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Run, run, run

Entends-tu le chant des hommes qui courent après l'amour ?
Ce bruit sourd résonne nuit après nuit, jour après jour.

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Lundi 24 mars 2008
Paris, comment était-ce?
Trois jours, cinq musées, une visite conférence dans la ville, deux pièces de théâtre.

Passer six heures au Louvre (département objets d'art et peintures avec l'expo Van Dyck), la Pinacothèque et Man Ray, quatre heures à Orsay avec la découverte de l'Art Déco, le centre Pompidou et le mélange d'excitation/émerveillement à voir la grande expo sur Louise Bourgeois, voir ces dizaines d'oeuvres que je n'avais eu que sur papier glacé. Et aussi Vlaminck au musée du Luxembourg.
Visite conférence du quartier St Germain des Prés, et l'envie d'être à la place de ceux qui y habitent, à 15 000euros le mètre carré. Les deux pièces de théâtre vues, si différentes, entre Les demoiselles d'Avignon en théâtre de boulevard, et La tectonique des sentiments, de E.E.Schmitt, avec Clémentine Célarié et la lumineuse Annik Alane, au théâtre Marigny, dans le carré Or avec les femmes aux rictus dédaigneux et manteaux de fourrure.
Ma culture était composée d'expos, de visites et de conférences, j'ajoute désormais les pièces de théâtre à mon listing du futur. Après m'avoir initiée aux musées, elle a achevé mes connaissances en théâtre, ma mère est grandiose.
On est allées faire un tour chez Fauchon, visité le quartier latin, le quartier juif, on a déjeuné et dîné dans le Maraîs, à Montparnasse. Et admiré les galeries d'art, les boutiques de décoration d'intérieur dans une desquelles ma mère a trouvé son cadeau d'anniversaire prochain.
Des heures perdues en file d'attente, les pieds enflés le soir d'avoir trop marché, une vingtaine de tickets de métro périmés, se sentir sales, polluées, le soir en rentrant. J'ai pu m'adonner avec plaisir à mes analyses stylistiques. Les Parisiennes côtoyées étaient ultra-lookées, des escarpins aux sacs Vuitton, et les hommes jouant avec leur Iphone, les touristes asiatiques plus jolies qu'en province, une bande de tecktonicks à Beaubourg. Je n'ai fumé exactement que dix clopes en trois jours, ce qui fait que maintenant, j'ai la nausée d'en allumer une, perte de l'habitude mais habitude toxicomane, à fumer à la va-vite dans la salle de bain de l'hôtel.
On était dehors, de neuf heure du matin à une heure le soir, je photographiais les gens plutôt que les oeuvres dans les musées, environ trois cent photos, en enlevant celles à supprimer, on scrutait les appartements allumés sur la ligne du 6, on se récriait intérieurement sur les prix honteux, le scandale des choses chères, et je ramène avec moi de jolies cartes postales et deux carnets dont un magnifique sur Louise Bourgeois. Je suis épuisée.

Et maintenant, on reprend nos habitudes oubliées le temps d'un week-end. Je repars demain, et les cours vont reprendre, je vais l'abandonner à ses démons, ou plutôt son démon, et je comprends maintenant les gens qui peuvent tuer par amour, quand l'être aimé n'est plus que malfaisant. Pour manger, le couteau à la main, j'ai pensé le tuer, de voir celle que j'aime plus que tout au monde reprendre son masque de douleur. Mais c'est une autre histoire, que les mots ne peuvent pas résoudre.



par Heela
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Jeudi 20 mars 2008

Quand j'étais petite, et que ma mère partait en voyage, je lui glissais dans sa trousse de toilette des minis carnets où je griffonnais quelques mots, accompagnés de dessins, je les préparais à la và-vite pour qu'elle les découvre le lendemain. Je crois, et c'est douloureux à penser, que ma mère est le pilier de notre famille, même si aujourd'hui elle est déchiquetée par lui, elle est l'épicentre de notre vie à nous cinq. Quand j'essaie de penser à l'Après, à la vie adulte et à sa mort, la douleur est si brûlante. Elle et Lui sont mes racines, mes liens à l'existence, ma vie même. Quand elle s'en allait à ses réunions, ses voyages, je me sentais vide, un creux au ventre, un noeud aux entrailles

Et là, pour trois jours pleins, je serais avec elle, et pas comme ces week-ends où je mange en vitesse, où je retrouve les autres, où je m'enferme dans ma chambre pour vacquer à mes occupations, non, je serais avec elle et là les mots je t'aime, mère et fille, prendront tout leur sens. Je prendrais soin d'elle, on discutera beaucoup et pas par bribes aux aléas des moments, je serais là avec elle, pour elle

Mais j'ai mal, j'ai tellement mal de partir sans lui, il y a des moments depuis trois ans où je suis déchirée entre elle et lui sans qu'ils s'en rendent compte vraiment, je pars trois jours et c'est la fin du monde, j'ai désormais besoin de lui pour me sentir vivante.

Et ces sentiments sont tragiques. Parce que nous ferons notre vie ensemble, et qu'il faudra faire des concessions, et je suis la première à le penser, à le dire, mais dans les faits, ma douleur est déchirante, lui sait raisonner mais je reste l'enfant dépendante, celle qui ne sait pas briser les liens, qui n'a pas encore coupé le cordon. Trois jours, et je m'en tords le coeur, j'en pleure à l'intérieur, j'ai le sang aux lèvres et l'eau aux yeux. Et c'est un doux euphémisme, aux vues de l'océan qui me submerge. Trois petits jours insignifiants sans le voir, c'est l'infini qui s'enroule autour de moi et qui me noie.

Trois jours, et cet été ca sera peut-être un mois, et dans deux ans, un an lui en Angleterre et moi perdue avec mes fantômes. J'ai peur, par extension aux trois jours, à cette année pleine où je ne serais plus rien, et où mes peurs m'avaleront toute entière.

Et nous pouvons dire: dans deux ans, tu auras peut-être changée. Mais je ne crois pas, depuis toujours je marche craintive dans les pas de ceux qui me guident, et qui me tiennent la main pour me montrer le chemin, comment en deux ans pouvoir dévier et glisser seule, et confiante, sur ma voie à moi? J'ai peur de ça, aussi, dans ma vie future. Si je ne peux pas trancher, découper un peu, je ne survivrais pas à ceux qui, un jour ou l'autre, disparaîtront.

J'ai dix-neuf ans, mais j'en ai trois, aidez-moi

par Heela
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Mercredi 19 mars 2008

OK mon plan pour mon exposé est faussé. Après avoir perdu mes illusions de littéraire professionnelle pour ce qui est des commentaires de textes et des explications de textes, et sûrement également en dissertation, voilà que je ne sais pas faire d'exposés.
Et elle m'a dit, que j'avais sûrement des 19 et des 20 en tout cela depuis des années parce que j'avais un niveau bien plus élevé que les autres, notamment dans ma classe de L (ce qui n'est pas faux, étant donné la somme de cons, de boulets et de mal orientés), et que maintenant que je me retrouve parmi mes semblables, hé bien il apparaît que je suis une tache ou une looseuse, au choix.
J'aurais dû militer pour le droit à l'objectivité du professorat. Qu'ils me notent en fonction de ce que j'aurais dû faire et non pas par rapport à une bande de merdeux. Cela dit je reconnais l'absurdité de mon désir avorté étant donné que si j'avais eu des 7 et des 8, je n'aurais pas donné cher des autres.
Yves Bonnefoy nous fait l'honneur d'un cycle de conférences en avril, je viens de sécher pour la première fois le cours de Langue française, et j'ai calculé que chaque semaine, je faisais sauter dans les 8h de cours, donc que mon année universitaire se réduisait à 12h/semaine. Ca me paraît plutôt pas mal. Pour le dossier de LPE que je rendrais la semaine prochaine (accessoirement, ce sera ma première visite dans ce cours ce semestre-ci), je vais rendre la nouvelle de la fille-Mort que j'avais écrit ici, en l'améliorant et tout et tout. D'ailleurs j'aurais bien aimé pomper une de tes histoires Laurie, mais bon je suis une fille honnête et droite tu vois. 
Enfin bref. Je compte avec minutie les miettes de tabac qu'il nous reste pour la soirée, je n'ai finalement pas très envie de passer ce weekend à Paris pendant que les autres se bourreront la gueule au Challenge et que moi je me flagellerais pour oublier mon manque de nicotine, car présence parentale oblige. D'ailleurs ça me fait penser qu'être étudiante, m'a appris à être économe, du moins à réduire mes priorités. Je réprimande désormais mes parents sur leurs notes de courses, et je m'aperçois de la bizarreté qu'il y a à ce que ma mère préfère réserver dans un hôtel 3 étoiles (pour ce weekend) que dans un truc lambda à quelques centaines d'euros en moins, mais ne nous plaignons pas, Voltaire a fait l'apologie du luxe, et je suis d'accord avec lui (mais certaines fois, c'est du gâchis). Je suis une petite bourgeoise prolétaire ou l'inverse, ces termes me ravissent même si c'est n'importe quoi. Je n'aime pas les gens qui ne vont pas dans mon sens, je les trouve injustes. Toi aussi? La fille au cours d'anglais me trouvait éminément drôle et je me suis posé la question, comment reconnaître ceux qui apprécient l'humour que tu as ou à contrario le détestent? Tisser ou dénouer des liens serait beaucoup plus facile.
Ce soir je peux désormais fabriquer un cendrier à partir d'une canette d'Oasis, prendre un bain, regarder la saison 6 de Buffy, ou bosser un peu. Et vu que la fabrication d'un cendrier peut être réservé aux jours où il n'y a absolument rien à faire, je vais faire d'autres trucs. Dont ma valise.

par Heela
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Lundi 17 mars 2008
Ca faisait longtemps, qu'à chaque fois qu'on me demandais, quel est ton acteur préféré, ton film préféré, je répondais que je n'en avais pas, et c'est vrai que dans toute la somme des films vus, que ce soit des films d'auteur, d'animation, des blockbusters et des navets, je n'ai jamais eu de grands coups de coeur, contrairement en musique
Et puis c'est aussi un secteur artistique qui m'intéresse moins que les autres. Je suis attentivement la qualité et la quantité de mes livres, peintures, musiques, mais pour ce qui est du cinéma, comme du jeu vidéo, je les classe plus dans la catégorie détente qu'autre chose. Mes goûts en terme de cinématographie sont basiques, il me faut de la science-fiction et du combat, de la classe chez les héros, plus qu'une attention portée à la psychologie du truc, comme pour les jeux vidéos. Voilà pourquoi j'aime mille fois plus regarder des films comme Dead or Alive (désastreux) que, au pif, Le secret de Brokeback Mountain. Je n'ai jamais regardé plus de trois fois le même film, parce que ca me gonfle, à contrario des livres aimés passionnément, je trouve que leur substance se désagrège au fur et à mesure des rediffusions, tandis que les pages de mots ne s'envolent pas, et le ressenti reste toujours tel quel

Et j'ai repensé il y a peu, que finalement mon film préféré était sûrement Cruel Intentions. Je ne crois pas l'avoir vu plus de deux fois, mais je pense que je pourrais le revoir encore. Et qu'est-ce qu'on aime le plus, sinon de se retrouver dans l'histoire, retrouver des choses à soi ou qu'on aimerait pouvoir y ressembler? J'aimais Kathryn évidemment, son insensibilité et son chapelet de cokaine, son hypocrisie, plus que le héros bellâtre (aux airs d'un de mes ex, ce qui n'arrange en rien les choses) qui découvrait l'amour. J'aime les histoires sulfureuses, où le malsain affleure.
Je reste les yeux rivés devant Les morsures de l'aube ou les Jolies Choses, même si le film est merdique, parce que je reste fascinée, enveloppée dans une chape de perversité.


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Pourquoi est-ce que mon actrice préférée reste Asia Argento, même si les films dans lesquels elle a joué sont trop malsains pour que j'aime vraiment? Il me disait, qu'elle représentait pour lui le summum du vulgaire, sachant qu'elle actrice et elle dans la vraie vie n'étaient pas vraiment dissociables. Et je crois que je l'apprécie pour cela, pour cette plongée dans les ténèbres, les autres sont si fades, même si meilleures actrices, filles plus saines, plus équilibrées, si ennuyeuses. Je n'apprécie pas les stars pour leurs prestations, mais pour ce qu'elles sont, ce qu'elles montrent. Un Brian Molko drogué et dépressif me sera toujours plus sublime qu'un Matthew Bellamy douceâtre. Les vies rangées, les bonnes morales m'emmerdent, je ne peux pas me sentir libre avec des gens de bonne condition psychique

Et c'est pour ca que je me sens si bien avec lui et ses conquêtes multipliées, et sa solitude, et elle la mauvaise langue, la pute hypocrite. Car avec eux, je peux être libre et la morale presque abolie, la vulgarité et le sexe sans conditionnel.
Mais la plupart des gens côtoyés sont des gens bien, des gens simples et équilibrés. Ce qui me fait être admirée ou méprisée par eux. Ils vilipendent ou adorent mon parler cru, mes pensées un peu trop provocantes pour eux, ma cupidité, mon arrivisme, ou toutes ces choses qui ne se font pas entre gens sains. Mais je les aime bien, ou je les méprise ou les envie.
Je sais par exemple que je ne pourrais jamais plus plaire à celui-ci, je sais lire dans ses yeux ou entre les mots que je suis le genre de fille qu'il n'aimerait plus jamais avoir, il a une gentille copine qui brille par sa simplicité et ses bons sentiments. Quand je le côtoie, et ca m'agace, je me sens si méprisable
Mais d'autres m'aiment bien, elles voudraient me ressembler, elles me demandent si j'ai de nouveaux exploits à raconter malgré le fait que je sois devenue une fille sage, elles me le redemandent à chaque fois, pour se gorger de ce qu'elles n'auront jamais osé dire, ou faire, je suis un ersatz de leur propre obscurité

par Heela
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Jeudi 13 mars 2008

Je suis restée pour la première fois aux quatre heures d'art flamand, et je suis repartie dans le tram en regardant les montagnes auréolées de rose du soir tombant. J'ai commencé l'exposé sur Louise Bourgeois, tellement facile, et mon plan pour le triptyque Moreel commence à prendre forme définitive. J'ai aussi l'exposé sur la structure des Lettres philosophiques.
Devoir rentrer juste pour mes heures de conduite me saoûle, j'ai tellement choses à faire, à travailler, je ne fais que ça en ce moment, ma vie se résume aux cours et à Buffy, mais ce n'est pas triste étant donné que c'est temporaire et que je m'en accomode bien. Et puis avec la licence LAP j'aurais des horaires de cours comme au collège alors autant me mettre en condition.
A Paris la semaine prochaine, musée du Louvre et Van Dyck, la Pinacothèque et Man Ray, le Centre Pompidou et Louise Bourgeois,Orsay et Alexandre Charpentier, Vlaminck au musée du Luxembourg. Et Montmartre et les restaus.
Et j'ai eu mon 3e semestre, avec les résultats qui suivent, mais avec des notes tellement médiocres que je n'en dirais rien.

par Heela
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Mardi 11 mars 2008
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J'essaie de m'imaginer plus tard, devant ma bibliothèque flambant neuve et je ressens déjà l'excitation à ranger tous les livres d'art que j'aurais amassé durant toutes ces années. Pour l'instant, je ne peux en remplir qu'une étagère, mais aujourd'hui j'ai acheté le hors série Louise Bourgeois de Connaissances des Arts, les magazines d'art coûtent si cher et il me faudrait cinquante euros par mois pour acheter tous les magazines qui me plaisent, sans parler des livres, et j'espère de tout coeur que le gigantesque tome sur Léonard de Vinci de Taschen sera encore là à mon prochain anniversaire, et il y a aussi le beau volume du Centre Pompidou sur Louise Bourgeois dont j'espère l'achat par ma mère, on verra sur place. J'ai parlé à cet ex et j'ai été jalouse de voir que son histoire avec O. marchait toujours aussi bien, alors que je prévoyais leur fin définitive prochainement, non pas par méchanceté mais parce que je sais -mais de quel droit je m'en arroge- qu'ils ne sont pas un couple assorti. Et sans le vouloir, dans la conversation, il m'a renvoyée à ce que j'étais, dans tout mon matérialisme et ma cupidité, comme elle qui me disait, avec fatalisme, que j'avais une vie dorée comparé à ce qu'elle devait entreprendre de son côté. Je me suis sentie, je ne sais pas, petite, devant leur vie simple, pas prise de tête, et le peu d'importance qu'ils accordaient, somme toute, à l'argent, alors que moi je cours toujours après. Les gens autour de moi sont différents de ce que je suis, ils ont quelque chose de si simple et de si lumineux. Je m'engage peut-être encore dans une mauvaise méthode de pensée, même en suivant désormais la bonne voie. Comment devenir meilleure? Comment devenir quelqu'un de qualité? J'ai tant de choses qu'ils n'ont pas, mais tellement plus rongée par l'angoisse et le pessimisme. Beaucoup appris de la philosophie, en oubliant l'objectif principal, qui est celui d'être heureux. Beaucoup appris sur l'Etre et l'Autrui, le fonctionnement des relations humaine, l'Amour et le Désir, l'Espoir et le Désespoir. Mais sans prendre la peine de mettre à profit ces connaissances pour améliorer l'être que je suis. Mais au fond, malgré ces considérations, je suis fière de ce que je suis, fière dans un mauvais sens peut-être mais cela ne m'importe peu. Je reste gagnante au final, presque sur tous les plans, personne n'est parfait. Je ne crois pas changer ça un jour de toute façon. J'en envie certains, et d'autres non, certains m'envient, et d'autres non. Le monde tourne, et nous restons ici bas.

Et il me manque, et malgré tout ce que je peux penser de la nature humaine et de tout son caractère inévitable, il me manque. Peu importe la notion d'amitié que je déconsidère, mes polémiques, mes mépris, il n'est plus là. Il savait des choses que même Lui ne connaissait pas sur moi, il comprenait, et je comprenais, ca suffisait. Je ne dis rien, je laisse passer le temps, et je pense le revoir un jour et ca ne sera pas pareil, bien sûr, mais ca me rassurera de revoir une des personnes que j'apprécie le plus. Et ils sont tellement rares, et j'ai tellement peur de les perdre

par Heela
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Lundi 10 mars 2008
Les gens ne disent jamais ce qu'ils pensent vraiment, et je suis sûrement plus fausse que la plupart
Je souris et réponds agréablement, je dis ou j'écris ce qu'ils veulent entendre ou voir, qui les contenteront. Et ils le sont, ils me couvrent d'éloge, je suis quelqu'un de si gentil, de prévenant, qui sait écouter les autres. Je suis très généreuse. Et sûrement que je le suis, dans le fond, parce que la vérité blesse, mais en même temps, blesserait-elle plus la personne ou le lien social qui nous relie et que je veux sauvegarder par intérêt, mais quand même aussi par amour de mon prochain?

J'aurais tellement de choses à dire sur le mépris que j'éprouve pour eux, ou la pitié. Cruauté malveillante, qui fait qu'avec d'autres auxquels je m'allie je ris de leur malheur qu'ils ne voient pas. Je ris aux éclats de l'apparence physique, du manque d'amis de telle ou telle personne, de ses fringues, de sa bêtise, de ses phrases inappropriées au genre social
Je suis une des premières à tout savoir sur tout le monde et qui peut divulguer telle ou telle information, dans la limite de ma morale ou de ma sécurité, dans mon cercle de gens avisés qui tourne et qui change pour chaque cible visée.

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Et pourtant, je trouve ces compagnons de railleries tellement cruels, bêtes et remplis de prétention, je trouve qu'ils vont trop loin, parce qu'en même temps que mes conversations sur, oh celle-là est toujours sans amis, sans copain, sans fringues de bon goût ou que sais-je, je comprends dans son essence la plus profonde le malheur ou les petits tracas des personnes sur lesquelles on se marre, je suis à la fois extérieure et à l'intérieur de ces gens, je connais leur pannel de sentiments, ceux dans lesquels ils se débattent, et je suis dans la contradiction, doublement fausse, fausse avec les victimes et fausse parmi les bourreaux. Et parmis eux, ils me disent presque avec admiration, quelle méchanceté, tu es trop méchante ahah mais tu as tellement raison. Tu sais vraiment tout avant les autres! C'est tellement drôle quand tu parles sur les autres. Quelle ironie

Mais la vie est une jungle et on bouffe les blessés et ceux qui se traînent.
Et moi, prédateur parmi les prédateurs, j'essaie de porter, de réveiller les victimes.
Et s'ils se refusent à ouvrir les yeux,
je marche dans les rangs de mon clan en piétinant leur cadavre.

Tu es trop méchante, tu es calculatrice, arriviste, cruelle, prétentieuse, je pourrais t'appeler sarkozyste ou pro-libéralisme tu vois, tu fais partie de cette masse humaine trop bête, tu ne penses qu'à l'argent, colporter les potins, mépriser les plus faibles, bouh, c'est mal, bouh tu es méprisable et méprisante. Alors que moi je suis la bonté humaine à l'état pur. Je ne fais du mal à personne, je suis bénévole dans une association humanitaire pour ceux qui se font piétiner par des gens comme toi. Je mets mon temps libre au service de la misère, de la solitude, de la maladie et de la vieillesse. Je donne de l'argent aux clochards et je ne suis pas dans la course à l'échelle sociale, je suis franche et gentil avec mes amis. Je ne crache sur personne et tout le monde est mon confrère. Je fais partie des gentils qui secouent la tête avec apitoiement sur le passage des gens tels que toi, tellement aveugles dans leur égoïsme. J'ai de l'empathie et de la bienveillance. Je ne suis pas comme toi.

En es-tu bien sûr?


par Heela
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Dimanche 9 mars 2008
Les 5 Jours de la BD c'était quelque chose comme des stands de merde en plein milieu de la Foire du Printemps où tous les beaufs s'étaient rassemblés pour admirer les jacuzzis, prendre des maquettes et des poules en photo. Lamentable, tout comme le Salon de la Formation, où le Dauphiné avait oublié de préciser qu'il n'y aurait que quelques stands réservés aux BTS et autres formations technologiques. Super. J'en attends largement plus de l'expo Sexe et Sommeil, un art de vivre.

Je considère les gens qui ne veulent pas travailler (à différencier des vrais chômeurs en difficulté), toutes ces personnes qui vivent sur le dos des autres en végétant devant leur tv, vivant de leur allocation chômage, comme des parasites voire des déchets de la société.

Je n'arrive pas à me mettre dans un esprit de travail pour ma dissertation, je rédige petit à petit un truc immonde et bâclé, et je passe plutôt mon temps à chercher pour mes études à venir. L'hypothèse la plus probable est pour l'instant la Licence d'Administration Publique à l'IPAG-Paris II, pour ensuite passer les concours des collectivités territoriales. Pour ensuite, au fur et à mesure des concours en interne et des jalons posés, aller dans le secteur culturel et devenir quelque chose comme chef de de projets culturels.

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J'ai découvert que je suis quelqu'un de plus cupide que ce que je croyais. Je me suis posé des questions en calculant nos revenus plus tard, lui voulant devenir professeur, et le revenu du professorat étant médiocre (ok, correct, mais ce qui est correct ne me convient pas), et mes ambitions étant très élevés, combien devrais-je gagner? Et j'ai pensé, ce n'est pas juste, que moi seule me sacrifie pour avoir un niveau de vie bien, il devrait abandonner et faire des études dans le secteur informatique. Et je le pense toujours, même s'il est hors de question que je lui ordonne d'abandonner son rêve.
Je suis en train de regarder un reportage sur la 5 où je découvre qu'apparemment, quelqu'un ayant un salaire de 2700euros par mois fait partie des 10% des Français les plus riches. Que la plupart des ménages ont, à deux, moins de 2000euros/mois. La France est pauvre, et mes parents font partie des 10%, et quoiqu'il m'en coûte, j'en ferais également partie. Le revenu brut d'environ 40 000euros par an, je compte bien y accéder.

Je méprise les gens qui jouent.
Je ne parle pas du poker, des jeux de cartes, mais du loto. Ma mère me disait toujours, jouer au loto c'est comme faire un numéro au hasard au téléphone et tomber sur la personne à qui on voulait parler. Tous ces gens qui croient qu'ils vont gagner le jackpot, la super cagnote, le Vendredi 13 ou je ne sais quoi. Ils grattent frénétiquement, entourent des nombres au hasard, en croyant à leur chance, et dépensent des sommes fabuleuses. Ceux qui jouent au loto sont comme ceux qui jouent au casino, ou dans les fêtes foraines, sans vouloir savoir que le taux de réussite au casino est aux alentours de 0%, et que les forains truquent leurs animations. 

Et pour terminer le tour
de ce qui me fout la haine en ce moment, on pourrait parler des gens qui me disent: "Tu étudies l'histoire de l'art? Ca doit être intéressant j'adore l'art!" Ah oui, quoi? Hé bien, rien. Les gens aiment l'art comme ils consolent leurs confrères en mal être, ou comme avec leurs vieux parents, ils aiment de loin. Très vaguement. Ce qui en ressort? "J'aime bien le courant impressionniste, Monet, tout ça." "L'art contemporain c'est de la merde" (cela dit de ce côté là ils n'ont souvent pas tort). Les gens n'ont aucune culture, sinon la culture de masse. Enfin bon je dis ca mais en fait, ce quime fait surtout chier, c'est d'être seule avec mes petites connaissances de philo et d'art dans mon coin.

Les Français sont vraiment pauvres. J'hallucine.


par Heela
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Samedi 8 mars 2008
Cette nuit, j'ai fait un petit rêve. Dans une contrée désertique, une fille que je connais s'en va mais se fait dévorer ou tuer par une bête féroce. Je m'engage donc sur ses pas, élabore un piège (une crevasse énorme sous la terre, au fond hérissé de pointes, et moi au fond dans une niche). La bête, un espèce de chien féroce énorme, plonge vers moi mais se fait empaler. Nous discutons, et il me dit qu'il a appris à nous observer, nous les humains, et que nous dévorons tout sauf les iguanes, les seuls pour qui nous pourrions mourir (?), et qu'il nous dévore est la juste contre-partie. Il a soif de connaissance, alors je vais dans ma bibliothèque, lui sur mes pas, et je lui tends les livres intéressants à connaître, L'Etre et le Néant, Du Contrat social, des choses dans le genre. Et je lui explique le système du prêt bibliothèque, et je lui tend l'adresse mail de A., au cas où il aurait besoin d'aide et que je ne sois pas là.

Je travaille à plus tard, je commence à envoyer des CV pour cet été, à me faire une liste pour le CAE de Cambridge, à rédiger ma lettre de motivation de stage pour le musée, et des mails de demande d'informations à des conservateurs, et aux banques assurant des formations. Je ne sais encore que faire après ma licence, entre les licences de collectivités territoriales, les BTS Bancassurance, toutes ces filières riches de débouchés certains mais dont je ne suis pas sûre que j'arriverais à recouper avec mes ambitions artistiques.
Je vais essayer de continuer tout ce que j'ai entrepris, c'est à dire l'apprentissage ou l'approfondissement des trois langues étrangères, le diplôme de Cambridge, les visites aux expositions, vernissages, conférences, même si je ne place plus l'entrée à l'EAC au premier plan et que c'est difficile, car je suis quelqu'un qui travaille non pas dans la durée mais dans des visées préçises, et claires. Je sacrifie au plaisir la réalité du marché, et pour l'instant je n'éprouve que de l'amertume, et mon ventre qui se crispe sous l'effet de l'angoisse, mais ce qu'il faut se dire, c'est que j'augmente mes probabilités de réussite professionnelle, ouais. J'essaie de pas trop penser (ahah.) mais plutôt d'agir, et pour l'instant, ca peut aller. Ca peut aller.


par Heela
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Jeudi 6 mars 2008
Je crois que c'est véritablement ce semestre, après trois ans et demi de médiocrité et de boulot à la và-vite, que j'ai appris ou ré-appris à travailler bien, c'est à dire qu'il ne se passe pas une semaine sans que mon bureau soit jonché de livres empruntés à la BU. Que je lis et relis mes cours régulièrement, que je prends des notes et de l'avance sur les cours, que je fiche et liste même si les partiels sont dans deux mois. Bien sûr, je sèche toujours autant certaines heures, j'ai un rythme de sommeil en dents de scie et je privilégie l'histoire de l'art au détriment des Textes Littéraires (principalement). Mais le fait est, que je reprends le dessus sur ma paresse qui était devenue phénoménale.

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Dans cette conversation MSN, il y avait la question, qu'aurais-tu aimé prendre aux femmes, aux hommes? De ceux-ci, j'aurais voulu avoir leur force physique, l'assurance de pouvoir rendre les coups. L'incroyable capacité à dissocier le sexe de l'amour, que j'admire beaucoup. Et plus bassement, la crédibilité dans les postes les plus hauts plaçés, et les salaires qui vont de pair.
Qu'est-ce qui terrifie, consciemment ou non ces hommes? La femme, dans ce qu'elle a d'énigmatique, cette emprise qu'elle a sur eux. Le fait qu'ils cèdent, devant la belle inconnue, qui contrôle l'esprit de leur chair. Mais le jeu se fait dans les deux sens, chacun gagne et perd en même temps, il n'y a aucune victoire des uns ou des autres depuis la nuit des temps.
Ils ont voulu la soumettre, l'avilir, l'ont appelée Eve, fille du péché originel, sorcière. Son corps a été réduit à son sens le plus primal, son esprit et son être de plaisir contrôlés, enfermés.
Elle, sans la force physique et l'esprit guerrier, a parfois tenté d'inverser les rôles. L'homme pour elle, comme objet de représentation, a été réduit à un appareil génital sans cerveau, elle a nié la complémentarité des sexes.
Le fait que dans leur inévitable dépendance organique, Il et Elle sont victorieux et perdants à la fois, l'ironie du sort, peut-être.


par Heela
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Mardi 4 mars 2008
Des fois je replonge, pas dans les faits ou dans des souffrances existentielles, mais dans un état second comme auparavant. Je fume en écoutant de la musique où les basses vibrent à l'intérieur du corps et je m'imagine de nouveau en mauvaise fille.
Je ricane intérieurement en pensant aux choses et aux valeurs détruites fugitivement et je n'ai qu'une envie, me rhabiller en fille d'avant, remettre les talonds hauts et les décolletés en profondeur, me maquiller de couches de nuit et de sortir retrouver les gens dont je sais que la déchéance attire presque autant que moi
Et dans ces moments là où les seules choses importantes sont la quête du plaisir immédiat et l'utilisation des autres en objet, je sens l'adrénaline qui monte, et qui m'entraîne alors que j'aspire frénétiquement la fumée sans interruption
Et des images de films vus et de livres lus défilent et s'entremêlent, Tracy défoncée sous les jets d'eau du parc de Thirteen, Anna Battista toute bleue sous les projecteurs et devant son idole dans Scarlet Diva. Faith de Buffy et son nihilisme amazone, Mia Wallace sur Girl, youll be a woman soon aspirant sa coke dans Pulp Fiction, et puis les livres, des passages de Hell et des Lois de l'attraction, des phrases connues par coeur et des scènes gravées dans ma mémoire
Je m'imagine encore le rictus aux lèvres dans le froid d'hiver sur ma bouche grenat, mes mains griffant les dos nus, embrassant sans importance et jouant sur tous les plans
Et ces moments de projection à la fois passés et fictifs, c'est souvent quand il n'est pas là, quand il dort ou loin de moi, et que je n'ai pas l'assurance de ma vie d'aujourd'hui, démunie sans sa lumière je me remets l'espace d'un instant, de quelques minutes, dans celle que j'aurais voulu être dans ma solitude


par Heela
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Mardi 4 mars 2008
J'ai pris l'exposé sur Louise Bourgeois, ce qui fait que dans un futur proche j'irais passer un weekend à Paris avec ma mère, pour voir l'exposition consacrée à l'artiste au centre Pompidou (en plus d'un marathon Quai Branly-Louvre-Orsay et d'autres si on a le temps). Je trouve cette perspective super cool surtout que j'ai remarqué que je faisais partie de l'infime partie de la classe qui en connaissait un brin sur l'art contemporain. Ca l'fait.
De plus, j'ai fait mon plan pour l'exposé sur Memling, je lis chaque semaine mes cours de lettres et à la suite de la conférence du Conservateur en Chef de l'Isère, je me dis qu'au pire, si je rate le concours de l'EAC (et même si je l'ai) je passerais sûrement le concours d'Attaché de Conservation.
Ma prochaine année sera chargée, entre environ 24h de cours normaux, l'option d'Italien en plus, et la préparation au TOEIC ou aux Examens de Cambridge. Avec aussi peut-être une reprise des cours de danse ou d'art, je ne sais pas encore, si ce n'est que je veux tout faire pour atteindre mes objectifs, qui sont à court terme cette entrée en école de pistonnage dans le marché de l'art. Je peux donc me permettre de ne pas m'angoisser sur un an et demi.
Perte de temps, ensevelissement, temps perdu, la vie serait un échec et nous avons trop peu de temps pour donner du sens à notre existence, que je ne m'autorise pas à en laisser filer.

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Les hommes oublient peut-être trop que la mort est présente et qu'elle trace la voie vers laquelle nous marchons. Pourquoi vivre et construire quand le néant est au bout? Pourquoi faire des efforts si tout de nous sera réduit en poussière? Parce que le sens de la vie, de la nôtre, c'est à nous de l'ériger, inexorable l'humanité naît et meurt par vagues mais sans buts construits nous n'aurions pas survécu et que la foi en nos actes nous permettent d'avancer malgré tout, malgré l'absurdité, qui a créé la philosophie contre notre angoisse.
Les sens donnés à ma vie sont petits et bas, parce que je n'ai pas l'espoir de construire des idéaux ou des remèdes miracles. Un sillon principal, l'homme de ma vie. Et tous les autres, qui irriguent le chemin, carrière argent amour d'autrui descendants.Tout le monde, (sauf exceptions qui errent sans vie déjà) ceux qui veulent mourir jeune, live fast young die, ou ceux qui veulent mourir tard, très tard; tous, nous voulons mourir (de préférence, sans douleur et vite bien entendu) en ayant à l'esprit que pas grand'chose n'ait été raté ou gâché, et que malgré les termites et les tombes effacées, il y ait une trace de nous dans l'âme de ceux qui viennent après

L'humanité est belle, malgré sa souffrance et son absurdité, et, quoique j'en dise,
je suis heureuse d'être là

(et pour terminer sur une note joyeuse, C'est la vie de Martin Solveig,
parce que les danseurs sont trop cools
)



par Heela
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Samedi 1 mars 2008
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Je recherche désespérément sur le net une reproduction valable de Tempête de neige de Vlaminck, le seul tableau qui m'aie frappée dans l'oeuvre du peintre, c'était pour illustrer cet article, mais tant pis. On remplacera ça par une toile de Bergman. Je recherche aussi une artiste féminine d'art contemporain potable pour mon exposé, mais après avoir flâné au pif du côté d'une dizaine de noms (Miss Tic, Béatrice Cussol, Valérie Mréjen, Aurélie Nemours...), la seule qui est ressortie est Anna-Eva Bergman, et encore, ce n'est pas vraiment le coup de coeur du siècle.
Je suis retournée au musée de l'Ancien Evêché, qui est je le répète une nouvelle fois superbe et très soigné dans les moindres détails, et des morceaux de poterie romaine et un morceau de chapiteau roman m'ont plus émue que les inombrables vues en peinture du paysage urbain de la ville.
Ces derniers jours sont un peu passés dans le coma, j'ai séché des cours et je suis très peu sortie, j'ai beaucoup dormi pendant l'après-midi, d'où ma perte de repères stables dans le temps, c'est chiant.
J'essaie aussi de réfléchir (vaguement) qu'est-ce qui me plairait dans un métier de la culture. Découvrir, analyser, décrire? Je pense que ce serait quelque chose en rapport avec l'écrit et non un déchiffrage minutieux d'une oeuvre, peut-être critique d'art? Ou je ne sais pas, je ne sais vraiment pas. N'importe quoi qui soit assez éclectif, divers, je ne sais vraiment pas
Je m'arrache les peaux des lèvres, autour des ongles, des fois frénétiquement ou par ennui des cours qui se déroulent, des évènements qui se passent, et depuis quelques semaines (ou mois?), plus fréquemment qu'avant, et le sang qui perle un peu, parfois, et pourtant il n'y a pas de stress énorme, de grands moments d'exaltation ou d'angoisse, je ne sais pas.
Je ne sors pas et n'ai donc aucune aspiration motivante, ce qui fait que je ne révise pas non plus, l'un était corrélaire à l'autre. Je me noie dans un espèce de brouillard et c'est vraiment trop agaçant mais les seuls compagnons de sortie dignes de ce nom sont parisiens, et non valentinois ou grenoblois, ce qui fait que je reprends une clope, les yeux dans le vague ou fixés sur la tv, l'écran d'ordi, et que je laisse passer le temps.


par Heela
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Samedi 1 mars 2008
Ok. Prêt?

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Je suis un agent secret, on est une petite équipe d'adolescents, et je crois que je cache aux autres que je suis une fille. Nous sommes sur une plateforme au-dessus de deux cibles, et j'enfile un gant ciselé en argent qui laissent voir mes ongles longs. Deux autres personnes arrivent, on va être découverts, alors on se relève armés, mais ce sont nos autres coéquipiers et je crois que je suis frustrée de ne pas abattre les cibles.
Et puis c'est la fin de la mission, et on s'en va tous, il a une autre fille avec moi, garçon manqué, et  on s'en va tous dans des directions différentes car personne ne doit savoir où chacun habite. Je suis vêtue d'une espèce de cagoule, d'une écharpe et d'un pardessus de couleurs grisâtres, et seuls mes yeux clairs sont visibles
Je rentre chez moi, je passe par de petits chemins en terre, traverse un pont et sur la droite, il y a un primeur, et quand je me retourne sur le pont il y a une marchande d'orangeade, c'est un décor absolument idyllique
Ma maison, c'est une petite cabane en bois coloré, c'est celle de ma tante
Et puis un autre truc, je suis dans les Simpsons, et je suis poursuivie par tous les gens de la ville et quelques aventures m'arrivent, un peu longues pour les décrire.
Je reviens à ma fonction d'agent secret, nous sommes quatre dans un avion dont A., qui a les cheveux plus longs que d'habitude, ils sont habillés super court, un peu dans le genre fluokid et je pense avec agacement au pourquoi du comment, je ne porte qu'un tshirt et A. pose la main sur ma jambe. Un homme arrive, et nous dit avec hauteur que nous devons nous déplacer sur les sièges d'avant, et pas sur ceux-là, et on s'aperçoit qu'il y en a que trois et quelqu'un chuchote qu'il a fait exprès pour nous dénigrer, et furieuse je jette mon bonnet par terre et mes cheveux se répandent sur mes épaules, je suis une rousse à la chevelure rouge éclatant, et l'homme en perd sa constance, et s'en va sans dire un mot, et je frappe une chaise clouée et l'arrache au sol, et va ainsi m'assoir avec les autres.
A la fin, nous repartons encore chez nous, et la garçon manqué me suit des yeux, je me retourne plusieurs fois pour la saluer, et je rentre chez ma tante, en passant je commande un jus d'orange à la marchande mais celle-ci a empoisonné le verre, et je fais semblant de le boire

par Heela
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Jeudi 28 février 2008
J'ai appris de mon gynéco que j'étais une jeune fille présentant une intoxication tabagique sévère, et ce terme me choque, parce que je ne me pensais pas aussi atteinte. 19 ans, 46 kgs et en forme, cela dit.
Je n'ai quasiment pas fait les soldes d'hiver et je me traîne des fringues éculées, les slims et les bottines me gonflent, mais dans une semaine je vais aller à une conférence sur les métiers du patrimoine, à l'évènement Les 5 Jours de la BD de Grenoble et dans deux, chez le coiffeur, alors ca va relativement bien.
Il fait beau mais d'une beauté froide, j'ai 200 pages sur Hans Memling à lire mais ces pages sont en allemand, et j'ai perdu toutes mes connaissances.
J'ai mis trois jours à me remettre de la cuite de samedi soir, ce qui me fait prendre conscience à quel point nous grandissons, dans le sens où nous avons passé l'âge de boire toutes les semaines. Mais je regrette quand même un peu l'époque où je carburais sans problème à la vodka et au ricard pur, quoique je ne devrais pas trouver cette performance glorifiante.
Je me rends compte aussi que malgré toutes les injustices et réformes absurdes de la vie quotidienne, la hausse des prix et les grandes enseignes en accord, la supression du capes et l'enseignement de la shoah, la crise du logement, je me sens bien en France, et je trouve que c'est le pays le plus beau du monde, et je n'arrive pas à me mettre dans la peau de ceux qui rêvent vivre, en Angleterre Etats-Unis, et ailleurs par extension. Et j'avais vu un reportage sur les chasseurs d'étrangers, les américains de la frontière mexicaine, et je me dis qu'en France, qu'il y ai un seul commando civil de ce genre et il serait directement traîné devant le tribunal et piétiné par l'opinion publique, et cette pensée me rend heureuse d'être Française.
Je vis peut-être dans une jolie bulle rose d'aisance sociale, je ne suis pas fille d'immigrés habitant en HLM, certes, mais comparé à la majorité des pays du monde, je trouve que notre situation est plutôt pas mal.

Et pour finir, un de mes rêves serait que world of warcraft devienne réel, des fois dans le tram j'imagine que tous les joueurs de WoW en France se retrouvent soudain en possession des pouvoirs/armure/monture de leur avatar et que des combats gigantesques aient lieu, que le ciel azur soit traversé par des dizaines de drakes du néant et que je parcoure la ville, mon gangregarde à mes côtés
De toute façon j'ai arrêté de jouer à WoW mais je trouve que cette rêverie est cool, parce qu'au lieu de me soucier de mon avenir je tuerais des allys et mon seul but serait la quête du pouvoir démoniaque. Vraiment trop cool.



(Naxxramas par les guildes Empire et La Garde. Je suis une geek, j'assume.)

par Heela
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