Trois jours, cinq musées, une visite conférence dans la ville, deux pièces de théâtre.
Passer six heures au Louvre (département objets d'art et peintures avec l'expo Van Dyck), la Pinacothèque et Man Ray, quatre heures à Orsay avec la découverte de l'Art Déco, le centre Pompidou et le mélange d'excitation/émerveillement à voir la grande expo sur Louise Bourgeois, voir ces dizaines d'oeuvres que je n'avais eu que sur papier glacé. Et aussi Vlaminck au musée du Luxembourg.
Visite conférence du quartier St Germain des Prés, et l'envie d'être à la place de ceux qui y habitent, à 15 000euros le mètre carré. Les deux pièces de théâtre vues, si différentes, entre Les demoiselles d'Avignon en théâtre de boulevard, et La tectonique des sentiments, de E.E.Schmitt, avec Clémentine Célarié et la lumineuse Annik Alane, au théâtre Marigny, dans le carré Or avec les femmes aux rictus dédaigneux et manteaux de fourrure.
Ma culture était composée d'expos, de visites et de conférences, j'ajoute désormais les pièces de théâtre à mon listing du futur. Après m'avoir initiée aux musées, elle a achevé mes connaissances en théâtre, ma mère est grandiose.
On est allées faire un tour chez Fauchon, visité le quartier latin, le quartier juif, on a déjeuné et dîné dans le Maraîs, à Montparnasse. Et admiré les galeries d'art, les boutiques de décoration d'intérieur dans une desquelles ma mère a trouvé son cadeau d'anniversaire prochain.
Des heures perdues en file d'attente, les pieds enflés le soir d'avoir trop marché, une vingtaine de tickets de métro périmés, se sentir sales, polluées, le soir en rentrant. J'ai pu m'adonner avec plaisir à mes analyses stylistiques. Les Parisiennes côtoyées étaient ultra-lookées, des escarpins aux sacs Vuitton, et les hommes jouant avec leur Iphone, les touristes asiatiques plus jolies qu'en province, une bande de tecktonicks à Beaubourg. Je n'ai fumé exactement que dix clopes en trois jours, ce qui fait que maintenant, j'ai la nausée d'en allumer une, perte de l'habitude mais habitude toxicomane, à fumer à la va-vite dans la salle de bain de l'hôtel.
On était dehors, de neuf heure du matin à une heure le soir, je photographiais les gens plutôt que les oeuvres dans les musées, environ trois cent photos, en enlevant celles à supprimer, on scrutait les appartements allumés sur la ligne du 6, on se récriait intérieurement sur les prix honteux, le scandale des choses chères, et je ramène avec moi de jolies cartes postales et deux carnets dont un magnifique sur Louise Bourgeois. Je suis épuisée.
Et maintenant, on reprend nos habitudes oubliées le temps d'un week-end. Je repars demain, et les cours vont reprendre, je vais l'abandonner à ses démons, ou plutôt son démon, et je comprends maintenant les gens qui peuvent tuer par amour, quand l'être aimé n'est plus que malfaisant. Pour manger, le couteau à la main, j'ai pensé le tuer, de voir celle que j'aime plus que tout au monde reprendre son masque de douleur. Mais c'est une autre histoire, que les mots ne peuvent pas résoudre.







