUT, avait quitté ses fringues de presque adulte pour goûter une énième fois à l'adolescence bête et insouciante.
Les jeux débiles à boire, la chicha au coca-cola et du foot américain dans le jardin, South Park et les Dandy Warhols en boucle, et les cadavres de bouteilles sur le sol, les grimaces devant l'objectif.
Un instantané de vie figée dans le passé, avant de retrouver les talonds hauts et les chemisiers, les cours de deuxième année et l'avenir qui se rapproche en ricanant.
La nostalgie, d'être encore gamine, à ne pas parler comme désormais de Compte Epargne Logement et de différences entre les contrats de mariage, de voie à suivre pour être sûr d'avoir un métier, mais à réfléchir idéalement et vaguement (Prépa L ou Sciences Po?), à chercher le petit copain le moins imparfait dans la somme des possibilités, et à aller aux concerts de ska rock. A acheter de quoi planer, et faire tourner, et les supérettes la nuit pour s'approvisionner.
Et, nostalgie peut-être, mais l'assurance tranquille qu'avec eux ces soirées où l'on se retrouve tous ne changeront pas, jusqu'au jour où nous nous éloignerons peu à peu, par la force des choses. Pas comme les soirées avec les filles, trop prises de tête et ancrées dans la réalité, le cul moulé dans les slims et les sacs à main, petit doigt levé et lunettes mouche devant notre verre de blanc, non, mes amis-ci sont doucement adolescents. On restera toujours les mêmes, à s'offrir des cadeaux merdiques de cul ou de boisson, à amener de quoi boire, et boire à en gerber, tout en jouant aux mêmes jeux qu'il y a trois ans, et à rire aux mêmes bêtises.
Ces soirées, c'est comme un point fixe sur l'échelle du temps, et lorsqu'on s'appelle, qu'on se retrouve, on a toujours l'assurance de faire un voyage à des années-lumières de nos préoccupations actuelles.




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Cette
nuit j'ai rêvé des trucs plutôt sympas mais que j'oublie au fur et à mesure que le temps passe