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Read me in July

Derniers achats:
- Microfictions, R.Jauffret
- La confusion des sentiments, S.Zweig

Pour la Thaïlande:
- Histoire des institutions publiques de la France,
M. et P.Mathieu
- Antimanuel de droit, E.Pierrat
- Microfictions

Already read:
- La confusion des sentiments
- L'homme à l'autographe, Z.Smith

Run, run, run

Entends-tu le chant des hommes qui courent après l'amour ?
Ce bruit sourd résonne nuit après nuit, jour après jour.

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Jeudi 22 mai 2008
J'allais me coucher, et comme par hasard je tombe sur une série de blogs de fashionistas en herbe, alors évidemment ca me fait repenser à mon rapport à la mode.
C'est intéressant de voir les nouvelles tendances, j'aime me tenir au courant et je finis par suivre pas mal de trucs, que souvent je regrette à la fin (on passera sous silence les imprimés à pois -immonde- et le zébré). J'aime bien la mode, mais le porte-monnaie ne suit pas, ou alors j'ai d'autres priorités de luxe (la clope et les livres, surtout la clope) donc forcément c'est bien joli de baver devant un sac Longchamps ou des bottes Cavalli, mais quand t'as pas les sous, t'as pas les sous. Alors j'ai d'abord eu un rapport quantitatif: de la low quality, pour des succédanés de fringues dans le vent. Résultat, devenue une fille sage, j'ai sur les bras des tonnes de fripes immondes, des choses non portées, d'autres découpées (une nostalgie custom), des immettables (t'en vois encore des filles avec des débardeurs ficelles rose fushia?).
J'ai trois sacs de fringues dans le placard, qui y traînent depuis des mois, pour faire une BA (aller au Secours Populaire tu sais), mais ca prend de la place, alors au fur et à mesure que le temps passe, ca finit à la poubelle.

La petite robe bleue de Bershka, 19,90euros à tout casser, c'était mon premier achat depuis des mois, je ne me souviens même pas du précédent, c'est assez étonnant. Heureusement que ma soeur, modeuse en herbe, est assez généreuse pour me filer les trucs qu'elle ne met pas: qui de la veste Comptoir des Cotonniers, qui du jean Lord Richards. Mais sa garde-robe est dans un esprit basic, y'a que des variantes de gris.
Je reste tout de même une fille dans le vent, les copines admirent toujours autant. Sauf que je porte désormais toujours les mêmes jeans, les mêmes robes et les même bottes, ca commence à me saoûler, mais ce qui est bien avec le recul, c'est que je sais que je n'aurais jamais porté certaines choses que j'aurais bien aimé acheter (un exemple, les Richelieu, très in mais difficiles, de même que la robe bustier)

J'aime bien ces filles, toutes Parisiennes et qui font des collages des modèles de la Fashion Week, qui exposent leurs trouvailles des fripes. Sacs siglés, beaucoup de vintage, du H&M et du Zara, des collants en laine avec des boots, petit blouson et imprimés fleuris. Elles mettent un temps infini à se construire leurs habits, en virtuose elles composent (ca passe ou ca casse), et je comprends toujours pas comment on peut économiser pour s'acheter un truc de marque qui sera relégué dans un tiroir dans six mois. Mais malgré tout,comme chaque saison, en feuilletant les magasines, avec un oeil averti aux vitrines, je chope les tendances et mémorise mentalement ma composition estivale. On est pas cataloguée accro à la mode pour rien, mais être accro à la mode en province et à la capitale, y'a une nuance, beaucoup d'hypocrisie et un grand décalage.

J'aime pas les imprimés liberty, le tie&dye, ou la coupe aux genoux, mais apprécie les gros bracelets et le bleu lagon, la transparence et la superposition de voiles. En rêve secret depuis des mois, le Longchamps (même passé de mode dans deux ans, je finirais par l'avoir). Tenue préférée en ce moment, la robe courte et le sautoir, sous blouson de cuir et bottines, un printemps rock&girl, du gris, du bleu et du noir. Mais Juin arrive, il est temps de tout revoir. J'ai une vingtaine de chaussures, des manteaux à foison, des hauts et des bas qui débordent de mes placards, des bijoux qui s'emmêlent,
et je n'ai rien à me mettre



par Heela
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Mardi 20 mai 2008
Laissez vivre les sirènes, elles sont si fragiles de la porcelaine.
Les saisir est une aubaine mais je préfère les regarder dorer sous le soleil.
Fermant les yeux j'écoute au casque à fond les décibels
Cette musique rétroactive je fais les plus beaux rêves.




Pulsation, pulsation. Le corps est une arme que j'enclenche, mode on. Les gens se sentent coincés dans leur corps qui leur paraît trop serré de toutes les manières, et la danse dénoue les liens qui lient au terrestre. Je délace et t'enlace, le corps est comme un serpent, et quand tu louvoies collé serré avec la moiteur qui pèse sur les épaules, tu es projeté hors-monde et la grâce s'acquiert par la technique. Et tu arrives à maîtriser le monde, toi qui te noies d'habitude dans l'incertitude et le doute. Les filles qui dansent dominent le monde le temps d'une chanson, quand elles rentrent dans le cercle et qu'elles ondulent le reste n'existe plus.

Je suis en vacances mais tout ne fait que commencer, j'ai douze livres de droit à lire pour l'année prochaine et un corps à énerver, comme un bouquet de nerfs. Des dates à retenir et des sorties prévues.
This is pathetic and sardonic It's sadistic and psychotic Tango is not for three Was never meant to be. Rythmique. Et je me rappelle les deux règles qui devaient me servir de ligne de conduite vers mes 14 ans: être toujours soignée et bien mise, même pour aller chercher le pain, l'homme de votre vie peut se trouver à n'importe quel coin de rue ou ascenseur. Et une femme, pour prendre le pouvoir, doit imiter par son attitude, s'assimiler, l'attitude féline des chats. J'ai absolument respecté la première, mais pour la deuxième, je ne l'ai pas mise à profit.

Je lui ai dit que je trouvais que j'étais la seule fille parmis celles que nous connaissions qui s'aimait bien, qui quand bien même elle trouvait qu'il y avait à redire, aimait être elle dans son entier. La plupart des filles que je connais fuient le miroir , se trouvent hideuses et mal dans leur corps. Elles font des régimes et n'aiment pas se servir du langage du corps pour séduire, en larmes elles envient la taille 34. Matérialisme chair et Corporelle torture, je te plains toi qui n'oses pas te servir de tes atouts.



par Heela
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Dimanche 18 mai 2008

J'écris en vitesse, pour ne pas perdre quelque chose, je viens de me lever, je suis dans le brouillard encore


Premier rêve, j'ai volé le Régent et à la frontière le type qui examine mes affaires est un con qui ne remarque pas l'énorme diamand que je porte au doigt, et qui a la forme d'une goutte d'un rouge éclatant. Et puis je ne me souviens que d'une séquence, dans une piscine bondée de monde, et puis un autre contrôle de police où cette fois ils sont plus soupçonneux et Il me dit que c'est normal, qu'il fallait pas que je me réjouisse trop vite et que le policier de la 1e fois était trop stupide. Et je regarde mon doigt, il ne reste que l'anneau d'argent vide, et je retrouve le Régent, qui retourné est creux, et je remarque que les facettes du diamand sont grossièrement taillées.



Deuxième rêve, ce que je me souviens en premier dans la chronologie du temps c'est d'une assemblée de chefs (bien sûr les méchants), composée d'hommes et de femmes plus ou moins âgées, tous la peau plus ou moins bleuie comme des cadavres, et je suis assise à la table à côté de Chase (Dr. House). Je suis coupable de quelque chose mais ne me rappelle plus de quoi, et Chase me fait des remarques cruelles qui ressemble à un chantage sur quelque chose qui s'est passé auparavant. Et puis un étudiant métis apparaît, et à sa seconde apparition il m'entraîne dans le couloir en courant et c'est mon sauveur, et on se retrouve dans son studio caché, car il est lui aussi recherché pour des activités que nous dirons opposés au pouvoir en place.
Il est en colocation avec un autre, et m'avoue qu'il est amoureux de moi mais comme je le suis pas, il en devient haineux et va me dénoncer, il sort dans le parc en courant avec une autre fille, guidés par une femme qui les appelle et dit qu'elle va les sauver, mais c'est un piège et ils sont pris tous les deux, et on entend les voix des gardes nazis qui disent qu'ils vont me trouver.
Je pars du studio dans les couloirs, j'essaie de ne pas me faire remarquer par les gardes qui patrouillent dont beaucoup sont des femmes, il y a un moment dans mon garage où je m'échappe et ils me repèrent, ils me courent après mais dans une séquence où la caméra se déplace vers le haut dans mon dos avec les soldats qui me poursuivent, mais je cours extrêmement vite car pendant quelques mois je me suis entraînée dans cette optique, et j'arrive dans un espèce de quartier vu que dans des films, un endroit désolé où la poussière fait des tourbillons, où il y a des grillages et le tram C arrive, et je pense que les soldats pensent que je l'ai pris et qu'ils vont poursuivre le tram. Je me mêle à la foule et en effet, les soldats montent tous dans leurs voitures (de grosses BMW ou des 4x4) marqués du logo de la CIA, et s'en vont

Je suis désormais accompagnée par des amis complices et qui m'aident à m'échapper, nous montons dans un car, et nous sommes dans une période des années 40-50, ce car est une antiquité donc, et nous avons un trajet préçis qui chemine entre les villages perdus dans la montagne (altitude 1408, 1409) pour que nous nous cachions pour l'hiver (nous sommes au début de l'été). Le car fait des haltes pour prendre des passagers à chaque ville traversée, et je dois me dissimuler pour que les gens croisés ne me reconnaissent pas. Il y a Amber qui arrive accompagnée d'une infirmière et me dit qu'elle est de mon côté, que l'autre aussi, mais je suis désormais méfiante envers tout le monde. Première halte, et je suis sauvée in extremis quand le chauffeur noir empêche un colonel de rentrer en arguant qu'il n'a pas de billet, et qu'il n'y a pas de raison pour qu'il fasse d'exception.
Dans la deuxième halte je dois absolument pisser, et une amie m'accompagne, et nous montons sur un charriot pour aller plus vite et on traverse les cuisines de la reine de Russie, les cuisinières sont toutes des femmes et la reine clame "vous voyez, j'avais raison, on peut se déplacer partout dans cette cuisine" juste pour avoir raison, et nous traversons un grand hall, et pour ne pas se faire repérer ma copine et moi jouons les lesbiennes (car nous savons qu'en Russie les femmes sont très souvent lesbiennes), et ça marche, les femmes croisées nous regardent avec envie, une se colle contre un poteau, l'autre commence à se caresser, et on croise un couple d'officiers importants, et la femme détache son chignon et se fait une queue de cheval haute pour exprimer sa sensualité, elle a exactement le même regard que la fille de la pub Elle de YSL, et son mari l'entraîne énervé. Nous sortons sur une grande place dehors (je n'ai pas pu aller aux toilettes), et quelqu'un crie que le bus arrive, et il arrive effectivement, et nous courrons vers lui quand il s'arrête sur le trottoir d'en face, et nous voilà repartis, toujours en fuite

par Heela
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Vendredi 16 mai 2008



Est-ce que la fadeur a un goût de douceur? J'aime la douceur. Je n'aime pas les gens éffacés, ils m'aiment bien. Juste réciprocité des liens. Certaines chansons qui sont dans mes dossiers me rappellent des souvenirs et il suffit que je les réécoute pour qu'ils reviennent. Blondie: I touch myself. La fille avait un visage sculpté et des yeux très clairs, il y avait quelque chose d'affirmé dans son regard. Tout ce que j'apprécie. Ou serait-ce les yeux fonçés les plus énigmatiques? J'ai un coeur en argent qui se balance sur le poignet, et quelques dizaines d'euros sur mon compte, la bombe à retardement est lançée et on ne sait même pas si elle va exploser. Je suis toujours gentille. Et les autres qui ne le paraissent pas mais qui le sont sont en fait méchants, nous sommes tous déréglés. Quand je bois je bois comme les alcooliques. Mais oublier quoi? Je ne suis pas comme toi. Et des fois je formule sans y penser des phrases moitié anglais moitié français, et puis j'efface la partie en anglais parce que ca peut paraître so pretentious. Je n'aime pas paraître prétentieuse même si des fois ca vient naturellement, c'est comme les mauvaises habitudes, elles reviennent ventre à terre, et people never change! Et certains adoreraient être des chats. Pourquoi? Pour ne rien faire, pour dormir. Mais je m'ennuyerais, quoique j'ai toujours voulu être de ces femmes à l'allure féline. Rien que le mot glisse sur les lèvres avec une certaine idée de sensualité. Et quand je suis méchante, je suis juste glaciale, et ils me disaient qu'aucun sentiment ne perçait jamais sur mon visage, et quand je souriais ils prenaient ça comme un cadeau du ciel, mais je ne suis pas impassible, je crois? Qu'est-ce que la vraie douleur physique? Je ne me suis jamais vraiment fait mal, et le sang qui coulait annulait tout et j'essayais de paraître étonnée. Je ne sais pas si c'est de la complexité, de ne jamais ressentir un sentiment univoque. Mon cerveau cherche t-il à prendre la place du coeur? Je n'attends aucune réponse car je suis la seule à savoir et les autres sont des miettes que viennent attraper les oiseaux. Ils disent que je ne suis pas satisfaite de moi, ils disent que je suis modeste. Mon amour pour moi-même n'en est pas un, les mots ne sont pas suffisants. Mais chaque jour mon allié est le miroir qui me renvoie un reflet continuel de sourire ironique. Et je n'atteins que ceux qui m'aiment et qui m'aiment en retour. Et je me trouve toujours plus supérieure que les autres, et je ne sais même pas si je me méprise pour cela. No sense, no sense, Aufklärung, and sex, and drugs, and love complications. Les gens ne veulent pas mourir, ils veulent seulement ne plus être là en bas: explicitez. Tout à l'heure je me suis acheté une petite robe bleu Klein, en fait bleu nuit, j'aurais préféré bleu Klein, pour le nom, pas la couleur tu sais. Il ne fait pas beau dehors, et il y a une semaine encore je voulais une robe blanche d'été, les temps changent, mais Placebo et surtout la voix de Brian Molko restera à jamais gravée en mon âme, amen. Can the savior be for real or are you just my seventh seal? Quelle victoire obtiendrais-je en étant encore plus mince, encore plus bronzée, plus jolie? Es-tu toujours sur la ligne de départ?
Dope, guns, fucking in the street, revolution...

par Heela
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Jeudi 15 mai 2008

J'ai découvert chez un de mes cousins un particularisme qui comme chez les gens que j'admire, m'étonne et détonne. Une séduction naturelle et exponentielle, l'intelligence, et surtout ce trait que je n'arriverais jamais à saisir, la désinvolture et la tranquille assurance. A presque dix-huit ans, il s'engage l'année prochaine dans l'armée, il a passé les tests avec brio et possède toutes les qualités qui font le militaire (assurance, conscience des limites, en bref, sain d'esprit). Sa vie est une étrange symbiose d'assurance sur l'existence et de détachement du terrestre, de la mort en fait. Vivre, c'est bien, mourir demain, quelle importance tant qu'on fait ce qu'il nous plaît? Etre sur les premières lignes et tomber, crever d'un accident de moto, il a ce tranquille détachement que je jalouse, cette sérénité qui n'est pas de la folie adolescente, car il y a cette intelligence de vivre qui saute aux yeux, c'en est trop troublant, malaisé à ressentir et encore plus à comprendre


J'essaie de compter les gens que j'admire et respecte en même temps, et c'est difficile, ce qui est sûr, c'est qu'il n'y en a pas tous les doigts d'une main. Il y a énormément de gens que j'apprécie, pour ce qui les font être eux ou pour ce qu'ils me procurent (quelle importance dans cette division), mais qu'en est-il pour ce qui est de ceux que je considère non pas comme des modèles, mais pour des étrangetés hors-monde? Ils sont comme nimbés d'un voile éclatant que je suis parfois -ou souvent- la seule à voir comme tel.
Et je les regarde, émerveillée en silence, évoluer dans ma sphère, lointaine ou pas. Ce sont comme des architectures modelées avec perfection, c'est comme si leur mécanisme était fait d'argent quand nous, nous sommes cuivre.
Je vois peut-être ce que j'ai envie de voir en eux, qu'importe, je saisis dans leur être ce qui me trouble et m'enrage d'avoir saisi, et les observe. Mais ce respect et cette admiration sont fragiles, il suffit qu'ils se rapprochent de moi, pour qu'à tout prix je les décortique et cherche ce qui me permettrait de les mépriser, ne serait-ce qu'un peu, un trait infime, à tout prix. Pour me rassurer.
Et malheureusement, à chaque fois, ca se produit. Ceux que j'admirent (qui sont je crois tous masculins) se projettent comme fatalement dans ma toile, au plus près de moi, et je trouve chez eux une faille trop humainement banale dans cet ensemble pourtant parfait dans ses rouages. Et plus ils viennent, plus je trouve des traits à mépriser. Et même si, après, je leur reste fidèle dans le respect/admiration, ils sont irrémédiablement ternis. C'est cruel, mais j'ai toujours été silencieuse, n'oublie pas: les actes prévalent sur la pensée.


par Heela
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Mercredi 14 mai 2008


Heela
Clad
Mydearwolf


Ont la joie de vous annoncer un heureux évènement:


La 1e rencontre bloggeurs 2008

qui se déroulera début septembre, à date indéterminée à ce jour, dans la charmante ville étudiante qu'est Grenoble, dans le charmant pied à terre de Heela.

Si vous voulez participer vous aussi aux festivités,
faites le savoir à l'un des trois concernés.



Conditions d'admission (non exhaustives)

- Suivre le blog d'au moins deux des concernés depuis un certain temps (et l'avoir fait savoir)
- Etre apprécié d'au moins deux des concernés (condition rejoignant celle ci-dessus)
- Aimer l'alcool et les longues soirées à débattre de tout et de rien (et être légèrement insomniaque)
- Supporter (un minimum) Saez et Placebo
- Etre peut-être pessimiste/déprimé(e)/névrosé(e) sur blog, mais bon(ne) vivant(e) IRL
- Accepter le décalage entre le virtuel et le réel
(flagrant surtout pour les cas Heela et Mydearwolf, sans commentaire)

Le casting du Nouveau Participant Bloggeur est lancé!
(ça c'était nul je sais)

par Heela
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Jeudi 8 mai 2008
Comme à chaque fois que je me relève en considérant le travail accompli, j'ai mal au dos et mal à la tête à force d'avoir plissé les yeux à demi pour paufiner les détails et respiré les effluves, et je commence toujours dans l'allégresse et un grand sentiment de sérieux, avec le dessin préparatoire avec les ombres portées sur la toile, les plis du vêtement et les proportions corporelles, et puis dans la lignée la couleur de la chair et les couleurs de base, celles sur lesquelles les autres plus finies viendront s'apposer. Creuser les ombres, s'appliquer sur des zones à risques, et puis au fil des heures, le travail évolue et je ne peux que suivre ce que les traits me dictent, il y a toujours vers la fin cette perte de contrôle du sujet qui s'en va là où le hasard le mène, et qui s'achève comme il n'avait pas du tout commencé, et j'oscille toujours entre désespoir (il faut vraiment que je reprenne le dessin, les bases académiques) et satisfaction (c'est moins pire qu'il n'y paraissait aux deux tiers du travail), et puis il faut vraiment que je m'achète un chevalet, un vrai et pas comme les planches pourries qu'on avait aux Beaux-Arts, et à chaque fois que je passe devant cette galerie il y a cette artiste qui donne des cours à des gens et j'ai comme un serrement au coeur, et je continue mon chemin

Mon premier amour a d'abord été le dessin, pas la lecture, mais les années passant j'ai perdu la main hein, c'est comme tout chez tout le monde: dans l'enfance ou la petite adolescence il y a ce truc que tu sais faire et les adultes te disent: il faut cultiver ça. Mais les années passent et d'autres choses deviennent plus importantes, alors ma soeur abandonne son violon, mon frère au rythme cardiaque de coureur olympique s'en fout et s'enfume, et moi je repense à comme on dit, les heures de gloire, comme une vieille peau ressasse son succès au cinéma d'il y a cinquante ans.

Et pourtant je suis contente et pas trop triste, je me dis que je n'ai peut-être pas toute la vie mais quand même le temps de remettre tout ça en marche. L'année prochaine je ne pourrais évidemment pas, et peut-être les suivantes non plus, parce que les études prévalent sur le reste et qu'il vaut mieux être artiste maudite salariée que artiste maudite miséreuse. Mais ce qui est sûr c'est que j'y reviendrais, c'est comme la danse, dans toutes les activités artistiques que j'ai pu entreprendre, il y avait toujours ce truc plus ou moins perceptible qui en faisaient des catharsis. Aujourd'hui c'est l'écriture qui prédomine, quand avant elle était couplée à la lecture, quand avant c'était la création de fringues et la peinture, quand avant encore c'était le dessin uniquement, je ne sais pas si je suis vraiment nostalgique, et si le fait que j'adore l'histoire de l'art est une consolation de ne pas être à la place des artistes étudiés, comme quand je regarde des oeuvres et que je me concentre sur l'émotion ressentie et la technique picturale, mais à quoi le ressentiment pourrait-il mener?

J'aimerais bien être une philosophe des Lumières
, ou comme la géniale Hildegarde Von Bingen, être une espèce d'auteur total comme Voltaire, une polygraphe et une savante multispécialisée du XVIIIe siècle, ca doit vraiment être fantastique d'être un touche-à-tout, qui s'intéresse autant à l'art qu'à la littérature, aux sciences et à la philosophie, que de sujets de conversations possibles, et d'horizons ouverts sur le monde, tu ne trouves pas?
Les gens qui ne cultivent que un ou deux centres d'intérêts sont bien ternes et ennuyeux
La littérature, la philosophie et les arts ne sont qu'une partie de ce que j'ai à explorer, et j'essaie de réfléchir de ce que je pourrais faire de ma fascination pour la politique, la finance et les sciences nat'
Et c'est là que je me rends compte que la vie est trop courte, et que le monde est extraordinaire, et pendant que les heures défilent à toute vitesse, il y a cette question, aurais-je assez de temps avant que tout ne s'achève?


par Heela
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Mercredi 7 mai 2008



Demain enfin aujourd'hui dans une dizaine d'heures il fera ultra beau comme les jours précédents alors forcément je suis heureuse. Je sais pertinemment que je vais aller aux partiels dans un sentiment de pas assez fait, pas assez révisé, mais j'ai appris à relativiser car j'aurais mon année quoiqu'il en soit. Et ce soir j'ai décidé sur un coup de tête de m'inscrire en licence de droit par alternance pour l'année prochaine, l'envoi des dossiers doit se faire avant début juin, je l'envois dans la semaine. Ou alors juste prendre une option droit dans mon parcours, mais la première hypothèse est la plus probable. Je suis heureuse et c'est étrange, il y a encore quelques temps je ne souhaitais qu'une chose: me barrer du scolaire et entrer dans le monde professionnel. Mais j'ai calculé, l'année prochaine je n'aurais que vingt ans et j'aurais validé déjà une licence, que demande le peuple? J'ai encore quelques années devant moi pour me construire un parcours béton. Et je comprends la chance que j'ai, au regard de ceux autour de moi, la chance d'avoir des parents qui peuvent me financer mes études, d'avoir ma mère qui me dit simplement "vas-y, lance-toi" quand je lui dis que je kifferais faire du droit et que la décision doit se prendre rapidement. Et ainsi toutes les perspectives devant moi sont infinies, il y a tellement de voies possibles que j'en ai le vertige et la soif de toutes les embrasser. Et ce n'est pas que dans une optique d'ostentation et de planification aux concours administratifs. Et j'ai peur, aussi, de ne pas réussir à m'en sortir l'année prochaine, ou de m'emballer trop vite, mais peu importe, il faut toujours essayer hein, en plus on acquiert de l'expérience et ce n'est qu'au regard des expériences qu'on avance
Je mets en boucle le solo de guitare dans Unholy Warcry de Rhapsody et je pense à ce weekend où je vais bronzer, réviser l'art contemporain dans la piscine, et retrouver tous mes cousins. J'ai aussi effacé l'ancien Heela, et en ai gardé seize pages sur Word. Il faut toujours essayer de ne pas trop s'attacher aux vestiges du passé et mes quatres blogs successifs ne sont désormais plus que d'anciens souvenirs sympathiques, et je viens de tilter le côté comique du décalage entre mon image et le titre du post


par Heela
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Lundi 5 mai 2008
J'ai compris quelque chose aujourd'hui: peu importe les pensées derrière, ce sont les actes qui comptent avant tout. Que faire l'aumône à quelqu'un par satisfaction d'avoir fait une bonne chose ou par élan de compassion, cela n'importe peu pour la personne en face qui reçoit. Peu importe que j'ai la conscience d'être une mater dolorosa, tant que je lui montre que de toute façon, je serais toujours là. Et tandis que je parlais, j'avais l'impression étrange et justifiée de la présence maternelle dans mes mots. Il y a des adultes qui rejettent l'éducation parentale pour élever leurs enfants dans un sens contraire, moi je ferais partie de ceux qui marcheront dans les pas de leurs parents.

J'ai aussi compris l'importance du mysticisme pour ceux qui croyaient en Dieu. Et je n'ai pas encore mesuré toute l'importance apportée par ces années de catéchisme protestant, enfin dans sa forme prosaïque si , du genre de ne pas à avoir à relire la Bible pour comprendre les thématiques religieuses dans l'art ou autre, mais je ne saisis pas encore entièrement ce que cette éducation religieuse m'a apporté comme valeurs essentielles dans l'existence. Peut-être, même dans mon athéisme concret et scientifique, la non-présence d'un être suprême est une aide dans la souffrance. Aide-moi, je ne sais pas comment faire, aide-moi s'il te plaît, qu'est-ce que j'ai fait, qu'est-ce que je vais faire, et la résolution du problème venue, et même au coeur de la tourmente, cet appel à l'aide silencieux à une unité d'amour immatérielle retentit et celle-ci me tend la main. Et concrètement, j'étais seule mais j'ai trouvé moi-même, et l'introspection a fait son oeuvre. Jamais celui qui n'a eu cet enseignement dans son enfance des valeurs d'amour abstraites ne pourra comprendre cette part de dieu et donc de soi qui se loge ici. Comment tous ces extrémistes créationnistes et autres peuvent-ils prendre au pied de la lettre ce que la Bible nous enseigne, à savoir les valeurs d'amour à leur degré le plus pur? Pourquoi la plainte violente qui domine est: si Dieu existait, il n'y aurait pas de guerre ni de violence? Est-ce qu'ils ne comprendront jamais que si Dieu est, il est en fait l'amour qui se trouve en chacun de nous?



La plus grande des tares humaines m'était autrefois l'hypocrisie, et j'ai compris il y a peu que c'était la bêtise humaine qui engendrait tous les maux, et que je haïssais le plus. Que ce soit la bêtise des illuminés des sectes, les extrémistes religieux, ou la bêtise de cette fille dans le tram qui avait un rire dont le synonyme aurait pu être vulgarité, et qui hurlait
Salope, salope.

J'ai grandi très vite en très peu de temps, et je n'avais aucune assurance et même si encore aujourd'hui je reste enfant dans mes peurs (peur de quoi, peur de tout de la solitude et du silence aux yeux noirs, des gens dans la rue et du téléphone qui sonne) ou dans un matériel (dépendance monétaire aux parents), je deviens adulte et dans les crises ca m'est révélé. Oui, j'ai la conscience du travail qui est une base fondamentale de l'existence, j'ai conscience de l'effort à fournir et je ne me replie plus sur moi-même, je ne fuis plus la bête noire qui court d'entre les pages des cahiers. Oui j'ai appris aussi le sens du sacrifice et de la fierté qu'on tait, de la maturité et des sacrifices d'être deux et de devoir grandir pour construire. J'ai touché du doigt la souffrance de ma mère face aux haines enfantines cruelles, et j'ai su taire ma rébellion et mes insultes parce qu'avancer était le plus important et que le reste n'était que fumée.

Wolfgang Leib va passer à Grenoble, et de voir cette information m'a renvoyée des années plus tôt, quand j'avais vu l'image de cet homme aux allures de bouddhiste occidentalisé penché en train de passer au tamis le pollen qui constituait sur le sol un immense carré jaune éclatant. Je n'avais jamais oublié cette image aussi futile soit-elle, et le voilà qui resurgit de ma mémoire pour se concrétiser au musée.
J'ai acheté le cadeau d'anniversaire de ma mère chez L'Occitane, et des objets déco chez Casa car on a refait la disposition de l'appart. Je sais à peu près le contenu des mes notes en art flamand, il reste encore à approfondir le plus dur, le XVIIIe et son histoire littéraire, et son histoire géopolitique, économique et sociale. Je suis fatiguée de ma journée, je dois encore passer un coup de fil qui va durer longtemps et réviser, mais aujourd'hui j'ai réalisé quelques vérités importantes. Je reste en face de la réalité, et seuls mes sursauts de destruction et de soufre savent m'en détourner quelques instants, mais je reste en face, et je rallume une clope à ta santé




par Heela
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Samedi 3 mai 2008



Corps zéro défaut, peau ambrée et imperfections gommées, je me sacrifie à l'ère du temps. Les aspérités sont effacées, la pâleur proscrite, et le teint éclatant sont les marques de fabrique, je m'observe en maillot de bain et comme chacune d'entre elles je décrypte les valeurs corporelles à promouvoir et les horreurs cachées des magazines. Perdez du poids en trois semaine, comment se faire un maquillage glossy, quelle teinte pour vos yeux? La course à l'été est cruelle et féminine, et dans les foyers et entre copines, quel maillot choisir? Rembourré, ficelle ou bandeau? La jupe est un inconditionnel, promulgué dès cet hiver, mais les grosses qui se cachaient sous leur leggins, et les malingres, se torturent l'esprit. L'été est cruel, il dévoile ce que l'on cache l'hiver, il fait ressortir les peaux imparfaites et les défauts fuyants sous les pulls, et l'appel est lançé: qui de l'autobronzant, qui de la crème à épiler, cette effervescence cachée est un plaisir pour les yeux, et les loups retroussent leurs babines. Gommage, masque et huiles,hantise bourrelets cuisses chevalines et poil saillant, les filles passent la main dans leurs cheveux et s'allongent au soleil en comptant les jours à venir et les sorties piscine entre prédateurs et prédatrices. C'est un jeu meurtrier pour les âmes en soif de gloire et dont le corps ne suit pas, et as-tu toujours ta crème anti-capitons? Je joue le jeu comme chaque année, avec une dose de fébrilité et d'angoisse sous-jacente, et de dos nous scrutons les marques de bronzage comme la promesse d'une starisation prochaine. Soleil ami ennemi, la valeur de ton hâle est égale à la valeur de ton prix. Nous étions belles sous nos ombrelles, et on s'extasiait sur notre blancheur immaculée de porcelaine en robe endimanchée, nous le serons encore plus le corps brun enveloppé de monoï et de crème indice 15.



par Heela
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Vendredi 2 mai 2008

Si je me voyais en étant autre pour la première fois, je me m'aimerais pas. Je verrais une fille, et étant fille je l'examinerais sous toutes les coutures, je serais sûrement jalouse de voir qu'elle est beaucoup plus mince que moi, mais je me consolerais en me disant que les asiatiques, y'en a beaucoup qui kiffent pas. Et puis je me moquerais à couvert de sa façon d'être, pour qui elle se prend, à fumer clope sur clope, les yeux trop maquillés, les ongles trop longs et ses décolletés de pute? Et sa façon de répondre aux autres, toujours à vanner, dire des trucs sarcastiques, et puis toujours parler cul comme si c'était naturel. Je n'aimerais pas me voir pour la première fois, car je verrais une fille toute entière ancrée dans le social, le dialogue et les relations, je verrais ses propos caustiques, ce genre écervelé, qui me taperait un peu sur le nerfs. Et puis elle viendrait me voir et me poser quelques questions sur moi, taper la discute oui, je me dirais que finalement elle est assez sympa mais pas assez pour lui faire confiance. Je rirais avec les autres de ses blagues et de ses vacheries, mais au final, je ne lui ferais pas confiance.
Ca pourrait peut-être aller plus loin, avec d'autres soirées et d'autres conversations MSN, on pourrait parler et au final être copines, on pourrait même devenir tellement proches qu'elle me montrerait son blog caché et pas l'autre putassier, et je découvrirai avec un mélange de fascination et de dégoût un peu qu'est-ce qu'elle est à l'intérieur. Et je crois que je m'éloignerais d'elle, ou que nous n'en dirions jamais mot.

par Heela
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Vendredi 2 mai 2008

Il fait beau et chaud comme en juin et aujourd'hui je me suis levée à midi et j'ai passé une demie-heure au soleil sur la terrasse avec le Glamour de ma soeur, j'ai constaté la pâleur de ma peau et j'ai racheté de l'autobronzant, je réfléchis au moyen de perdre toute la masse graisseuse hideuse accumulée ces derniers temps, mais devant la glace il n'y a pas grand'chose à modifier et c'est plutôt bien de pouvoir se dire ça. Je médite aussi sur les nouveautés mode à avoir, depuis le temps que je n'ai rien acheté, et le tie & dye revient selon les magazines féminins, mais où va le monde? Je pense plutôt me faire un dress code dans les gammes casual/épuré avec une pointe trendy, et ces termes me font sourire.
Je suis allée assez souvent chez le coiffeur cet hiver et je me laisse pousser les cheveux pour cet été, même si je suis tentée par un carré éffilé (qui sera passé de mode puisque la tendance était hivernale), et plus de coloration avant longtemps, ils sont en train de prendre une couleur brun foncé avec dans le dégradé des teintes châtain clair et j'ai un peu passé l'âge du trip cheveux violets/rouges/noirs, la dernière fois je me suis sentie pas à ma place, c'était bizarre.

C'est comme lorsque je remets d'anciennes fringues skate babs, ou ceux tendance emo à pois (immonde), je me sens complètement décalée. Comme si le temps était venu pour moi d'abandonner les vans et les Converses, les débardeurs à slogan ainsi que les mini jupes flashy pour un style plus raffiné, plus subtil, enfin ce n'est vraiment pas une mauvaise chose de toute façon.

Je ne suis jamais à ma place, décalée que je suis avec mes marques de fashion (fashion genre le Comptoir des Cotonniers, Lord Richards et pas Guess ou Kaporal cela dit) et mon sac à main quand nous sommes dans les soirées de la bande qui persiste et signe dans les sweats à capuche et les baggys skater, décalée aussi quand je suis avec elles et qu'elles parlent de trucs de filles fashion (qui va sortir à la Star Ac, le dernier potin de Glamour, les nouveautés star).
Alors comme toujours je m'adapte un peu par lâcheté, je sors mes escarpins et mes mini jupes avec elles et je réenfile des pantalons larges et mes vans avec eux.
Et sinon je garde quand même des incontournables, comme mon vieux keffieh que, je ne sais par quelle raison, je trouve plus sublime et élégant que n'importe quel autre foulard.



Je me suis encore trop maquillée aujourd'hui et dans le vent qui s'engouffrait dans la voiture je devais tout le temps remettre ma frange à sa place. J'ai toujours des cicatrices aux jambes, des bleux et des égratignures, et je ne sais pas comment elles font ces autres avec leurs beaux mollets impeccables, pour ne pas les égratigner. Derrière mes lunettes XXL je regardais les gens dans les yeux au lieu de détourner le regard, et comme toujours j'ai un ressenti de ridicule et de mépris, l'un n'allant pas avec l'autre. Je ne sais pas pourquoi je préfère que les gens croisés dans la rue me prennent pour une fille hautaine, qui se la pète, plutôt que pour une fille gentille. Le mépris est-il la meilleure barrière contre la peur du dehors? En paraissant méprisante je me suis toujours sentie mieux protégée des autres.

Des fois dans la rue je m'exclame, regarde ça serait typiquement une fille à ton goût, quand il y en a des jolies, habillées simple et féminin, celles qui ont un style ni neutre ni excessif, et à chaque fois il hausse les épaules. Et je suis partagée par des sentiments de perplexité et de contentement, de savoir qu'il ne se résume pas à la façon dont je peux m'habiller parfois, ou mes pulsions superficielles ridicules (du genre les fausses D&G achetées en Espagne que je kiffe grave). Cet homme est à la fois l'amour de ma vie et mon meilleur ami.

Ma soeur a le réseau social le plus étendu que je connaisse, mais elle envie mon corps et se plaint d'être grosse (tout est relatif: elle est mince et n'importe quelle obèse se suiciderait si elle l'entendait). Comme quoi, on est évidemment toujours insatisfait de ce que l'on a. Je ne sais pas comment conclure toute cette masse de propos inutiles, j'ai observé que les filles qui aimaient la mode faisaient des blogs très drôles, ironiques et somme toute de propos légers, quand ceux qui méprisent les dress codes et le superficiel apparentiel font des blogs de déprimés. Ceci étant sûrement corrélaire à cela. Et une fois encore, je me retrouve en décalage.

par Heela
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Mercredi 30 avril 2008

"A chaque instant, soyez vous-même: voilà bien l'injonction la plus sadique, la plus odieusement enjôleuse qui ait jamais été inventée par la société de consommation. Car non seulement il est impossible de savoir avec une certitude pleine et entière si l'on est soi-même; mais encore une vie ne vaut que par ses rencontres, que par les forces multiples qui les parcourent, par toutes les puissances de joie, de création, de plaisir qui l'animent; et cela n'a pas grand-chose à voir avec ce qu'il est convenu d'appeler (la tristesse mesquine du mot devrait suffire à nous alerter) un individu; sorte de petite dictature de la République du Moi, une et indivisible, étrangère à toute idée de fraternité, d'égalité et de liberté. Ne sait-on pas que le mot "sujet" désigne, en politique, celui qui doit soumission?"
Petit éloge de la douceur, S. Audeguy

L'écriture d'Audeguy est typiquement une de celles que j'apprécie, et son petit éloge est fantastique (à retenir, son paragraphe Caresses).



Ce soir on est allés dans l'appart de potes plus ou moins lointains et leur déco était très d&co, et ça m'a rendue jalouse un peu parce que d'habitude quand on va chez des amis leur appart est pourri, il y a des canettes de bière sur le sol et des capsules qui traînent un peu partout, des moutons de poussière qui se courent après et des miettes de tabac mélangées à de la cendre sur la table et après, quand je rentre chez nous je suis contente de voir que tout est propre et bien à sa place. Il y a des choses instinctives que je devrais changer, par exemple je devrais dire les pas riches au lieu des pauvres (ca me fait un peu penser à l'hypocrisie du jargon français, du style les seniors à la place des vieux, ou le pire: les malentendants pour les sourds) et aussi arrêter de penser à des méchancetés élitistes du genre: les gens pauvres ne sont pas cultivés. Ca ne se fait pas.

Et je me souviens d'une bribe de conversation msn, où un copain virtuel me disait qu'il m'appréciait, et j'essayais de démontrer le peu de valeur de cette appréciation superficielle: superficielle car je ne montrais ce que je voulais montrer, et qu'il ne pouvait apprécier qu'une infime partie, et il me disait qu'il s'en foutait, peu importe, tant que ce qu'il voyait de moi le lui faisait aimer. Et au final, qui a tort, qui a raison? Car l'être se voit dans son action, pas dans sa pensée détachée de tout matériel, et faut-il mieux aimer les gens pour ce qu'ils sont avec nous ou ce qu'ils sont vraiment à l'intérieur? Je n'aurais que très peu ou pas d'amis si je me montrait dépouillée de tout artifice. Ce qui soulève une autre question: comment peut-on être vraiment soi-même? Je n'aime pas trop fouiller de ce côté là, j'ai trop de grandes thèses philosophiques qui se bousculent dans ma tête après. C'est comme les bloggers qui me parlent avec un style ampoulé, comme si parler sur MSN c'était pareil qu'écrire sur un blog, avec le temps de réflexion avant écriture, et temps de réflexion du lecteur avant la réponse. Peut-être qu'ils croient repousser encore un peu la réalité charnelle de celui en face d'eux en continuant le bel idéal bloggeur. Sérieux, te prends pas la tête mec.

Avec un peu d'alcool dans les veines les mots sont plus fluides et les sentiments plus forts. Et je discute avec des gens et je me rends compte que j'oublie les choses à une vitesse vertigineuse, qui sortait avec qui à l'époque, l'existence de personnes qui ont joué un rôle dans ma vie, les amis, les bloggeurs qui ont été capitals à une certaine période donnée, des anecdotes, désolée, j'ai une mémoire sélective, je ne me souviens pas. Peut-être que je ne me concentre pas assez sur l'extérieur, ou alors que c'est le hasard d'un contexte. Et puis en ce moment je mange des trucs pas sains du genre crêpes au nutella, Kinder Maxi et Steack-pâtes, ce qui fait que je grossis, et je préférerais peser genre 50kgs mais que tout soit harmonieusement réparti que cinq de moins et tout au milieu du corps comme c'est le cas présent. Mais tout cela ne sont que des considérations de meuf à la con, et je ferais bien de me taire et d'arrêter de penser




par Heela
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Mardi 29 avril 2008

J'écoute Audio Bullys et leur version remixée du My Baby shoot me down de Nancy Sinatra, car la vraie chanson me saoûle, et ca me refait m'interroger: qu'est-ce qui me fait aimer une chanson et une autre non? Car dans tout le dossier Musique, il y a tellement de trucs divers que je ne saurais dire si cela vient du rythme, de la musique, des paroles, que sais-je. Et puis c'est gonflant de faire l'intello underground comme avant, et je prends autant de plaisir avec du David Vendetta que du PJ Harvey, toutes proportions et contextes gardés. Peut-être qu'en grandissant on perd quelques prétentions ("moi j'écoute je lis des trucs biens") pour en choper d'autres ("moi j'ai de grands projets pour l'avenir et j'y travaille") hein. Je tourne en rond ce soir, car je ne révise rien du tout, et j'avais un programme chargé pour demain soir mais étant donné qu'on part faire un anniversaire pique-nique dans le Vercors, ca risque d'être tendu. Transvaser ce que je dois faire demain à aujourd'hui? Ou me remettre à Puzzle Bubble, Assassin's Creed et Facebook? D'ailleurs, mon prof d'info de ce semestre y est inscrit. J'ai fini de lire le Petit éloge de l'excès de C.Férey, heureusement qu'il valait 2 euros hein, il y a quelques passages sympathiques mais le style trop contemporain c'est vraiment pas mon truc. Les passages musique dans CS sont assez cool, et j'essaie d'oublier que je viens de claquer une cinquantaine d'euros à la Fnac, alors que le mois de mai n'est pas encore entamé. Et Wiifit me fait de l'oeil. Je ne veux pas vieillir sinon les gens ne me regarderont plus comme ils le font. Ma meilleure amie me fait mourir de rire et je crois que si je l'aime autant, son humour désopilant, sa façon d'être y sont vraiment pour quelque chose. Les gens qui me font rire, je les apprécie tout de suite, j'aime les gens légers et les gens grinçants, tant qu'ils font rire je les adopte immédiatement, quitte à ce que ce soit une erreur après. J'aime les noms des coktails, les boissons colorées et la décoration sur la nourriture. Je n'aime pas la peinture qui se craquèle sur ma toile, les objets qui traînent et mon manque de motivation pour arrêter la clope. Merde, nous dépensons cent euros par mois en tabac et tubes. J'aime bien l'idée de réviser aujourd'hui, c'est comme si j'enfreinais à la règle du programme de révisions. Je n'aime pas avoir mal à la tête, ni la tête de l'héroïne et de sa soeur dans Dead Like Me. Mais j'aime bien Dead Like Me. D'ailleurs je vais regarder

par Heela
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Lundi 28 avril 2008

Cette nuit j'ai pas mal rêvé, mais je ne retiendrais que la plus terrible des séquences: nous sommes en Chine, et Lui arrive à parler japonais (!) avec une autochtone, et des gens essaient de me parler mais je leur explique que je suis française et dans l'incapacité à dialoguer avec eux. Nous sommes en visite avec un groupe de gens dans lequel il y a ma famille et quelques connaissances, et nous arrivons devant la porte d'une prison chinoise, il y a un personnel haut gradé assis sur un banc devant, et tout est glacial et enneigé, et un soldat ouvre la porte, et une fille à moitié nue sort en titubant, ils l'aspergent d'eau et elle tombe à terre, sa chair se bleuie, elle devient toute blanche, et elle ressemble à un cadavre
Ils la relèvent et elle va d'elle-même sur les genoux d'un des haut gradé et se laisse violer sans résistance, comme une marionnette, et un d'eux nous dit sans émotion qu'elle n'a plus que quelques heures à vivre à cause de l'hypothermie. Et puis on la voit remonter en courant dans l'escalier sombre de la prison, la porte se referme et je me souviens du sentiment d'horreur d'assister impuissante à cette situation

par Heela
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