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Read me in July

Derniers achats:
- Microfictions, R.Jauffret
- La confusion des sentiments, S.Zweig

Pour la Thaïlande:
- Histoire des institutions publiques de la France,
M. et P.Mathieu
- Antimanuel de droit, E.Pierrat
- Microfictions

Already read:
- La confusion des sentiments
- L'homme à l'autographe, Z.Smith

Run, run, run

Entends-tu le chant des hommes qui courent après l'amour ?
Ce bruit sourd résonne nuit après nuit, jour après jour.

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Jeudi 19 juin 2008

Les jours qui viennent ressemblent à des points d'interrogation qui brûlent dans un désert où je serais seule. Cela doit me servir d'enseignement pour atteindre la sérénité qui me fait défaut depuis toujours. Je n'ai jamais eu de phobie: seulement une anxiété terrible pour une multitude de détails. Le soleil revient mais dans l'immensité qui m'attend ça ressemble plus à une promesse d'enfer, toutes proportions gardées bien sûr. Il n'y a pas d'exaltation dans les jours qui arrivent, seulement des aiguilles d'horloge qui avancent au ralenti.
par Heela
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Mardi 17 juin 2008

D'écouter Anxiety (Black Eyed Peas feat. Papa Roach) suffit à me rendre sinon heureuse, exaltée, et c'est ca que j'aime dans les choses, l'exaltation. Des musiques fortes qui font tourbillonner le sang dans les veines, de l'alcool dans la nuit, la sensualité excessive en boîte, l'attente aux partiels. L'exaltation en toute chose, et le luxe de la paix qui vient après. La date du permis approche, et je me dis qu'il y aura toujours des échéances qui me coureront après, on en a jamais fini, sur le calendrier la liste à barrer se perpétue à l'infini. J'ai revu des gens, et cela me confirme dans l'idée que ceux qui me font rire seront toujours mes amis. Ce qui est assez bien, c'est que je ris facilement et je me rappelle de l'époque où le rire était mort en moi, ou était-ce parce que je jouais la mascarade du vieux clown triste? J'essaie de profiter au maximum de mes quelques jours ici à G., avant de rentrer et d'avoir à nouveau le coeur serré sur l'absence. Je n'ai pas grand'chose à dire, car les moments où la vie se remplie, il suffit juste de vivre et l'ersatz procuré par l'écriture s'efface avec élégance.
par Heela
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Jeudi 12 juin 2008


J'aime et je suis aimée dans une douce et tranquille certitude. Il ne faut jamais être sûr de rien, tout reste à voir, il y a des aléas dans la vie. Mais chaque jour nous répétons tous: je suis sûr, je suis certain que, toujours, certainement. On en a vécu, des torrides et des blêmes, et des fois souvent le soir je pense à nous et mon coeur s'étrangle et je remarque qu'avec moi, l'amour est douloureux, il est souffrance d'absence, il fait mal et au lieu de penser: je suis heureuse et nous ne nous séparerons jamais, je me dis: il fait partie de moi, et j'ai mal de penser aux déchirures imprévisibles. Quand je suis seule et que je pense à nous, il y a comme des aiguilles d'acier minuscules qui se plantent dans mon coeur, le froid et du gris, je ne veux pas qu'il me laisse seule au bord du chemin et qu'il continue à marcher dans une autre direction. Quand nous ne sommes pas ensemble, je meurs un peu plus chaque jour, jusqu'à ce que nous nous retrouvons et que je vive à nouveau. Sans son énergie, sa lumière et sa douceur, ce qui me fait moi se flétrit, se ratatine, et recroquevillée sur des sources de chaleur de substitution, je reste là exsangue. Ca a toujours été comme ça, comme toutes les autres j'ai soif d'absolu, de coeurs liés enchaînés, d'histoire passionnée et exaltante façon rose bonbon et balcon vénitien. Mais dans notre désir inchangé de protection et de tendresse, je suis un peu plus faible, un peu plus fragile, il y a quelque chose d'irrévocable dans mon envie à moi, et de plus dangereux aussi, et qui fait peur, oui
Comme ces folles aux cheveux emmêlés, au regard fermé, je vis l'amour comme une tempête, mon rose bonbon se délave d'orages. Beaucoup disent: si tu pars je meurs. Mais la vie continue avec son lot de cruelles tendresses. Les âmes s'auto-détruisent par amour facilement, et se reconstruisent aussi vite le plus souvent. Mais moi, je peux toujours compter les balafres et les malformations consécutives à mon amour exclusif, les cicatrices et les séquences dramatiques. Mon amour est autoritaire, absolutiste, mes exigences infinies, comme chacune, et de tout ce que je vois aux alentours, ces personnes se contentent certes parfois de beaucoup, de suffisant même, mais jamais assez, et j'ai plus, mais jamais assez.

Si tu ne m'aimais pas d'un amour aussi similaire même si différent, mon image serait encore plus négative, car je suis comme une liane qui enserre et qui étouffe, une espèce d'être dont les cellules se génèrent grâce à un corps étranger. Je me faisais l'effet d'être un vampire toujours affamé, décharné. Mais tu es là, mais quand tu n'es pas là je redeviens cette chose de rien du tout qui se traîne dans l'ombre. Nous sommes deux mais ne sommes qu'un qu'en présence de l'autre. J'aime douloureusement, j'ai appris à transformer la passion en amour plus équilibré, plus sain et positif, mais il y a des ombres dans je t'aime, il n'y a pas que de l'amour, il n'y a pas que ça
Lui est devenu plus paisible, moins torturé, et de ce fait plus homogène que je ne le suis, et les moments où je ressens le plus fortement notre amour, c'est dans la douleur, parce que dans les disputes et dans l'absence, le hachoir taille de grands morceaux de chair pour laisser le coeur à vif, et il ne reste plus que lui

Quelle étrangeté, quelle complémentarité ou revanche peut-être. Ensemble, c'est lui qui donne le plus et moi qui reçoit, j'ai appris à être moins individualiste et froide, plus démonstrative et attentionnée, même s'il reste encore beaucoup à travailler. Séparés, c'est moi qui donne le plus et lui qui reçoit, car même dans le manque son amour reste lumineux et tranquille, moins souffreteux, quand j'en viens à être torturée et la main serrée sur la poitrine qui déchire. Et d'un côté, je me sens handicapée, je possède quelque chose en moins que les autres qui savent être indépendants, passer outre l'absence de celui qui les fait vivre heureux, mais de l'autre j'ai besoin de cette lacération pour, je ne sais pas vraiment, gagner en assurance et en certitude, pour me sentir vivante

par Heela
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Mercredi 11 juin 2008

Je suis tellement fracassée que j'ai dû annuler ma sortie avec A. cet après-midi, parce que je suis rentrée à G. hier soir à l'improviste pour la fête chez eux, et que nous n'avons pas dormi. Sur l'autoroute, des champs à perte de vue et des nuages qui venaient fermer les yeux au retour. Ce fut joyeux comme un appartement à l'hygiène absente, des trousseaux de clefs oubliés, une tisane aux champis, beaucoup de fumette et du rhum venu tout droit des îles. Je les aime bien, il y a tellement de délires à en rire aux larmes pendant des heures que décalqués dans le brouillard on ne peut que suivre en s'essuyant les yeux. Alors oui, je déteste plus que tout ne pas dormir chez moi après une fête, je fais toujours l'impossible pour ne pas avoir à supporter les verres écrasés, le sol qui colle et la promiscuité, mais là, malgré des débuts chaotiques et les gouttes de pluie, j'étais quand même contente d'être avec eux de neuf heure à dix heure du mat et de jouer à Pyramide avec eux deux dans l'aurore.
Hier j'étais aussi allée à l'expo d'art contemporain au musée et c'était vraiment trop cool, voir photo ci-jointe, et je sens que demain j'y reviendrais avec L. et A. Ca faisait quoi, des mois, que je n'avais pas fait de véritable nuit blanche lors d'une soirée entre potes, et j'écris et mes yeux se ferment. Il fait très beau aujourd'hui et je regrette de ne pas profiter plus du ciel bleu, je suis désormais condamnée détenue forcée à faire le job de chargée de promotion dans deux jours, et heureusement que là ce n'est pas ma principale préoccupation, tu l'as deviné, je vais dormir et perdre toute cet après-midi.

par Heela
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Dimanche 8 juin 2008

Aujourd'hui il faisait encore tellement gris. J'ai vu Lou et si tu veux tout savoir, elle a des yeux très bleus, elle est plus grande que moi et sa veste en cuir rouge lui va à merveille. C'était agréable. J'ai racheté trois carnet Moleskine (pour changer) pour la Thaïlande, j'ai pris des photos des chats et je suis partie à l'improviste faire un billard. En rentrant, dans sa voiture qui fonçait dans la nuit noire j'étais bien, j'adore la vitesse, mais je crois que je préférerais toujours être passagère que conductrice dans ces virées entre potes. Je l'aime bien A et je crois que ce qui m'aurait fait plaisir c'est qu'il roule pendant des heures sur le périphérique, j'aurais posé ma tête sur son épaule et j'aurais profité de l'immensité de la nuit. Rien de nouveau sous les nuages, je me rhabille comme en hiver, et je regarde fixement ma valise défaite, j'ai envie de rentrer, mais j'ai encore tout une semaine à passer ici, un calvaire à venir, je ne sais pas si je verrais les filles, ce qui n'a au final pas vraiment d'importance. Le plaisir de voir cette bande de potes-là ou celle-ci s'estompe peu à peu je crois, ou ce n'est qu'une impression des mauvais jours. Sans lui, je n'ai plus vraiment de consistance, et je m'occupe de gestes mécaniques. J'ai des textos en attente, des révisions à faire aussi, mais je reporte sans cesse au lendemain, ou je ne reporte pas, je laisse aller en regardant les heures qui défilent. Et je pense à plus tard, j'ai encore deux ou trois ans à vivre comme ça, en alternance de villes, et puis après peut-être Paris, le rejoindre quelque fois en Angleterre, on a le temps mais le temps se fait morne. Je n'aime pas être comme ça, je n'ai plus l'habitude et j'ai peur que ce soit toujours ainsi, ce brouillard opaque anthracite qui enveloppe toute mon existence. Je ne lis plus, et je m'endors la nuit épuisée après avoir tenu jusqu'au bout, pour une finalité zéro. J'essaie de penser à des moments sympathiques à vivre mais n'en trouve pas beaucoup. Alors je m'ennuie et quand je m'ennuie ici je fume, ce qui fais que je fume beaucoup par habitude et l'habitude est ici besoin. Ou je prends des bains et dans l'eau brûlante je reste à lire des magazines jusqu'à ce que l'eau devienne tiède. Je ne sais même pas à quoi ressemblerait mon monde de bonheur parfait puisque je n'ai aucune idée de ce qui pourrait me procurer un plaisir continuel et de toute façon on en revient aux grandes idées philosophiques et je m'arrête de penser à ça. Parce que tous les livres ou les grandes thèses lus par plaisir ne sont au final qu'une aspiration à y trouver ce qui est moi, par exemple quand j'achetais des tas de livres de philo ce qui m'intéressait c'était d'apprendre qu'est-ce qu'était le Moi et les Autres, et tout ce qui me touche, ce sont des choses dans lesquelles je me retrouve ou je m'imagine aisément. Je ne sais pas ce qu'est apprécier pour le divertissement, et je n'aime pas par plaisir mais par projection. Cette phrase est très bien je trouve. Je n'aime pas par plaisir mais par projection. Et je n'aime pas ce moi de ces moments-ci, parce que dans ma conscience à nue dépouillée de tout il n'y a que du désespoir ou de la lucidité, je ne sais pas mais les yeux ouverts sur le vide tout fait peur. Je déteste être seule parce que quand je suis seule je ne suis plus que des pensées froides.



par Heela
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Samedi 7 juin 2008
Il est bientôt 03h00, et cette heure-là me paraît presque normale aux vues des horaires des derniers jours. J'ai lu entièrement le blog de cette oubliée qui ne poste plus, et qui me fascinait autant que je la méprisais. Les bloggers sont un peu difficiles à cerner pour certains, car les posts ne reflètent qu'un instantané. Elle avait posté une de ses conversations msn et j'ai eu envie d'essayer de la contacter, mais pour lui dire quoi. Salut j'ai eu l'impression de me lire dans ta conversation MSN soyons copines tu m'inviteras au Costes. Stupide. J'ai envoyé une dizaine de textos qui n'appellent aucune réponse puisqu'il dort.

C'est toujours ici, vers cette heure-ci, que je replonge dans un état d'entre-deux mondes. Je me demande s'il a refait un blog mais ça m'étonnerait, et je comprends mieux dans cette lucidité nocturne combien ce peut être dérangeant d'être en couple et de lire le blog de l'autre qui forcément nous échappe dans ces textes. La peur de la fuite, de l'abandon. C'est une mauvaise chose. J'écoute la musique étrange de Bat for Lashes, je trouve toujours le moyen d'écouter des bizarretés qui augmentent l'état dans lequel je suis

Je repense à toutes les choses que les gens ont pu me dire sur ma situation, le fait que j'avais de la chance, de partir là, d'avoir ces parents-là, etc etc. Mais au final au point de vue matériel qu'ais-je de plus qu'eux? J'ai moins d'amis que la plupart de mes amis (qui ne sont pas des amis), je sors moins souvent qu'eux, je m'éclate la gueule moins souvent qu'eux, j'ai moins de truc siglés qu'eux, je m'amuse aussi moins qu'eux. Dans le répertoire de leur portable, s'il leur arrive de déprimer (terme vague), ils n'ont que l'embarras du choix. Dans leur agenda, des sorties chaque semaine. Pendant que moi je traîne sur internet et écris que je traîne sur internet. Exaltant. Heureusement que j'ai suffisamment d'hypocrisie sociale et de peur d'être mal vue pour ne pas, justement, être mal vue. C'est toujours mieux d'être une nolife qui passe pour être une bringueuse délurée qu'être une nolife qui passe pour ce qu'elle est. Parce que les gens n'ont aucun respect d'autrui, du moins, les gens avec qui je traîne.



J'ai pas envie d'être à vendredi prochain sur mon stand pourri (dans l'hypothèse où il y aurait un stand et pitié sans micro sinon je meurs), à vanter les mérites du nouveau service de la Fnac. Oui je suis sociable, oui aucun problème. Mon cul. Souvent sur mes cvs je marque un truc du genre, pas textuellement hein, je suis ravie quand je peux mettre à profit mon grand sens de la communication. Mon cul 2. Le boulot que j'ai le mieux aimé faire c'était agent d'entretien (bonniche des chambres) parce que j'étais SEULE. Et qui dit seule dit tranquillité et quiétude. Oui mon grand sens de l'humour cynique ressort parfois ici t'as vu. Tout ça pour dire que je suis déjà malade d'angoisse de me retrouver à démarcher des gens qui n'en ont rien à foutre et je pourrais même pas avoir un bonus physique histoire de séduire le client vu que j'aurais la tenue des employés (pantalon et Tshirt). Et je ne porte les Tshirts qu'en pyjama parce que sinon ca ne me va pas. Et est-ce qu'ils auront du 34? Y aura-t-il oui ou non un micro? Interpeller les gens qui sortent ou qui rentrent?? Je fume clope sur clope avant de démarcher un employeur au téléphone, là avant le job il me faudra que je me patche de nicotine sur tout le corps. On a beau me répéter: penses à la paie après, ce n'est que deux jours, ou le plus réconfortant: dis-toi que les gens t'auront déjà oubliée le lendemain, rien à faire, j'ai la peur au ventre et sans dec', j'imagine comme cohérent le fait de boire deux ou trois verres avant d'y aller. Si t'es à V. et que t'as envie de voir Heela en employée à demi pompette, c'est l'occasion.

Et puis je ne peux pas refuser, primo parce que j'ai martelé d'une voix assurée que oui, j'accepte les conditions et que je ne ferais pas faux bond, deuxio parce que j'ai besoin de ces quelques dizaines d'euros pour renflouer un compte avant les soldes. Oui je sais. Non ce n'est pas pitoyable: tout le monde a besoin d'un salaire pour acheter quelque chose et ca m'étonnerait que toi ca soit pour faire un don à une ONG. J'aimerais un emploi où tu n'as pas besoin d'être en contact avec les gens, un genre de truc sans qualification où tu gagnes beaucoup en ne faisant pas grand'chose. Mais oui bien sûr, comme on dit: le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière. Sauf que cela n'existant pas, je suis obligée d'accepter n'importe quoi pour gagner mon pain mes fringues. J'angoisse, j'angoisse, et ça ne me mène à rien.

par Heela
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Vendredi 6 juin 2008
Je lis ce blog tout en fumant une clope, je suis allé en fin d'aprem chercher ce que j'avais commandé, le jean me va parfaitement, les sandales aussi quoique la lanière du talon est trop grande mais j'ai l'habitude, et j'ai envie de les porter tous les jours ce qui est stupide vu le temps merdique. Les talons sont relativement hauts et je sais d'avance ce que je vais ressentir quand je marcherais avec en ville. Ouais on est pas à Paris ici. J'ai hâte de recevoir les sandales argentées la semaine prochaine. En ville, les racailles et les vieux, les filles en dégriffé, les remarques et les barrières de construction: bienvenue à V. J'écoute Noir Désir très fort, j'avais presque oublié combien le rock était un conducteur d'adrénaline puissant, à force de replay tout le temps de l'electro ou du rap.

Je ne sais pas quel est mon état d'esprit, d'être rentrée. Elle disait que n'être plus seul, c'est ne plus avoir envie de l'être et je trouve ca très juste. Je ne veux plus jamais être seule, même si on ne peut pas dire que je l'ai vraiment été un jour. Je suis habillée comme en octobre, mais où va le monde? J'ai ressorti mon manteau d'hiver, j'angoisse pour la fin de semaine prochaine. Etre chargée de promotion Fnac d'accord, mais chargée de promotion Fnac toute seule?? J'ai l'impression que les jours passent très vite et j'ai été surprise de voir que seulement deux semaines et demi s'étaient écoulées depuis la fin des partiels. J'essaie d'être l'instigatrice d'une soirée pour demain soir, mais certains travaillent et d'autres ont des trucs de prévus, ca me saoule et on ne sait même pas si les bars à billard seront ouverts. On était chez eux hier soir et on a rien fait à part boire de la vodka en regardant des émissions débiles et ce matin en me levant j'étais encore plus fatiguée que quand je me suis endormie. Thats life. Je suis devenue une modeuse avertie, je sais même quelles ventes privées sont prévues avant même que les fashionistas les annoncent sur leur blog, et je me demande si, une fois passé le cap de la trentaine, elles s'arrêteront, fatiguées de parcourir les ventes presses juchées sur leurs Louboutins. Ouais, Louboutin. Je ne savais même pas que cette marque existait avant d'arriver de ce côté-là de la blogosphère.

En fait, j'ai trouvé le nom de mon humeur: maussade. Maussade comme le temps gris, maussade comme le vent froid, comme V., comme une semaine monotone et triste à pleurer (de frustration). Et c'est comme ça que j'ai compris à nouveau pourquoi une passion pour les fringues est inutile: une paire d'escarpins dénichée à un prix miracle, une merveille trouvée dans une friperie: une demi-seconde d'illumination, jusqu'à la retombée et l'envie de toujours trouver encore mieux, encore plus miraculeux. Comme des tox à la recherche d'un nouveau shoot. J'ai envie d'apprendre une nouvelle chose. Mais je ne sais pas quoi. Apprendre le langage des signes me botte que très moyennement, tout comme réviser mon anglais ou réapprendre mon allemand. Non, un truc nouveau, et je cherche encore
A défaut, je m'angoisse pour la semaine prochaine et j'ai envie plus que toute autre chose de noyer tout ça dans l'alcool, de revoir ces personnes et surtout, surtout, d'être avec lui.



par Heela
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Dimanche 1 juin 2008

Je passe ces journées, ces nuits, au ralenti, la fenêtre toujours ouverte sur les bruits du dehors et le ciel qui varie. La cendre dans une canette de Redbull grecque, en jean et Tshirt dont le tissu bleu pétrole en viscose se détend. Look casual. D'ailleurs pour cet été j'aspire vraiment à des fringues simples, sans prise de tête, à des matières fluides et des lignes épurées. Je me fais à l'idée que je ne travaillerais sûrement pas, et donc que je dois garder mes sous. C'est ainsi. J'ai hâte de rentrer à nouveau à Grenoble, même si ce ne sera que pour une semaine à ne rien faire, au moins je ne serais plus seule. Je mange les fraises des bois qui poussent dans le jardin, les cerises. Je rêvasse devant le clutch bag EDC, j'attends les soldes, je regarde le vernis qui s'écaille. Cette nuit j'ai rêvé que je me tirais une balle dans la tête, j'avais un trou béant sur le front, mais le sang coulait à peine et je me sentais à peine étourdie.

Avant, quand je voulais être styliste, je dessinais les modèles et les reproduisais en tissu sur un mannequin en bois. J'adorais JP Gaultier. Mais coudre me gonflait, j'ai toujours eu peur des machines à coudre résultat mes créations étaient faites à la va-vite. Tout comme mes peintures ou mes dessins, il faut que tout se finisse en moins d'une journée sinon je laisse tomber. Ce qui n'arrive jamais vu que je speed pour ne pas arriver à ce point de no limit. Toutes mes dissertations, mes devoirs sans brouillon, quitte à reprendre le travail sur une nouvelle copie. La lecture, où je fais ma centaine de pages à l'heure sinon plus. La rapidité me caractérise sur pas mal de trucs, et j'ai appris que quelques fois ca me prend en défaut. Mais j'ai changé un peu: aujourd'hui je prends dix minutes en début de partiel histoire de faire une ébauche de plan.



par Heela
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Samedi 31 mai 2008
En ce moment je n'écoute que le rap de Mickey Avalon ou Tribulations de LCD Soundsystem, comme pour exprimer l'état d'esprit dans lequel je suis. Aujourd'hui ma mère m'a offert la tunique Naf Naf, Lou m'a aperçue mais pas moi, cet après-midi on a acheté un polo pour l'anniversaire de mon grand-père et on s'est fait un restau sur un coup de tête. Je regarde les prix en Thaïlande et je calcule mentalement les choses à acheter (vu les prix de l'informatique, sûrement une DS Light, et un N95, un IPhone ou un Eeepc seraient même envisageables). Je me fais une petite liste mentale, c'est comme pour tout, je réfléchis tout le temps à des listes (liste de cadeaux d'anniversaire, de cadeaux à faire, et même liste de mariage). Je me demande d'ailleurs ce que j'aimerais avoir à mes vingt ans, il n'y a pas grand'chose dont j'ai besoin, ni même envie d'ailleurs. Si nous avions notre propre appartement, des trucs design (notamment de la collection Eva Solo, géniaux), mais voilà, pour l'instant je préfère me contenter des meubles pourris qu'on a, parce que je ne me sens pas véritablement chez moi. Je crois que je demanderais un aspirateur ou un week-end à Paris en désespoir de cause?

Des fois je me dis que les gens doivent se demander pourquoi je parle autant d'argent, de fringues, de trucs finalement très superficiels, très décevants de ma part. Mais vers quoi peut-on aller une fois qu'on a l'amour, le travail? C'est peut-être très prétentieux mais malgré tout assez vrai. On pourrait dire: plus d'amour, plus de travail. Je m'y attèle chaque jour, enfin peut-être pas tous, mais un peu quand même. Alors quelques fois, oui, je suis entièrement plongée dans un univers extatiquement frivole (quelles chaussures? Vais-je trouver une capeline à Bangkok? Encore deux semaines infinies avant les soldes!!). Le regard des gens réprouvent: adorer la mode, le shopping, c'est pour les fashions, les pouffes, les écervelées qui vont en boîte deux fois par semaine et qui prennent des photos la bouche en coeur sur leur skyblog.
Etre littéraire, une bloggeuse pure et dure, c'est parler de sentiments, de vraies valeurs, je ne sais quoi d'élevé, de profond. Etre soi-même quelqu'un d'élevé, de profond. D'irréel, d'inatteignable. Ou du moins le paraître. Mais je refuse cette dissociation, quitte à chuter d'un piédestal ou qu'on fasse des amalgames. Tant pis.

Comme elle vient
Comme on peut
C'est cruel et sans fard
Ça choisit pas, merci pour eux
Comme une flèche
Comme un pieux
C'est bon pour la mémoire
Ça vous fait quoi d'être au milieu ?


Je ne sais pas trop quoi faire. Lundi je ferais le pas décisif pour l'inscription en licence de droit à distance, mais je n'ai pas très envie de réviser le droit public. Ni de dresser une liste de fringues trop chères que je n'achèterais jamais, faut pas déconner, j'les trouverais bien sur Ebay. Chercher un job, écrire une lettre à N., faire une liste de choses à emporter le 15 juillet? Faire mon budget prévisionnel des trois mois à venir? Ce qui est bien avec les dingues du classement et de la planification des choses, c'est qu'ils trouvent toujours quelque chose à faire.

par Heela
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Vendredi 30 mai 2008

« Mais [le docteur de la Loi], voulant se justifier, dit à Jésus : "Et qui est mon prochain ?" Jésus reprit : "Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho et il tomba au milieu de brigands qui, après l'avoir dépouillé et roué de coups, s'en allèrent, le laissant à demi mort. Un prêtre vint à descendre par ce chemin-là ; il le vit et passa outre. Pareillement un Lévite, survenant en ce lieu, le vit et passa outre. Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui, le vit et fut pris de pitié. Il s'approcha, banda ses plaies, y versant de l'huile et du vin, puis le chargea sur sa propre monture, le mena à l'hôtellerie et prit soin de lui. Le lendemain, il tira deux deniers et les donna à l'hôtelier, en disant : "Prends soin de lui, et ce que tu auras dépensé en plus, je te le rembourserai, moi, à mon retour." Lequel de ces trois, à ton avis, s'est montré le prochain de l'homme tombé aux mains des brigands ?" Il dit : "Celui-là qui a exercé la miséricorde envers lui." Et Jésus lui dit : "Va, et toi aussi, fais de même". »


La première fois
où je l'ai vu, c'était au Nouvel an chez A. Je suis entrée dans la chambre où le monde s'entassait peu à peu et il était là à jouer de la guitare, avec ses cheveux mi-longs et sa dégaine négligée. Il m'a jetée un regard, peut-être interrogateur, et peut-être aussi quelques blagues dans la fumée qui envahissait la pièce, mais je crois que ce fut tout. Il m'a dit plus tard qu'il m'avait remarquée comme une jolie fille, mais du genre: laisse tomber aucune chance. J'étais avec G.

La deuxième fois, c'était sur MSN après ma petite scène ridicule en classe, A. l'avait prévenu que j'allais mal, parce que son rôle c'était un peu d'être le psy du groupe vers qui tout le monde se tourne quand quelque chose va pas. Ca a été l'une des premières conversations intéressantes que j'ai pu avoir, et où je parlais enfin à découvert et pas que sous le voile d'une carapace. On est devenu, disons, proches. Je flirtais avec lui comme avec n'importe qui. Il m'a dit plus tard qu'il pensait d'abord que j'étais une énième pseudo-dépressive, et cruelle avec ça, mais que conversation venant, il avait changé d'avis. J'étais avec son meilleur ami.

Les autres fois, c'était lors de sorties du groupe. On était chez lui et il était assis avec sa chemise bleue à carreaux, grunge toujours. B. m'embrassait et moi je voyais son regard, on se comprenait. Je n'avais rien à faire avec son meilleur ami, je n'avais aucun sentiment pour lui et la seule chose que je pouvais lui apporter c'était de la souffrance. J'ai quitté B.

La première fois que nous nous sommes vu en tant que couple, c'était deux jours après. A la St Valentin il m'a offert un collier magnifique. Je n'avais rien à lui offrir. Il était déjà amoureux de moi. En fin d'après-midi je l'ai quitté et collier au cou, je suis allée retrouver K. dans un bar. Je suis sortie avec K. Et c'est l'une des choses les plus monstrueuses que j'ai faites, et jamais je ne pourrais payer pour ca

La première soirée où nous nous sommes rendus ensemble, chez B.L., j'ai vu le visage de celui-ci se décomposer. Lui et M., en rivalité, se battaient pour m'avoir, j'avais enfin quitté B. et je n'étais déjà plus seule. Mais je n'avais aucun sentiment pour lui et la seule chose que je pouvais lui apporter c'était de la souffrance. Je me suis donné deux semaines, puis deux mois, puis trois pour le quitter. Il était de plus en plus amoureux fou.
Deux infidélités découvertes. Je pensais toujours à G. Tout le monde était contre moi mais il ne les écoutait pas

Pour la suite, on la connaît. A ce jour, le couple de B.L est l'un des plus stables avec le nôtre, M. a trouvé depuis peu son premier amour, ils vont emménager ensemble et sa copine m'adore. B. va aussi emménager avec la sienne. J'ai retrouvé K. par hasard, les discussions sont intéressantes. G. a toujours sa copine, mais il n'a pas changé.
Il n'y a aucune conclusion à en tirer. Ou peut-être: les gens évoluent? C'est étrange de repenser à cette époque. J'ai quelques carnets intimes pour me la rappeler précisément, mais tout est flouté. Je crois que j'aimais bien, que j'aime toujours, que les gens ont pu penser du mal de moi. Ca changeait l'image ouais, même si les bonnes âmes ne peuvent pas comprendre comment on peut aimer se faire cracher dessus le dos tourné.

Je ne sais pas qu'est-ce que je serais devenue si je l'avais quitté comme je l'ai fait avec tous les autres. J'aurais continué mon chemin dans les ténèbres, j'aurais enchaîné les histoires, aurais-je trouvé la rédemption avec un autre? La rédemption, ou l'histoire de la pècheresse et du bon samaritain.


par Heela
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Vendredi 30 mai 2008


Je regarde des pubs et des vidéos de choses que je n'aurais jamais. La tendance montante de ces dernières années est à l'apologie du luxe, une sorte de revival 80's. La seule chose qui me différencie des gamines jeunesse dorée qui crient sur tous les toits leur amour de l'argent, c'est que je n'aime pas les énormes sigles trop voyants (beauf) et que mon désir de luxe s'applique aussi à l'art. J'adore les intros des titres de Mickey Avalon. J'ai une soif immense de richesse, mais dans la vie, ma soeur et mes copines sont plus dans la course que moi. Elles s'achètent des hauts à soixante euros quand j'ai mal au coeur d'en dépenser quinze. Elles prennent des verres de vin blanc quand on sort, quand je me contente de clopes et à la limite d'une vodka glace, et je trouve tout trop cher. Toujours entre-deux mondes, j'ai toujours un peu honte de faire mes courses à Lidl et je sais me vanter subtilement par ailleurs. Pourquoi est-ce que je ne veux pas que les gens puissent croire que je suis pauvre? Tout cela est dérisoire, mais je fais partie de la génération matérialiste. J'aime penser à cet été, le spa et les hôtels 4*, mais je suis complètement fauchée et elles avec leurs bourses sont plus riches que moi chaque mois. Je me sens nulle de regarder les photos de ces filles qui jettent l'argent par les fenêtres et de crever de jalousie, de chercher à acheter plus cher comme si prix=valeur. Je me sens nulle quand je méprise elle ou elle, parce que sa famille a moins de moyens que la mienne, ou plus, et que je me sens quand même supérieure.
J'ai le vertige, parfois le démon de l'argent se réempare de moi et je repense à cette époque où je n'étais qu'une petite conne qui s'exclamait: quoi, vous n'avez pas de lave-vaisselle? Sans arrière-pensée. Alors que je ne suis qu'une fille normale de famille normale. Mais toutes ces années j'ai perdu le sens des valeurs foncières, et je vais à des extrêmes comme penser que partir en vacances au moins deux fois par an (ski et destination aquatique) est normal, ou que nous sommes d'une valeur supérieure aux autres. Comment penser dans tout ça? Comment relativiser, dans tout ce que je vois au dehors, les gens qui disent: ben oui t'es blindée de fric. Et par ailleurs entendre des histoires comme le mec qui découpe ses fringues Burberry par ennui, ou celle-ci qui fait le tour du monde chaque année.
Je me sens un peu désoeuvrée. Je crois que je suis une fille bien quand même, mais j'extrémise trop les côtés viciés. Je suis perdue ouais, mais t'inquiètes dans deux minutes deux heures demain je serais à nouveau sur pied. Telle est notre destinée, entre courants, flux et reflux, on arrête là la niaiserie imagée. A être caméléon, la peau ne sait plus qui elle est. La plupart des gens ont une image inchangée: c'est une pétasse, c'est un con, c'est un gentil garçon, c'est un battant, c'est une bonne vivante. Mais moi? Chaque avis diffère selon chaque personne. Et je fais avec parce que c'est ce que j'ai voulu, ce que je veux.

Elle m'a envoyé un texto où elle me disait que j'étais une véritable amie pour elle, et ca faisait longtemps qu'on ne m'avais pas redit ça. Même si je sais très bien ce que chacun(e) a voulu dire quand elle/il m'a dit ça, peu importe, j'en suis fière quand même à chaque fois. L'amour des gens
Et ils pourront très bien me dire: à quoi ca te servira plus tard d'avoir une belle voiture pour te la péter? Cela va-t-il t'apporter les vraies valeurs de la vie? Ca ne servira à rien car j'ai déjà tout analysé. Et ils n'ont peut-être pas le vrai amour eux, pourquoi chercher à moraliser les autres quand soi-même on est si vide, vide, vide? Encore une fois je joue, on pourrait surligner les phrases où l'envie de combattre transparaît et peut-être aussi la duplicité. Je parle dans le vide pour des choses qu'on ne dit pas aux vraies personnes, même celles qui comptent. Il n'y a pas de réponse ni de débat à apporter, je resterai seule en moi-même. Est-ce que les mots virtuels reflètent la sincérité, la douleur? Y-a-t-il des gens dont la conversation m'aura intéressée plus de quelques instants? Mon intérêt pour les choses et les personnes s'éteint peu à peu chaque fois, jusqu'à ce que je retrouve des choses vivantes et nouvelles. Je veux qu'ils me parlent mais ils restent muets et j'en suis emmurée. Ce qui est bien c'est qu'en mourrant je ne pourrais pas me dire: pourquoi personne ne m'a jamais aimée? Pas comme cette héroïne dans Dead Like Me, la blonde écervelée si triste à l'intérieur. Parce qu'il m'aime dans mon entier, pas morceaux par morceaux comme tous ces gens. De tous les couples qui roucoulent aujourd'hui, combien demain disloqués? Qu'est-ce qui t'intéresse dans ma vie, toi qui ne peux t'empêcher d'ouvrir ma page chaque matin? Mon flow, ma gueule, le côté mouvementé morne? Quelle importance, petits cailloux sur le chemin. Pourquoi les gens se rangent-ils tous dans de jolies cases? Je pourrais empiler des cartons de ces filles ennuyeuses, gentilles rangées bien cadrées, fades sans saveur qui croient que leur vie est parfois pimentée. Je les déteste, elles sont écrasantes d'ennui. Tu te dis: moi aussi. Mais je parle peut-être de toi? Encore un trait fléché, provocation gratuite, je retire. Je ne sais pas ce qui est le pire, ces saintes-nitouches touche-pipi ou les cailleras au gros cul qui hurlent fort dans leur LG Shine imprimé léopard. Vulgarité mon dieu. Encore une fois.

N'oublies jamais: le futile a ses charmes.



par Heela
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Mercredi 28 mai 2008

P
our aider A. j'ai regardé ce que j'avais pour l'art moderne, j'avais tout rangé dans des pochettes marquées, Cours Art, et de feuilleter à nouveau les pages tapées à l'ordinateur, la classification des choses, a fait disparaître la nervosité un instant. Qu'est-ce qui me fait peur de rentrer? Je le sais pertinemment. On saura vendredi si oui ou non la réservation pour la Thaïlande est confirmée, et je ne suis même pas contente d'y aller, ou alors juste pour les photos à prendre et le bronzage à absorber. Les gens peuvent se classer selon leurs moyens. Moyens aisés: blasés. Moyens richissimes: ultra-blasés. Je dis ça mais mes trois comptes en banque sont vides, je bouffe une fois par jour en ce moment et je me prostitue en lettres de motivation pour des employeurs qui n'en ont rien à foutre. Je me tiens à votre disposition pour tout renseignement supplémentaire comme par exemple: pourquoi voulez-vous travailler chez nous? Pourquoi voulez-vous vendre des produits alimentaires ou étiqueter des fringues? Parce que je dois renouveller ma garde-robe et plutôt crever que de réclamer et d'entendre encore une fois mon père dire que je ne sais pas gérer l'argent car c'est le cas. Je ne suis jamais retournée chez JNY après y avoir bossé, tant de médiocrité et de pute de manager qui croyait être la reine du monde avec son revenu de 1800euros bruts par mois, et moi avec mon marqueur et les cintres au bout de bras j'avais envie de lui rire au nez. Je te l'ai bien dit: en ce moment mes nerfs étranglent tout ce qui bouge. Elles deux me donnaient des nouvelles de M., et c'est là que j'ai appris qu'elle était une gosse de riche moi qui croyait que son air prétentieux était plus prolo que bobo. Bon cette nouvelle va moins t'étonner que nous alors, parce que nous on l'avait mis sur un piédestal. Elle a été cocue et larguée! Elle est riche, elle se la pète, elle a tout pour elle et pourtant elle a été larguée! Je serais toujours choquée de voir que les filles qui m'entourent sont des putes, sous leurs airs innocents et fleur bleue, se cachent des starlettes en rémission assoiffées de pouvoir. Ton mec est comment? Le terme de musclé vient en premier, ensuite: il a une super baraque et une voiture. Les femmes cherchent l'amour, mais l'amour doté de la CB Visa Gold s'il vous plaît. Vu qu'il a une piscine et des polos Ralph Lauren, c'est forçé, c'est l'homme de ma vie. Bande d'hypocrites.

Suis-je snob ou est-ce les autres? Qui de nous est le plus requin? Est-ce pire de demander un hôtel bon standing pour les vacances plutôt qu'un camping ou vouloir se payer une TV full HD 128990pouces alors qu'une normale convient très bien? Pourquoi y a-t-il de l'aigreur et de la rancoeur mêlée à de l'admiration amère quand elle raconte qu'elle a une copine pétée de thunes avec une maison de ouf et des habits de marque de ouf? Argent, considération, qui n'en veut pas? Te sens-tu toujours aimé pour ce que tu es vraiment? Relis les passages sur L'être et l'autrui, ouvre les yeux sur un côté du monde
Les jeunes filles dans le monde entier s'arrachent ses images Panini
Mais Léguman s'en bat les couilles - car il roule en Lamborghini

Les gens te considèrent selon tes moyens. Mais ce n'est pas mon cas! Dans ce cas tu es un peu niaiseux qui sait? Tu savais que les assistantes sociales méprisaient les familles riches qui ont des problèmes? Le bruit qui coure derrière les murs: tiens t'es plus riche que moi et le malheur te frappe, bien profond dans ton petit cul, ca t'apprendra à être plus riche que moi.
C'est pour ça qu'il faut être toujours meilleur pour prouver la valeur de ta chair élastique. Dans la course au cursus, reste toujours bien considéré, car elles te taillent si tu rates quelque chose. Mépris ou admiration, fais ton choix, tu sais lequel choisir.
Quoi de neuf dans notre pays? Les gens deviennent de plus en plus racistes et pourtant la grande majorité de mes amis sont gauchistes, mais ne nous voilons pas l'esprit: j'ai des amis gauchos prolos et ma soeur certains de ses amis de ce fameux lycée privé, beaucoup de sarkozystes et il y a quelque chose qui pourrit dans l'air ou alors ce sont les bruits électroniques TTC qui me brouillent l'esprit
Je critique je critique, mais c'est parce que je suis en plein dedans voyons et c'est donc mon droit. Je critique mais j'aime ça, le côté pute du social. Chère Heela, parfois tu deviens prétentieuse, mais que t'arrive-t-il??? Reviens, parle-nous de grands sentiments avec de belles phrases mélancoliques!!!! Je critique, je critique, parce que je ne vaux pas mieux que ce que je démonte: dans tous les groupes côtoyés je suis même la plus mauvaise fille. Est-ce du réalisme, m'en glorifie-je?
Qui fait la loi dans le compartiment légume du réfrigérateur? Qui peut prédire leur comportement face à un élément perturbateur?


par Heela
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Mercredi 28 mai 2008

Premier rêve. On est dans un bus où sont réunis tous mes cousins (même si ce sont des visages inconnus) et on joue à épeller les prénoms qu'on connaît pas, et une fille de l'autre rangée nous lance un nom incompréhensible et mes copines de devant chuchote qu'elle fait ca parce qu'elle me déteste, que l'année dernière à la réunion de famille j'avais été une salope avec elle alors qu'elle m'adorait, et depuis elle me haïssait.
On prend un chemin enneigé dans la montagne, et on arrive à une villa gigantesque et je sais que c'est celle du richissime excentrique qui avant de mourir a mis son domaine à vendre mais la maison était un bordel de styles en tout genre, de mélanges, et que personne avait voulu l'acheter.
On y entre et je ne me souviens plus trop, mais il faut résoudre une énigme mortelle, et vu que j'ai déjà joué au même défi auparavant je la résoud et le maître de maison, un jeune bizarre, me félicite. On prend un repas tous avec lui, mais deux filles le tapent sur les nerfs alors dans leur soupe comme par hasard elles trouvent chacune une jambe de poupée barbie (vivante) déchiquetée, et tout au fond du plat, des poils pubiens
Dans un autre rêve, je suis toujours avec mes deux copines, on est dans une piscine fermée et une autre nous rejoint, mais c'est son fantôme car elle a fait une chute mortelle en venant
Dans un autre rêve, je suis dans une loge et nous sommes au Lido, on se prépare pour le show et une copine sort et lance un baiser à l'assemblée des admirateurs qui attendent devant, et on doit se faire un chignon et je pique des accessoires à la fille qui ne m'aime pas


Je n'ai pas envie de rentrer à V., cette ville me saoûle et les gens croisés dans ses rues encore plus, V. est une ville pauvre où les filles en bande se prennent pour des beautés alors que leurs leggins les boudinent et elles croient que leur seul vêtement de marque (une ceinture, un sac de marque que xxx ont) va faire illusion qu'elles ne sont pas des grosses beaufs. Elles parlent mal, rient trop fort, et te scrutent d'un air méchant quand tu as le malheur d'être mieux habillée qu'elle, ce qui est le cas. Et toutes ces racailles qui ont rien à foutre de leur vie qui glandent devant le centre V.H et qui suivent les lignes de string des meufs potables qui les croisent, et les arrêts de bus où ils s'entassent tous et tout le monde habillé pareil et qui dévisage tout le monde, et les magasins où il n'y a rien, et les bibliothèques où il n'y a rien, et tout le monde se donne RDV à Zara parce que c'est un évènement extraordinaire, que ce magasin vienne s'implanter ici. Ouais et après on va aller boire un coup et remonter trois ou quatre fois l'avenue parce que le centre-ville se résume à ça. On m'a redit que j'étais une fille brutale dans ses mots, je dis ce que je pense et je t'emmerde. Je crois que le fait de ne rien foutre de ma vie à part sortir, dormir ou rester sur le net, les vacances quoi, ont une mauvaise influence. Il faut vite que je me trouve quelque chose à faire, à travailler, parce que de jours en jours j'aiguise mes crocs et que je les plante dans tout ce qui bouge. Ne rien faire est l'activité préférée de pas mal de gens mais ne rien faire c'est comme mourir et perdre du temps: tu fous rien t'es un gros branleur et moi je n'ai pas de temps à perdre avec des personnes de ce genre-là. Et au lieu de profiter du fait que je me lève à 15h, que je glande, j'ai envie de confrontation, et s'il y en a qui ont le malheur de se mettre au travers de mon chemin je suis prête à les exploser.


par Heela
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Mardi 27 mai 2008
Ce matin à six heure je marchais dans les rues de la ville, on avait couru pour qu'elles ne ratent pas le premier train, et le jour se levait par degrés, je marchais dans les rues de la ville et il y avait les éboueurs, le service propreté du tram, des gens qui arrivaient pour ouvrir leurs boutiques, remplacer les affiches des buralistes. Je marchais dans les rues de la ville et le ciel était en dégradé de pâles, et en screen de fond les montagnes aux cîmes enneigées, quelques gouttes de pluie, c'était fantastique, je me sentais bien malgré la brûlure des yeux et un mal de tête encotonné.
En souvenir, Martin Solveig et sa veste en cuir et la foule compressée, nous à quelques mètres et tout le monde hurlant C'est la vie, puis Adam Levine et Maroon 5, et les américaines de Chicago qui suivaient le groupe à chaque date, leur show cent fois meilleur que les chansons en clip ou en format MP3. La foule tout autour compacte et hurlante, les yeux levés je regardais les gouttes de pluie tomber enluminées par le faisceau des spots. Et puis cinq heures de discussion et de révélations étonnantes avec lesquelles chacune d'entre nous aura pris quelque chose pour son compte. C'était tout simplement génial même si le concert aurait pu l'être plus, mais je retiens l'alcool, ce n'est pas grave

Je viens de me lever, sur la table des vestiges, verres et bouteilles, le ciel dehors grisâtre, des choses à faire, à prévoir, et peut-être une nouvelle soirée ce soir, on verra. J'aurais appris quelque chose en quelques heures, et c'est tout ce qui compte



par Heela
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Dimanche 25 mai 2008


Hier j'ai fait un rêve avec des Chupa Chups et aujourd'hui un autre où j'étais en prison, il y avait toute une intrigue que j'ai oubliée, juste une séquence avec un garde cruel qui m'écorchait avec son ongle mon visage en me disant: tu as un grain de beauté, je vais l'enlever, et ensuite il me giflait. Bref. Je me suis endormie hier enfin avant-hier à une soirée après un joint, c'était pathétique, je suis trop une vieille, heureusement que le concert de lundi sera une gigantesque orgie pour oublier ma pathétique prestation. Je dois me préoccuper de certaines choses mais c'est avec un certain ravissement que je dors à des heures indûes, que je mange un peu n'importe quand et que je traîne la journée sur des sites de fringues. Je suis une fille chiante, je régis tout selon mes aspirations et quand quelque chose dévie de la route je pète un câble, comme si un peu je possédais la vérité universelle. Il y a peu j'ai appris que M. nous considérait moi et ma soeur comme ses idoles. On apprend à la longue à reconnaître les caractéristiques des gens que l'on attire. Et ce n'est pas si glorifiant.


Cette fille débile est revenue me parler de sa vie: mais qu'est-ce que j'en ai à foutre? Et comme je suis une fille gentille je fais ce que j'ai toujours admirablement fait: j'écoute d'une oreille complaisante. Mes valeurs sont viciées: je te l'accorde. Mais les gens se foutent de ce que tu penses, ce qu'ils veulent, c'est parler, parler. Et profiter de ce que tu peux leur apporter. Mais ils connaissent toujours la réponse. Je suis là comme un espèce de déversoir pour des gens débiles qui ne savent pas s'y prendre avec leur vie alors que la mienne est jolie. Mais ils n’écoutent pas vraiment la réponse à leurs problèmes, ou ils crachent dessus. Beaucoup de garçons ont une certaine méfiance à mon égard et des fois je désespère qu'ils ne me voient pas comme une fille calme, posée et réfléchie. C'est comme ca qu'ils préfèrent ma soeur: les filles sécurisantes sont celles qui suivent le mouvement, rient quand il faut, parlent quand il faut et balançent les blagues au bon moment. Celles qui posent sur le monde un regard neutre et sympathique, en l'attente de quelque chose. Ils aiment les filles qui ne font pas de remous, des filles à protéger ca c'est sûr, réservées sans être coincées, des jolies élégantes qui n'en font pas trop. Mais je n'ai jamais réagi comme ça, je suis dans la confrontation, la crudité et la cruauté du moment. Trop cynique, trop caustique, dans l'excès, en tout. Mais c'est paradoxalement comme ça que tous ceux qui m'ont bien aimé sont restés contrairement aux autres qui adulaient ces filles. Les filles sympas sans histoires lassent, celles qui schizophrénisent leur vie ont plus de piquant, leur goût sur la langue reste plus longtemps.


Ma vie a un certain côté clinquant, exubérant et artificiel, que les intellectuels qui me prenaient en haute estime méprisent: tu es immature, matérialiste, consumériste, idiote, prétentieuse au dernier degré en plus. Mais vivre comme un sage lucide et désséché c'est nul: pourquoi lire et exposer de grandes idées, savoir un peu de l'humain, confineraient les gens dans une élite, de hautes sphères inaccessibles? Tu es un sale snob, et tu n'as pas changé depuis l'époque où je te côtoyais, ça non. Tu as certainement acquis une grande sagesse, quoique le terme est assez nébuleux, tu me surpasses certainement dans des idées, des acquis, des valeurs de vie. Mais on s'en fout: l'important c'est de vivre heureux. L'es-tu? Moi je le suis. Nous pouvons très bien nous revoir, car tu aspires à te confronter à mes idées pour bien les écraser. Et ainsi savoir que tu ne me dois rien, que je suis une sale merde dans sa misérable vie. Tu es irrémédiablement attiré par la déchéance de l'esprit que je représente à tes yeux, et tu as le besoin de te confier à ma lucidité comme un miroir. Moi je m'en fous, je me rappelle très bien nos échanges, mon ressenti envers ce que tu es n'a pas changé. Et tu as raison quand tu dis que nous ne serons jamais faits pour être amis. Je jongle trop. Nous sommes différents.

La vie n'est jamais simple et nous aspirons tous, moi plus que quiconque, à la ranger dans de petites cases bien définies. Mais ce n'est jamais suffisant, dieu merci.

A part ça, ayant réfléchi, je me fais à l'idée que  Eva Green se rapproche plus de mon idéal de la beauté, plus qu'Asia Argento ou Angelina Jolie même. Toutes mes idéales ont quelque chose dans le regard qui perce, une ambiguïté trouble. L'aspect léché des égéries des autres, comme Scarlet Johannsson, me laissent complètement froide et indifférente, elles ont ce truc de trop vu et revu pour toucher. Si toi tu ressembles à Eva Green, soit sûre d'une chose: tu es d'ores et déjà mon amie pour la vie.



par Heela
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