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Run, run, run

Entends-tu le chant des hommes qui courent après l'amour ?
Ce bruit sourd résonne nuit après nuit, jour après jour.

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Dimanche 24 février 2008
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Et toujours le nez dans la cuvette des WC et l'estomac en berne je me dis, plus jamais, plus jamais d'alcool, c'est mal. Jusqu'à la prochaine fois, le samedi d'après, dans deux semaines, dans un mois. Les cours qui reprennent demain et mes habits qui sentent les années lycée, quand je me promenais en keffieh, baggy déchiré, en leur compagnie et celle des bouteilles qui traînaient dans les sacs. Les années où l'été venant, tout le monde séchait les cours, qu'on se retrouvait à faire des batailles d'eau, à aller glander au parc, et que personne encore n'était très sûr de sa situation amoureuse, et que les filles, les garçons tournaient entre eux.
Et hier soir, on s'est tous retrouvés encore une fois, et tout le monde, travailleurs déjà, prépa HEC université BTS IUT, avait quitté ses fringues de presque adulte pour goûter une énième fois à l'adolescence bête et insouciante.
Les jeux débiles à boire, la chicha au coca-cola et du foot américain dans le jardin, South Park et les Dandy Warhols en boucle, et les cadavres de bouteilles sur le sol, les grimaces devant l'objectif.
Un instantané de vie figée dans le passé, avant de retrouver les talonds hauts et les chemisiers, les cours de deuxième année et l'avenir qui se rapproche en ricanant.

La nostalgie, d'être encore gamine, à ne pas parler comme désormais de Compte Epargne Logement et de différences entre les contrats de mariage, de voie à suivre pour être sûr d'avoir un métier, mais à réfléchir idéalement et vaguement (Prépa L ou Sciences Po?), à chercher le petit copain le moins imparfait dans la somme des possibilités, et à aller aux concerts de ska rock. A acheter de quoi planer, et faire tourner, et les supérettes la nuit pour s'approvisionner.

Et, nostalgie peut-être, mais l'assurance tranquille qu'avec eux ces soirées où l'on se retrouve tous ne changeront pas, jusqu'au jour où nous nous éloignerons peu à peu, par la force des choses. Pas comme les soirées avec les filles, trop prises de tête et ancrées dans la réalité, le cul moulé dans les slims et les sacs à main, petit doigt levé et lunettes mouche devant notre verre de blanc, non, mes amis-ci sont doucement adolescents. On restera toujours les mêmes, à s'offrir des cadeaux merdiques de cul ou de boisson, à amener de quoi boire, et boire à en gerber, tout en jouant aux mêmes jeux qu'il y a trois ans, et à rire aux mêmes bêtises.
Ces soirées, c'est comme un point fixe sur l'échelle du temps, et lorsqu'on s'appelle, qu'on se retrouve, on a toujours l'assurance de faire un voyage à des années-lumières de nos préoccupations actuelles.


par Heela
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Samedi 23 février 2008
Je me sens moralement défaillante, et pour une fois ce n'est pas à cause de mon nombril,  c'est une réussite grinçante. Je vais m'exploser la gueule -jolie expression- ce soir, et ce sera bien comme dans un rêve où tout le monde est heureux et où les gens sourient à la vie. Parce que je suis à bout de nerfs, même si ce n'est pas la première fois, mais que là c'est différent; mais je reste toujours maîtresse de moi-même, je l'ai toujours été, même sur le fil du rasoir, même devant la fenêtre, frappant les murs ou en crise de larmes, mon être est sous contrôle permanent. Je m'admire, parfois, c'est fou.
Je m'aperçois aussi, il en a fallu du temps, que la blogosphère, qui paraît si accueillante et si réconfortante au premier abord (tu es triste, on te console, tu lances un débat, on te suit, tu fais des articles cools, on te vénère) c'est comme la vie réelle, et c'est un putain de côté de la vie réelle ouais, où soit tu te censures et tu paraîs être un mec ou une fille cool à la vie géniale, où soit tu déballes trop et ca craint, parce que nous sommes humains et que nous jugeons notre confrère. Et ca craint, parce que toi bloggeur tu viens chercher sur la toile des visages inconnus et virtuels, des êtres de pensée pure, et tu ne réalises pas forcément que ton lecteur a une vie à part ses jolis commentaires, et son blog qui te paraît "teeellement parlant, tellement vrai", et que malgré toute la gentillesse et/ou l'admiration qu'il paraît te porter, hé bien non, il n'est pas que cela, et que l'humanité sur laquelle tu peux cracher, il en fais partie, tu en fais partie. Et je trouve que c'est comique, parce que finalement, tu ne peux fuir devant les autres, tu échappes peut-être au jugement de ceux que tu côtoies, mais tu es jugé quoiqu'il en soit. Ca fait peur? Je trouve ça drôle moi (tu m'étonnes).

par Heela
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Jeudi 21 février 2008
Je suis en classe, comme dans une dizaine de rêves, avec cette ancienne bande de copines, et toujours ce moment où je cherche où m'assoir, où est ma place.
Et puis avec une fille, dans un espèce d'immense hangar, il y a deux hommes que je connais et ceux-ci nous montrent une de leur invention, et on observe l'hologramme de celle-ci. C'est une espèce de globe caoutchouteux, transparent et mou, je le palpe et ils m'expliquent que c'est un nouveau truc révolutionnaire pour, je ne sais plus quoi. Et puis l'un deux m'attrappe, c'est M., et il me dit de venir pour baiser, et je refuse, parce que c'est un connard, et il me supplie, me force presque, il est vulgaire, et devant des gens du lycée où je suis en rêve, je lui tord le bras et par terre je le frappe, et c'est une revanche sur le réel
Et puis je suis avec une fille, je n'ai plus son apparence en tête, mais on ressent tellement de désir entre nous, mais on n'ose pas parce qu'une autre est là aussi, mais celle-ci sourit et s'en va pour nous laisser tranquille
On fait l'amour, gauchement pour moi, et je m'exclame, "mais oui, on l'a déjà fait auparavant je ne me souvenais plus", et on s'aperçoit que notre acte sexuel n'était vraiment pas terrible, et aussi, que cette fille est hermaphrodite et c'est très, très bizarre.
Et puis une autre séquence, avec Lui, mais je ne me souviens plus trop.

On my shoulders qui tourne en boucle, et aucune motivation même si sur ma liste il est écrit: ficher Maître de Flémalle, Van Eyck et Van der Weyden, compléter les notions de contexte politico-économique, art courtois et gothique international. Faire plan dissertation, recherches et notes sur Marivaux.
Au lieu de ca, j'ai lu Zola, le Nouvel Obs et l'Express, mes cours de Langue Française. Pour samedi, j'ai acheté des jus de fruit, des paquets de bonbons et de la salade de fruits, et de quoi faire des gâteaux.
J'esquisse en pensée quelques pas de danse sur Goodnight Moon, et me demande s'il y a billard ce soir
Je parle de Veronica Mars sur MSN, et je me dis que je devrais regarder Doctor Who en anglais, et reprendre quelques trucs en allemand, mais ca fait partie des choses auxquelles on pense avec détermination et enthousiasme, mais qu'on ne commence jamais, par flemme.
J'ai remarqué, il ya déjà longtemps de cela, que les rêves les plus dingues (et géniaux) que je fais se manifestent lors de périodes d'intense ennui et d' inactivité journalière. D'où un dilemme léger naissant (occuper mes journées et m'ennuyer la nuit, ou m'éclater inconsciemment et me faire chier le reste du temps).

par Heela
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Mercredi 20 février 2008

Cette nuit j'ai rêvé quelque chose de pas trop mal comparé aux dernières nuits passées
Avec je ne sais plus qui, je réussis à tuer trois des quatres anges pleureurs
(pour connaître, il faut avoir vu l'épisode Blink de Doctor Who). Le 4e nous le laissons en vie, car c'est le soleil (?). Nous traversons en courant une étendue aride et ensoleillée, la peur au ventre, car l'ange pleureur peut nous rattraper à tout moment
Nous arrivons dans une espèce de ville, et là une voix dans un haut-parleur invisible menace la destruction de tous si nous deux ne nous rendons pas au marécage, et forcés nous y allons, et petit à petit des cohortes de gens s'y ramènent eux aussi, nous sommes des centaines là, et je connais beaucoup de gens
Le fait est que nous sommes forcés de nous soumettre, tous, à un jeu sadique de l'ange. Dans un temps imparti, nous devons le retrouver et le tuer, mais il y a des règles. La première partie du jeu se déroule dans cet espèce de marécage, nous cherchons tous, et soudain nous nous retrouvons devant la deuxième partie du jeu, parce qu'un dénommé A. a réussi à viser l'ange. Le jeu se déroule désormais dans un immense supermarché, et certains sont obligés d'endosser le rôle des employés, je vois plein de visages familiers. An. est à une caisse en train de trier, trois noirs hilares sont à l'étal du poissonnier. Les gens qui font le jeu arrivent par vagues, il y a des files, et moi j'attrape quelqu'un et l'engueule, je leur dit d'avancer plus vite, pour que tout soit terminé, et on annonce que le jeu reprend à la première partie pour non-respect des règles, et tout le monde me regarde à la dérobée, avec rancoeur

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Je tourne dans ma cage, il y a plein de choses qui traînent ici bas -sur le parquet. Le flyer pour un concert d'Ez3kiel où je n'irais pas, un autre pour une expo, la toile neuve, et les cours que j'ai ramenés, pour bosser, mais je ne le fais pas. J'ai lu le magazine L'Histoire, et à chaque fois, depuis mes 9 ans, je ne lis que les articles sentant le soufre, la reine Boudicca, le prêtre et le sexe lors de l'Inquisition. Et un peu de l'article sur Martin Luther King
Je crois que l'Education Nationale n'a pas compris une chose, dans le programme, c'est que les élèves en ont marre de la 2nde Guerre mondiale. On apprend le nombre de juifs tués, les milliers et les millions trop abstraits, on regarde l'expansion du IIIe Reich sur l'Europe, les collabos et les fiers résistants, on révise ça de la 6e au lycée
Mais c'est comme la campagne contre le Sida, à force d'en voir partout, on se lasse, on s'en tape, et puis j'aime pas De Gaulle
J'aurais pu, j'aurais dû, aller au bar, aller au bowling, voir machin ou machine, mais je reste là en comptant les heures jusqu'à samedi, le petit démon dans la tête qui me tire la langue, en se rongeant les ongles d'impatience
Les gens m'énervent ces temps-ci, ils sont bien gentils bien polis et très raisonnables, et je n'aurais qu'une envie, de les jeter par-dessus bord eux et leurs sourires et leurs jolies pensées, ou leurs petits coups de gueule, leurs petits conseils dont je n'en ai que faire
Lundi, la discussion entre filles s'est portée essentiellement sur les souvenirs lycéens, nostalgie de vieilles oblige, et aussi, Heela et ses frasques d'avant, Heela et ses coups d'éclats d'antan, la vie sexuelle d'Heela si mouvementée d'avant, attends regarde le texto qu'elle m'avait envoyé, Quoi tu l'as encore, tu vas ressortir les vieux dossiers? Et dans leurs yeux et au fin fond de l'âme, c'était comme une attente, qu'auras-tu fait la prochaine fois que tu seras moins sage et moins rangée comme tu l'es maintenant? Serais-je ennuyeuse? La vertu est-elle ennui? La question a déjà une réponse, jolies têtes et jolie morale à deux balles. Tout le monde a changé, et toi moins que les autres. Sagesse ennui, soufre du vice.


par Heela
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Lundi 18 février 2008
Relire Au bonheur des dames de Zola, c'est comme une drogue, un fruit défendu, un vice caché qui prend naissance dans le bas-ventre. Les rouages de la machine commerciale et la lente agonie des petits, et la fièvre de l'amour, Denise et Mouret, Mouret beau et fort comme un Solal, faible et en souffrances devant la femme qui le plie alors qu'il a plié la femme dans son entier, toute soumise à sa prodigieuse mécanique d'entreprise, la lente montée du feu et l'apogée
c'est un de mes livres préférés


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J'aime les hommes, j'aime la sourde attente qui naît et qui se creuse dans les entrailles, à la faveur d'un regard échangé, d'un fantasme d'un instant ou d'une nuit

Les deux hommes les plus puissants que j'ai jamais rencontrés, ils sont venus à moi naturellement. J'étais une sorte de personnage à part, hors de leur monde, je pense qu'ils avaient besoin de moi comme observatrice de leur grandeur misérable. J'observais avec étonnement le comportement de la gent féminine qui rampait à leur pieds, je regardais leurs exploits et leurs coups d'éclat, et les répercussions sur le monde alentour. Ils me parlaient, de leur mal-être, même si le naturel reprenait le dessus, faiblesse noyée sous les prouesses clamées, mais je crois que je les rabaissais vite à ce qu'ils étaient vraiment. Des gens seuls, qui resteront éternellement plus seuls que ceux qu'ils méprisaient, plus seuls que moi dans mon confort tranquille d'être aimé. Des gens sans cesse entourés, adulés, admirés, mais qui dans leur recherche et leur obtention de pouvoir, ne trouvaient pas ce qu'ils désiraient
J'étais une sorte d'ombre confiante dans leur sillage de lumière aveuglante, qui savait et devinait leurs travers, les choses à cacher, leurs nuisances. J'ai été désirée des deux je sais, parce que j'étais floue, et qu'il fallait peut-être me caser dans une catégorie, pour que tout soit bien ordonné dans leur vie bien cadrée.
Ils me séduisaient, dans leur joies fulgurantes et leurs retombées trop dramatiques.
Il y en a un, toujours à Sciences Po je pense, que j'aperçois parfois fugitivement, son éternel trench noir bien coupé et son pas rapide dans les rues de la ville. Et l'autre, qui s'est éloigné peu à peu, sans surprise, et qui vit sa vie de succès. Les deux iront loin, très loin, politique, marché de la Bourse et finance que sais-je, mais toujours, j'aurais un sentiment de profonde affection, d'amitié, en même temps que d'apitoiement, que de grandeur dans leur petit être, ou l'inverse?

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Ce que j'aime chez toi, cher individu masculin
, c'est tes petits calculs de la vie, tes coups bas, la volonté de puissance . Ton aura irrésistible, d'homme aimant et méprisant la femme, ne pouvant se passer d'elle, chers don juans
J'aime ce vice, et tes manipulations, mais plus encore, ou en relation, ta grande faiblesse, ton coeur brisé ou que tu crois l'être, les larmes des hommes devant moi femme sont des preuves de ta fragilité, ces instants de désarroi que je saisis du coin de l'oeil, ou en plein dans la face. Ta gouaille et ton charme, tes pleurs et ta douleur. Les hommes qui font mal, ceux qui blessent en hommes blessés, les cruels et les méchants, en tous petits garçons. Ta force musculaire, qui me fait me courber devant toi. Cette force qui se retourne en ma faveur, quand tu es là brisé devant moi.
Ton côté doux, ta part féminine comme on dit, ou la peur de l'avoir
J'aime te manipuler un peu, beaucoup, jouer de ce qui me fait femme, et que le jeu soit à deux. Gagner est ennuyeux, perdre est humiliant, très souvent stimulant. J'ai l'âme de la compétition
J'aime être à vos côtés, et qu'on avance les pions sur l'échiquier du désir, la sexualité en étendart, mais pour s'amuser, la vie est belle, nous sommes jeunes, et rien n'est plus affolant que les défis, attendre que l'autre capitule ou s'effraie, et se retire
Ton intelligence m'attire, ton étrangeté, tes abords difficiles. Les hommes insipides, qui ne savent pas parler ou penser, sont comme des traits tordus sur leurs visages, et je serais toujours étonnée de voir certaines se pâmer devant eux, petits minets ultralookés, ou durs à cuirs dans l'impasse, de voir le manque de potentiel, ca décourage

Etre femme et côtoyer tant d'hommes, apprend un peu de ce qui vous fait, cas uniques multiples, je peux voir ce que vous voyez quand une jolie fille passe, j'apprends mine de rien, dans vos conversations oisives, j'analyse sans rien dire, et j'ai souvent raison, et souvent tort aussi, parfois. Combien de fois ais-je décelé sans surprise, avec plaisir aussi, l'oeil torve de celui-ci jeté aux filles, enchaîné entre les bras jaloux d'une fille qui ne voyait rien, le désir frustré caressant mon égo de
juste copine

Je suis une fille à la fois extrêmement difficile et simpliste à la fois. J'aime désirer les beaux visages, ceux qui m'attirent dans leur physique où l'étrange, la dureté et les difficultés ont pu apparaître le temps d'un instant, je me voue à l'autel du physique, mais en même temps
mon amitié, mon amour, va à ceux qui regroupent tout en même temps, la force, le courage, la dureté et les failles, l'intelligence vive et l'esprit ouvert, au parler charmeur, et à cet esprit nu, dans toute sa faiblesse, qu'ils osent me montrer.
L'être que j'aime d'un amour véritable est incomparable, mais je reste femme aimant les hommes dans leur entier
.

par Heela
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Lundi 18 février 2008
J'ai fait défiler la liste de mes contacts, mais c'était peine perdue. Trop de choses en moi et personne rien que le silence, les gens ne doivent pas être réveillés dans leur béatitude
Bien sûr il y a Lui, au grand L pour bien marquer sa différence vis à vis du reste du monde, mais il n'est pas là, et il fait partie de moi, j'avais besoin de personnes extérieures
Je croyais trouver en G. quelque chose d'un ami véritable mais les échecs sont au rendez-vous et je le savais bien avant l'heure, je suis triste distraitement, ce n'est pas une surprise, et je reste seule
Demain je vois A., on se retrouve autour d'un verre pour parler de nos vies, quels mots étranges, parler de nos vies, car nous sommes muets. On parlera de nos St Valentin respectives, on échangera des nouvelles sur des gens connus de nous deux, et au final, le silence

Je choisis peut-être pas les bonnes personnes, entre une parisienne occupée à sa vie à elle, un playboy trader à l'avenir-argenterie, une fille moins âgée qui découvre de la vie ce que j'ai découvert il y a trois quatre ans. Et tous les autres. Ou je ne sais pas parler, je ne fais que taire, et même me révélant il me disait, qu'un jour il faudrait que je me montre vraiment, que je parle vraiment. Je ne sais pas, sont-ils trop heureux ou moi trop renfermée, que sais-je, sinon que je me méfie des gens, et que je respecte trop leur vie pour la tacher de mes mots, et que je sais d'expérience et d'intuition que nous avons trop de problèmes pour nous occuper de ceux des autres.

Je relis mes anciens journaux intimes, ceux que je tenais en plus du blog Soma, vers mes seize ans, et je suis attérée par tant de cruauté et de bêtise. Dieu merci, pas de fautes de grammaire ou de syntaxe. Et de jolies mises en page. Nous retiendrons de ces pages des passages explicites quoique moins crus que par ailleurs: "J'ai l'impression de péter lentement mais sûrement les plombs. Hallucination, tout a l'air de se dégrader et se déconstruire et en même temps la vie continue normalement et s'améliore" "Je ne crois plus à l'amour depuis que j'ai été jetée à terre. Je suis plus forte que jamais, ce qui ne tue pas rend plus fort. Je déteste qu'on me barre la route, qu'on entrave la voie que je me suis fixé. On m'a dit un jour que j'étais comme une enfant, quand je désire quelque chose c'est plus fort que moi, il faut que je l'aie. Et le plus souvent, mes caprices sont exaucés. Je rejette toute conception de vertu. Fidélité, compassion, respect, je les piétine. Je savoure le mal que je fais." "Pourquoi les petits jeunes sont-ils tellement attachés aux valeurs, fidélité/respect, moi je m'en fous, à bas l'hypocrisie". J'ai redécouvert ce qu'on disait de moi à cette époque trouble, "tu intéresses tout le monde mais tu ne t'en rends pas compte" "tu es le nouveau trou du lycée" "tu fais n'importe quoi" "tu es sadique et méchante", "dingue" "frigide", et autres phrases très intéressantes et constructives. Je parlais que de mecs eus ou à avoir, des délires de sexe et de drogue à chaque page. Je rêvais chaque nuit, des rêves intenses et fous. Tous ceux de la bande voulaient sortir avec moi et je battais des mains de satisfaction. Toutes ces pages, écrites sous anesthésie générale. C'est très bizarre de grandir



par Heela
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Dimanche 17 février 2008
Il était une fois une famille très heureuse. Les parents n'avaient pas pu avoir d'enfants alors ils ont adopté, d'abord une petite coréenne, puis une autre, et un petit thaïlandais.
Les années passent, rythmées par les vacances en Corse, en Grèce, les jeux à trois, les Lego et les histoires Playmobil

La plus grande se fait des amis, pas beaucoup mais juste assez pour faire partie de la société. Elle lit beaucoup, ramène de très bonnes notes, a des petits copains et sort le samedi soir. Aller en boîte en cachette, commencer à fumer, et puis elle traverse une période de crise dans laquelle elle se serait perdue sans sa maturité intellectuelle et la main tendue d'un improbable individu. L'improbable individu est devenu l'homme de sa vie, elle travaille à l'université, ils ont leur appartement et leur chat, tout va bien.
La cadette est dès le départ destinée à la popularité. Son charme et son joli visage attire, elle est populaire et admirée et aimée, ses amies se comptent par dizaines, elle travaille bien au lycée, suit à la lettre les codes de la mode, entretient une relation chaotique mais néanmoins saine avec celui qu'elle considère comme l'homme de sa vie, et de multiples admirateurs dans sa cour. Tout va très bien pour elle.
Le petit dernier a  eu dès le départ une relation déséquilibrée, une sorte de sentiment d'infériorité, mais il était heureux, entre ses soeurs et ses copains, même s'ils étaient plus jeunes que lui et qu'il avait peur de côtoyer les enfants de son âge. Le collège dégrade tout cela, il y a des histoires secrètes de racket, de manipulation de mauvaises personnes, il perd pied. Il n'a pas de copain de son âge, les filles l'admirent pour sa beauté et son côté badboy, mais le rejettent dès qu'elles s'apercoivent de son mal-être. Il fait d'abord comme sa grande soeur, il se pierce et se scarifie et rejette l'autorité parentale, et puis  comme il n'a pas de discernement, il va plus loin, se lie avec les exclus de la société, se fait manipuler, et désormais ses accès de violence deviennent plus durs, plus crus, et sa famille ne peut plus rien faire sinon l'emmener chez le psychiatre, et à l'hôpital quand il se blesse ou devient incontrôlable.

La famille très heureuse est aujourd'hui déchirée. La grande soeur comprend que son malaise quand elle rentre est dû en grande partie à ces scènes insupportables et à l'espoir de ses parents qu'elle, l'Idole, puisse arrêter le processus. Mais l'Idole s'est brisée, elle ne peut rien faire. La cadette se réfugie dans son monde à elle, et essaie d'aider mais ne peut rien faire elle non plus. Le père est totalement démuni et la mère, la plus fragile et la plus sensible, la plus atteinte, sombre peu à peu.

Les apparences sont trompeuses. On pourrait croire que la grande fille vit seulement sainement et a des projets d'avenir, que la cadette est juste belle et populaire, que le petit frère a un comportement de racaille de crise d'adolescence, et que leurs parents sont toujours mariés et des modèles, un modèle parfait de famille aisée. La réalité est qu'ils sont bien plus malheureux que tous ceux qu'ils côtoient.

Fin de l'histoire.

par Heela
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Dimanche 17 février 2008
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Je ne peux pas m'empêcher de repenser à un roman de B.E.Ellis quand je me vois là, les mains sentant trop la térébenthine, la toile peinte enfin achevée, fumant clope sur clope et écoutant de vieilles chansons mythiques ou des qui font pleurer.
Ou alors, version différente, l'épouse des beaux quartiers qui, pour passer le temps et les yeux fixés sur l'heure, attendant avec impatience son cher et tendre, s'adonne à une activité artistique.
Toutes les odeurs mélangées me font mal à la tête, et puis le cordon d'alimentation de mon pc commence à déconner.

J'ai d'abord peint un visage de type madone de vinci dans un mélange de tons bruns ocres et puis elle s'est transformée en triste femme la tête enroulée d'un voile, tons ocre, bruns, rouges. La triste femme est devenue une volute, et la volute, vague déchaînée. Et puis comme c'était de la merde, j'ai tout recouvert de blanc mais ca n'était pas encore satisfaisant
Du blanc gris uni a surgi une méduse des abysses, teintes bleus. De la méduse s'est modelée une espèce de pivoine, encore insatisfaisante alors encore une couche, tout ca été du bleu, vert, jaune, mélangés ensemble
Et puis j'ai dessiné, du tube à la toile directement des traînées de rouge pur et des taches de bleu et de jaune, et des miettes de peinture sèche et des petits morceaux de papier effrités sur la couleur humide.
Temps passé, plus d'une heure, peinture utilisée, à l'huile et gouache, satisfaite? Plutôt, oui, mais faire de l'abstrait, c'est peut-être un peu tricher, même si au final on trouve cela joli.


par Heela
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Samedi 16 février 2008
Je rentre demain. Et comme à chaque fois, il y a un certain malaise qui arrive. Malaise de rentrer et d'avoir l'impression de me retrouver projetée deux ans en arrière, à l'époque du lycée, des repas à horaires réguliers, la cigarette à la fenêtre, et son absence
avec en plus le poids des crises, cette semaine de vacances qui paraît être une mascarade, comme un week end prolongé de deux ou trois jours, je n'aime pas cette sensation

J'au reçu mes invitations à l'inauguration des expos sur l'art africain et les chefs d'oeuvres dessinés du XXe siècle. Et je me mordrais toujours les doigts de n'avoir pas eu ce but plus tôt, de n'avoir pas profité quand nous étions au MOMA, à Bruges, en Italie, en Grèce, tant d'expositions extraordinaires ratées, par l'imbécilité de la jeunesse.


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Elle me disait il y a quelques jours, que des fois elle avait l'impression de rater sa vie, de passer à côté de pleins de choses, elle disait, que les malades incurables profitaient de la vie au maximum, mais que nous, nous avions une espèce de certitude sur une mort éloignée, qui faisait qu'on ne profitait pas assez des choses, des opportunités qui passaient. Et sur le coup ca ne m'avait pas frappée, parce que cette idée, je l'avais disséquée des dizaines de fois auparavant, mais je me rends compte qu'au final, je n'avais pas fait grand'chose moi non plus. Mais en réfléchissant plus intensément, je ne vois pas trop quelles sont les choses qui me feraient envie et que je pourrais qualifier d'intenses, de vivantes, à part l'amour que j'ai pour lui, et ce chemin que je défriche pour arriver à un projet professionnel. Qui n'est toujours pas défini.

Je n'arrive pas à comprendre tous ces gens autour de moi qui abandonnent leurs études, qui restent chez eux ou qui font la fête, qui pensent à plus tard comme une chose qui arrivera sans eux, qui arrivera, point. Je ne comprends pas pourquoi ils ne veulent pas se battre dans la jungle, rien que l'idée de toucher le smic ou être comme ces milliers de personnes qui font vivre l'économie par le bas, je ne peux pas supporter l'idée; avec ces petits boulots, de vendeuse, aide de cuisine, femme de ménage, je suis arrivée à la conclusion que jamais, jamais je ne serais toute petite, vivre une vie fade et aléatoire, vacances en camping et crédits qui s'accumulent, le regard des gens à servir, cette supériorité inconsciente dans leurs attitudes, le trois-pièces et les soirées devant la tv, le ciné parfois et le restaurant pour les grandes occasions, faire avec, mon pouvoir d'achat diminuant
Moi je veux une belle vie, avec de beaux tableaux et un grand frigo, et même une salle de jeux décorée avec des Artoys, des vacances originales et le bonheur de pouvoir avoir presque tout à ma portée, pouvoir offrir le confort et l'ouverture à la culture aux enfants, donner de jolis cadeaux, avoir l'assurance d'un compte en banque
Eux aussi ils veulent une belle vie, sinon, à quoi servirait-il qu'ils respirent? Pourquoi est-ce qu'ils ne se battent pas, pourquoi n'ont-ils pas la hargne de la réussite, pourquoi est-ce qu'ils se terrent chez eux en fermant les yeux, pour ensuite regretter ces pans de vie passés dans leur trou
Pourquoi est-ce qu'ils ne pensent pas à plus tard, à un futur qu'ils auront forgé de leurs mains, est-ce qu'il y en a qui veulent vraiment, faire partie d'en dessous de la médiane, payer les crédits à n'en plus finir, avoir un chez-soi Ikéa, avoir la rage de ne pas offrir telle ou telle chose à celle ou celui qu'ils aimeront plus tard?

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Et peut-être qu'ils ont raison, de laisser filer le temps, en m'observant me débattre dans la toile gluante. Ma vie présente est une course haletante contre la montre, chaque perte de minutes est un désastre. Je fuis en avant en essayant un maximum de gagner des points vers l'horizon. Eux, ils se sont arrêtés et moi je cours, ils regardent passer les gens qui se battent entre eux pour vivre, et moi qui suis dans la lutte. De la pierre ou du vent, quel est le meilleur, qui gagnera à la fin, avant la mort, et qu'aurons nous à répondre le jour qui viendra, où on regardera derrière, et où on se demandera, qui au final aura eu le bonheur, la jouissance et le plaisir entre les mains.

par Heela
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Samedi 16 février 2008
Cher journal
aujourd'hui je suis allée au musée de l'ancien Evêché, plus que l'exposition Grenoble, visions d'une ville, c'est l'architecture et l'arrangement parfait de la décoration du musée qui m'a ravie. Je viens de lire Aucassin et Nicolette, c'était agréable car court et moins pire que ce que j'imaginais.
Je me suis aussi aperçu ces derniers temps qu'après la mode des sacs eastpack, des sacs en cuir immondes dont je ne connais pas le nom (dieu merci), la nouvelle tendance était aux pliages Longchamps, ces sous-produits de la marque, dont les petites jeunes se targuent de porter, à bout de bras, petit doigt levé. Ma soeur en a deux (what else?), et aux Galeries Lafayette, sous l'oeil narquois des vendeuses Longchamps et de moi-même, une pouffe se vantait devant sa copine de tous les modèles pliages (c'est à dire de toutes les couleurs) qu'elle avait. C'lui-là j'ai, c'lui là aussi, lui aussi. Toute crédibilité de snobisme étant réduite à néant du fait du sac en plastique Bershka à la main.
Nous avons vu aussi, un jeune couple où le prototype masculin était plus féminin que sa congénère féminine. Un garçon très mince, moulé dans son slim, ses converses, son petit blouson de cuir. La vague métrosexuelle, couplée à celle des emokids, fluokids et tecktonick. Et je n'arrive pas à décider si je trouve que c'est un bien ou un mal.
Je me suis aussi aperçue de la quantité phénoménale des petites galeries d'art qui proliféraient dans la ville, et de la proximité aux premiers abords pas si évidente que ça, du monde de la publicité et celui de l'art, grâce aux sociétés BBage et Mother (reportage Le monde merveilleux de la publicité).

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De plus, suivant attentivement l'information grâce à BFMtv, on s'est choqué de déclarations, qui passent malgré tout assez inaperçues. Du genre, merci Sarkozy, que "le drame du monde d'aujourd'hui n'était pas la présence de la religion, mais de sa redoutable absence". Dans le fond, je suis relativement d'accord pour ce qui est de la disparition d'un certain côté mystique au profit du terre à terre matérialiste tout puissant, mais la sacro-sainte loi de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, fondue dans une déclaration du président de la république, on a trouvé ca scandaleux. Carla Bruni, et ses termes de "presse collabo". La volonté de faire planer au-dessus de chaque enfant le fantôme de la Shoah. Et le pire dans tout ca, c'est que chacune de ces déclarations ou désirs politiques devraient soulever l'indignation de chacun, un seul de ces propos devrait faire manifester le pays entier, saisir les tribunaux, mais rien ne se passe, car dans un aujourd'hui où chaque jour soulève son lot d'injustices et d'absurdités, tout cela est noyé, terni, invisible, car si banal, et si quotidien, nous en avons vu d'autres

Le musée de l'ancien Evêché est vraiment cool, vraiment classe, mille fois plus que le musée de Grenoble ou le Magasin, et je crois que j'y retournerais demain
par Heela
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Mercredi 13 février 2008
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Je viens de mettre un peu d'ordre dans mon programme culturel à venir et je me suis enfin décidé à acheter Aucassin et Nicolette (pas encore lu, mais qui paraît être le summum de la mièvrerie), ainsi que La Seconde surprise de l'amour de Marivaux. Je n'aime pas lire des pièces de théâtre (à part Beckett, E.E.Schmitt, et Anouilh) et ces niaiseries sur les jeux de l'amour, très peu pour moi.

Je me suis demandé tout à l'heure qu'est-ce que je serais devenue, quelle fille j'aurais été si je n'avais pas baigné dans la lecture depuis l'enfance. Et je m'aperçois que la littérature a été un des facteurs majeurs, et même peut-être le deuxième ou le troisième sur la liste, de ce que je suis maintenant. Je trouve cela assez inquiétant. Je n'aurais pas eu la même vision sur la vie sans Baudelaire, Eluard, Lautréamont, Cohen, et tous les autres
Je serais peut-être plus romantique, moins sombre, que sais-je encore
Ce qui est évident, c'est que je n'aurais jamais été la première de la classe de la 6e à la Première, je n'aurais jamais écrit sur un journal intime dès 11ans, créé des blogs, j'aurais été une élève moyenne
Mais je n'ai pas grand'chose à regretter, c'est flatteur de voir que l'alchimie de la littérature et des fantasmes de toute sorte (le gothique, Hell, et autres) a créé une sorte de pouvoir de séduction, qui fait que beaucoup de ceux qui ont été attirés par moi l'ont été en grande partie (l'autre étant évidemment l'aspect physique, que peut-il y avoir d'autre?) par l'étrangeté que je présentais, ces termes de fille originale, particulière, différente
Comme quoi, la littérature forge l'attirance? A méditer

par Heela
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Mardi 12 février 2008

Eat


img_gauche.jpgMenu Notre-Dame
Pomme & Foie Gras
Pomme Canada Farcie au Foie Gras Frais, émincé de Magret de Canard Fumé et Jus Acidulé au Coing
Magret de Canard aux Mousserons en Croûte Feuilletée, Petits Légumes Etuvés, Jus à l’Essence d’Epicéa
« Mac-Carré » Chocolat Sorbet Mojito, Jus au Grué de Cacao


Des mots de mets qui font rêver, un restaurant gastronomique à tomber pour l'anniversaire de nos trois ans.
J'aime manger, je n'ai jamais su me priver par volonté de perdre du poids, bien manger est un plaisir, et même plus, un loisir.
Des fleischnaka au gratin dauphinois, des tartelettes fines aux noix au steack haché à la cuisson parfaite, jusqu'aux simples biscottes au nutella, je suis une gourmande


L'art culinaire est un art dans toute sa splendeur, et j'aurais apprécié, dans une autre vie, d'être chef et d'être un virtuose des saveurs, un artiste aux oeuvres d'art croustillantes, fondantes, aux arômes profonds, relevés, une explosion de couleurs pour les papilles et les yeux
Et je ne peux pas comprendre des maladies comme l'anorexie, ou les repas fades et répétés de certains, compter les calories d'un pauvre biscuit, se réduire aux légumes à la vapeur, comment pourrais-je imaginer brider le goût, le réduire à la simple mastication vitale ou à la privation drastique pour l'image sociale?

Et on s'est aussi aperçu que depuis notre arrivée à Grenoble, nous étions allés dans autant de bars différents que de restaurants, ce qui est plutôt rare (pour notre âge)...
C'était une très jolie façon de fêter l'évènement.


par Heela
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Dimanche 10 février 2008
A voir à Paris, les expos temporaines de Giverny, de Monet à aujourd'hui; Carte blanche à Christian Lacroix, Van Dyck, trait pour trait; Alexandre Charpentier, naturalisme et art nouveau; La Méditerranée des Phéniciens; la rétrospective Camille Claudel.

Les boîtes gay sont plus libérées que les autres, les garçons dansent aussi lascivement que les filles qui se déhanchent en cage, les coïts sont mimés moins métaphoriquement, les hauts s'enlèvent plus facilement. Il y a une certaine liberté des moeurs que j'apprécie plutôt bien, mais pour ce qui est du reste, all things are the same. En lumière ténue et musique coupant le dialogue au profit du corps à offrir implicitement, tout le monde se ressemble
Et comme à chaque fois je me demande ce que je fous là, et trois mois après je suis nostalgique de la nuit passée là-bas, et je suis contente de me rendre compte que, moins que le désir à faire ressentir à autrui, danser est le plus important. La sorte de transe alcoolisée et les basses qui vibrent à l'intérieur du corps, sont des sensations géniales dont j'ai besoin après l'apathie des jours normaux, ou des soirées entre amis où la seule danse est celle des mecs bourrés sur de la musique ska. J'aimerais beaucoup reprendre la danse, comme beaucoup de choses que je laisse en suspend, et je crois que c'est pour ça que j'aime autant la musique électro, parce qu'il y a la vibration du corps qui monte mais que je laisse mourir


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- Je dirais que tu es une fille créative, cultivée, intéressante. à l'écoute des autres et extravertie. très belle et marrante. Mais j'ai l'impression que tu donne une image de toi mais qu'au fond t'es différente, et avant je te trouvais triste des fois. Mais maintenant je te vois moins souvent
Ca me mortifiera toujours, de voir que ma carapace est lésée, et que certains (ou la plupart), savent voir des petites choses que je cache, entre les brèches.

J'ai souvent peur, peur des choses, peur des gens
Mon éducation y est pour beaucoup, dans cette timidité, ou réserve je ne sais pas, car jusqu'il y a peu, mes parents étaient présents en tout. Je ne prenais pas le bus pour aller à l'école, je n'ai jamais mangé à la cantine, je ne suis jamais allée en colonie de vacances, mes sorties et mes achats étaient financés par eux, l'aide pour les devoirs, je ne m'occupais pas des papiers administratifs, ils faisaient toutes les démarches
J'ai peur d'appeler au téléphone, que ce soit pour prendre un rendez-vous chez le médecin ou l'auto-école, commander des pizzas, appeler des connaissances
J'ai toujours de l'appréhension qui vire parfois à la peur quand je prends le tram, le bus, le train, le métro, c'est con hein
La peur est toujours présente, la panique de me perdre, de me retrouver dans un endroit inconnu, perdre les repères, perdre pied dans un monde qui me sera toujours hostile aux premiers abords
Et j'ai honte, parce qu'en lui j'ai ce que mes parents me procuraient auparavant, c'est à dire la sécurité. Il fait partie de ces enfants qui ont sû par nécessité se débrouiller seul, et ce très tôt dans l'enfance. Manger seul, aller seul à l'école, faire les devoirs et sortir seul, prendre les rendez-vous et y aller, toujours seul, toujours se débrouiller
J'ai honte, d'avoir peur, et de lui demander, de m'accompagner à ce rendez-vous, de téléphoner à ma place,  de faire les courses avec moi, d'être là derrière moi pour me guider, et j'essaie de peu à peu prendre mes responsabilités, et j'y arrive le plus souvent, même si, toujours, la main sur le téléphone, la porte passée, il y aura les mains moites et le serrement au ventre.

MP3: Supermode - Tell me why
par Heela
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Samedi 9 février 2008
280px-Hans_Memling_009.jpgCette nuit j'ai rêvé des trucs plutôt sympas mais que j'oublie au fur et à mesure que le temps passe
Je me souviens de l'insolence de mon frère qui faisait front à mon autorité et il me présentait sa copine, une jeune pîmbêche qui avait collé une perruque sur la tête de mon frère, et je lui disais, ouais, c'est de la colle quoi, et elle me répondait non, et un nom de produit professionnel et je me sentais humiliée. C'était en rapport à mes anciennes extensions (ratées). Et puis il y a un épisode sur la plage, mon frère (je crois) est aveugle et je le guide, et je lui décris le paysage (une étendue de sable qui descend en angle aigu vers la mer). On se tient la main et on s'apprête à courir vers les vagues
Et aussi, et surtout, le rêve où je suis une espèce d'héroïne avec des pouvoirs que je dois chuchoter pour ne pas que les autres s'en doutent, et s'ils prononcent le mot je perds un temps ce pouvoir, et je chuchote beaucoup "skateboard", et sous mes pieds une planche apparaît et je parcours des paysages immenses et magnifiques, sortis tout droit d'un film médiévalo-science fictionnel. L'inconvénient du skate, c'est que pour voler je dois à chaque fois ratterir sur une paroi, et mon enseignant m'apprend, et je parcours en glissant les parois en pierre, il y a des créatures sur les îlots en bas; et ce que je me souviens en dernier c'est une pièce immense et blanche, et que des gens que je connais partent et je les suis en dissimulant ce que je suis devenue


Depuis novembre, je ne suis allée voir que 6 évènements culturels (expositions, foires, conférences) et ca m'énerve de voir tous les grands évènements que je rate, et tout ce qu'il y a en Ile de France et ailleurs, les grandes expos sur Van Eyck, Keith Haring, Camille Claudel et Miro, Dürer et Gauguin, à Paris, Vienne, Madrid, Londres
Mais dans quelques temps, je monterais sur Paris pour un weekend avec ma mère pour un marathon culturel, histoire de rattraper un peu le temps perdu

MP3: Shivaree - Voiceless
par Heela
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Mercredi 6 février 2008



I guess it's just the perfect time to send some roses
And touch their noses
And buy them things
Because it's such a tender time for all the ladies
With all those babies
Wearing their wings

Je marche et quand je tourne la tête, je vois les champs d'iris qui s'étendent à perte de vue et les lapins d'Alice qui creusent leurs terriers mais de la fissure du temps entrouverte des nuées de sphères envahissent le ciel et déciment les fleurs qui se flétrissent et à genoux par terre un vieillard hurle en se tranchant l'aorte
Une jeune fille lape le sel que laissent les vagues sur le sable et deux parasols bleus s'envolent et emprisonnent un aigle qui échoue les ailes à terre. Les anges pleureurs se cachent les yeux mais sourient d'un air maléfique, les cloches résonnent et des manifestations se forment, ils militent pour le droit à leur survie
La boue mélangée à l'acide est excellente pour la santé dit une bouche édentée à la télé et le hachis parmentier refroidit sur des assiettes fendues
Un dragon passe à la fenêtre et crache des boutons en nacre que récupèrent des petits garçons qui les tendent aux passants
Une zibeline étrangle une héritière, et les yeux exorbités, des spectateurs applaudissent, certains s'accouplent mais leur sexe est un piège à loup. Une oreille gît par terre et plus loin un pied, qui arrivera à résoudre le puzzle? Qui saura réparer des plaies déchirées? Pourquoi la lune n'est pas ronde, psalmodient des prêtres tout en jouant à la marelle, et les grenouilles sont les juges du jeu qui se trame

I guess it's just the perfect time to send some roses
And touch their noses
And buy them things
Because it's such a tender time for all the ladies
With all those babies
Wearing their wings
par Heela
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