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Read me in July

Derniers achats:
- Microfictions, R.Jauffret
- La confusion des sentiments, S.Zweig

Pour la Thaïlande:
- Histoire des institutions publiques de la France,
M. et P.Mathieu
- Antimanuel de droit, E.Pierrat
- Microfictions

Already read:
- La confusion des sentiments
- L'homme à l'autographe, Z.Smith

Run, run, run

Entends-tu le chant des hommes qui courent après l'amour ?
Ce bruit sourd résonne nuit après nuit, jour après jour.

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Samedi 12 janvier 2008
Cover-Moriarty-def-medium.jpgJ'ai été contente de ma journée de cours d'hier.

On a rendu notre explication de texte (qui est apparemment un commentaire composé, c'est bien ma veine) et j'ai combattu la théorie de la prof, selon laquelle Gregor en crevant misérablement avait une "belle mort", et se "réconciliait" avec sa famille. Alors que, en plus de trouver ce livre parfaitement malsain, je pense qu'il n'y a pas vraiment de réconciliation parce que Gregor est un être faible, dans la lignée des soumis (propres à Kafka et qui sont le produit de sa relation avec son père), comme le héros du Verdict, qui aiment d'une façon maso leur famille-persécuteurs. Bref, on était pas d'accord mais je fais la paix avec cette prof que je n'aurais pas de toute façon au semestre prochain. Et j'aime pas Kafka et ses personnages, il y a trop de malaise au niveau psychologique.

Et puis il y a eu informatique, on est passées en 2e et malgré un cafouillage (comment mettre le menu à droite sans empiéter sur le corps du doc?), je pense qu'on aura une bonne note pour notre site web.
On est sorties en avance, et on a révisé l'art moderne à la BU. Le partiel d'art a duré 3h, et c'est bien la première fois que je mets presque une heure à faire un plan (je n'en fait jamais), et écrire jusqu'à la dernière minute des minutes, d'ailleurs j'ai cru avoir une paralysie du poignet tellement je n'ai pas fait de pause en trois fois soixante minutes.
Le sujet était plaisant ("L'abandon du maniérisme et la reconquête de la nature au XVIIe siècle: les protagonistes, les caractères de leurs recherches, l'évolution du débat historiographique") et malgré quelques petites déviations dans mon écrit (le baroque m'inspire grandement), j'ai pu presque tout caser, de la Contre-Réforme à l'art du Baroche, les nouvelles iconographies, Bernin, les Caravagesques et les Carrache, leur école de Bologne avec le classicisme, l'émergence du marché de l'art avec la peinture de genre et les Flamands. C'était chouette, mais j'en suis sortie vidée.

J'ai été réveillée par quelqu'un qui se trompait de numéro, et puis par un texto de ma mère qui me disait qu'ils me viraient 50euros en plus pour les soldes, et c'est dans les moments comme ca que je réalise combien j'ai de la chance, d'avoir une famille comme ca, surtout après avoir vu hier soir un reportage sur les jeunes qui vivaient dans la rue. Tout comme d'avoir parlé avec une fille, qui ne fait que bosser pour payer son appart et ses études, et qui vit avec 60euros par mois. Je n'arrive même pas à imaginer, à vrai dire.

Au programme d'aujourd'hui je dois finir de recopier mes notes d'art antique, et lire trois bouquins d'art romain. Mais avant de recommencer les révisions, je vais faire les soldes même s'il fait moche et qu'il a un peu neigé, et qu'il y aura trop de gens en ville.

MP3: Moriarty - Cottonflower

par Heela
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Mercredi 9 janvier 2008
Of-Lust-and-Fire-by-stealyoursoul.jpg
Okay aujourd'hui était l'ouverture des soldes
, hier dans le tram je me demandais quand ils allaient mettre les pancartes en grand, et aujourd'hui c'était affiché partout. J'ai cédé (et pourtant dieu sait comme il est plus judicieux d'attendre au moins une semaine et demie pour aller faire des bonnes affaires), et j'ai fait les soldes. A la Fnac.

J'ai donc fait l'acquisition
de 2 pochettes cadeaux utiles pour plus tard, d'un livre Taschen sur l'art romain, d'un autre sur La peinture, de la Renaissance à nos jours, et d'un livre de poésie d'un auteur que je ne connaissais pas (Les logis provisoires, d'Armen Lubin). Tout cela à des prix imbattables bien sûr, et j'ai dû me forcer pour ne pas prendre un autre carnet (hier je me suis offert un grand carnet Moleskine), un livre de droit sur les assurances, un autre sur les droits de succession (sujets intéressants), et d'un sur de la sociologie. Ce qui m'a choquée, c'est Belle du Seigneur bradé à 2euros et j'ai failli (je crains) me dire: "rachetons-le".

J'ai aussi un mois pour réunir les cadeaux pour ses 19 ans, j'ai une idée plutôt mignonne en tête (ou totalement niaise, au choix, mais dans tous les cas, coûteuse) mais ca serait bête que tu jettes un coup d'oeil ici pendant que je dévoile tout.

Je révise beaucoup l'art moderne, je me trimbale mon dossier dans le tram, en cours, dans mon bain, et je lis, je révise.
En Histoire littéraire les trois-quart de l'amphi ne connaissait pas la Carte du Tendre de Scudéry, et j'ai trouvé ca assez , affligeant? Criant de vérité sur la fac? Et ca me révolte qu'au partiel de la semaine prochaine il n'y aura pas de questions sur les courants, le burlesque et la préciosité, tout ça, parce qu'on a eu que trois cours et que le partiel ca sera du recrachage de par-coeur sur le narratif du XVIIe, c'est même pas le quart des notes que j'avais fait cet été. La fac c'est vraiment de la merde en plus j'ai eu encore un 7 en commentaire composé mais j'ai enfin compris qu'est-ce qu'il fallait faire. Heureusement que le semestre prochain, c'est 100% dissertation.

A part ca, plus que, voyons, les deux oraux et le partiel d'art vendredi,  et 5 autres partiels échelonnés sur deux semaines, ca va. Les seules personnes du campus que je connaisse perdent pied, se noient ou sont paralysés par l'apathie universitaire,
mais moi je pense à plus tard, je sèche toujours des cours, mais travaille à mon parcours.


MP3: M83 - Teen Angst

par Heela
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Lundi 7 janvier 2008
fond.jpg
J'avais oublié dans mes préoccupations du moment (comment me forcer à apprendre les termes informatiques, refaire le site internet, réviser l'histoire de l'art) que les soldes étaient imminentes.

Pour fêter ça, je me suis offert joyeusement une nouvelle sacoche d'ordinateur portable sur Cdiscount et attends le coeur battant le jour fatidique (de toute façon je n'irais pas le jour J vu que je finis les cours à 19h30), avec une petite pointe d'apréhension (ce mois-ci, je consacre 50euros à la partie loisirs, ce qui en clair sera le double vu l'évènement attendu)

Mais en y réfléchissant je n'ai besoin de rien, pas l'envie de grand'chose, mais comme toute acheteuse légèrement accro à la CB, acheter est une thérapie minime comblant l'absurdité existentielle. (Piètre excuse)

Et dans un mois, il y a la foire d'art contemporain ARTénim à Alpexpo, chouette.

PS: a Noël je me suis offert un carnet sublime un de la collection PaperBlanks, avec couverture représentant une tête de femme par Léonard de Vinci, la reliure est "cousue main", le papier est un "papier pour archives sans acide" avec "pochette pour mémos", et je me sens paralysée devant cette splendeur. J'ai peur de gâcher ces pages mais quoi écrire? Que ca soit un carnet à histoires, dessins, mémos de toute sorte, sur un sujet spécifique?
Ma vie est un noeud de dilemmes trop cruels je sais.

Edit 2min. après: ce carnet sera dédié à ma vie culturelle, il contiendra réflexions sur expositions, choses utiles à se rappeler, tickets de toutes sortes, petits croquis, idées sur le vif, etc. Heureusement que certains dilemmes se résolvent d'eux-mêmes.

MP3: BB Brunes - Le Gang

par Heela
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Dimanche 6 janvier 2008

...

J'ai envoyé un email à une artiste (au parcours intéressant sur le plan utile pour moi) qui tient une galerie et donne des cours, je téléphonerais au musée de Grenoble pour savoir les modalités pour un stage les mois prochains dans le secteur du service culturel, dans quelques semaines il y aura des conférences intéressantes d'histoire de l'art,
et je révise (lis) les cours d'informatique qui sont finalement intéressants (j'ai enfin compris ce qu'était un protocole, ce que signifiait HTTP et le P2P).

Et cette montée d'envie de travail vient du fait que j'ai lu dans mon bain la brochure La face cachée des entreprises qui me donne envie de me défoncer pour plus tard.
Mais c'est une évidence, ca va vite retomber.


MP3: The Bloodhound Gang - Uhn Tiss Uhn Tiss

par Heela
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Samedi 5 janvier 2008
Il est 20h24 et je vais finir pour la deuxième ou troisième fois Les yeux jaunes des crocodiles et je me sens désemparée. J'ai fini de préparer l'oral de LGC mais mon cerveau se refuse à admettre que dans deux jours il y a le partiel d'informatique avec les termes techniques qui me laissent froide, comme si je m'intéressais aux protocoles, au FTP, même si en gros je sais techniquement faire, je n'ai pas les termes techniques de l'utilisation et je m'en fous. J'écoute Madredeus et je repense au mec qui a refait en speed painting la Déposition de Caravage et je suis mordue par la jalousie. Cinq jours de travail résumées en 7 minutes, sur l'air d' O Pastor, les lignes blanches du début métamorphosées en tableau de génie.
Dix-sept personnes connectées et aucune fenêtre de conversation qui s'ouvre, et pour dire quoi?

"Les petites choses de la vie me reposent. C'est ce qui manque à Iris. Elle ne tient à la vie que par des choses artificielles, sans racines, alors, à la moindre contrariété, elle perd pied."

J'ai encore rêvé cette nuit, mais je ne me souviens pas. Au lieu de réviser, elle relit un gros livre, et pourquoi l'école n'en tiendrait pas compte? Qu'est-ce qui vaut le mieux? Il y a des jours mornes, où la vie n'est qu'une succession de faits déjà répétés, et où l'absurdité existentielle se révèle dans toute sa splendeur. J'ai toujours le réflexe, d'écrire, existenciel. Et des fois je mets des s à des formes verbales, je n'ai jamais retenu où il fallait en mettre ou pas. J'aime bien prononcer des mots à l'oral que je n'avais utilisés qu'à l'écrit, ils en deviennent grotesques.

Je n'avais pas encore envisagé le fait que j'étais peut-être une fille brusque, des fois. Haineuse, hautaine, cruelle, méprisante, douce, gentille, généreuse, prétentieuse, timide, sympathique, froide, on me les a toujours dit et répétés, mais jamais encore ce terme de brusque, dans mes gestes, des fois.
Tu es une fille intéressante. Tu es la fille la plus intéressante que j'ai rencontré dans ma vie. Mais tu dois être blasée d'entendre ca. Oui, merci, mais c'est flatteur quand même, au revoir. Etre intéressante, en fait, c'est avoir des faces plurielles, des choses qui ne se révèlent que graduellement aux yeux des gens. Mais quand ils me disent, tu es intéressante, je réponds dans ma tête, c'est parce que tu ne sais pas.  Etre intéressante, c'est, pour ce qui est de moi-même, avoir une dose de culture, une pincée de provocation qui cachent toute cette peinture du sombre. Intéressant est vide, et de connaître ce qui t'intéresse, tu t'enfuirais auprès des gens que tu qualifierais de banals.
Je suis fatiguée et je n'aime pas ce que je relis, j'écris n'importe quoi et la fuite des heures la nuit qui s'abat sur les choses et les êtres qui s'endorment. S'endormir, des fois, c'est la mort et j'ai peur de la solitude. Qu'il se réveille, et la vie bouge un peu plus. Il a les yeux fermés, et c'est son être qui m'échappe, Sartre ou Finkelkraut je ne sais plus. Il dort et j'ai peur de ma solitude.


MP3: Madredeus - O Pastor

par Heela
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Vendredi 4 janvier 2008
J'ai encore rêvé cette nuit, je rêve beaucoup en ce moment, comme l'autre fois, qui m'a marquée parce que la scène était saisissante. J'étais dans une classe et la prof était mon ancienne prof de philo. Des petits garçons entraient et pour les mettre en confiance elle leur présentait un des élèves, un plus petit que les autres, et celui-ci témoignait avec un grand sourire sur les jeux auquel son copain le soumettait, et elle le félicitait et disait aux autres qu'il fallait faire pareil et j'étais révoltée et c'était la fin du cours et je me dressais contre elle en disant que c'était inadmissible, d'élever comme acte d'intégration des jeux qui s'apparentaient plus à des martyrisations enfantines cruelles, et durant ma diatribe je la voyais s'effondrer peu à peu, et à la fin elle avait les larmes aux yeux, elle pleurait recroquevillée dans un coin, et j'étais toujours en colère et je m'apercevais que presque tous les élèves étaient déjà partis et je me demandais pourquoi ils n'étaient pas restés et je n'avais pas envie d'aller vers elle lui parler plus posément
J'aime bien mes rêves que je trouve intéressants du point de vue du contenu latent, et je garde soigneusement sur le blog, ou par écrit, les plus incroyables, ceux que je n'oublie pas même deux ou trois ans après, ils sont peu nombreux mais assez époustouflants dans la forme, et peut-être aussi dans le fond. Ceux dans lesquels je fuis éternellement, les rêves-cauchemards et toute la palette des ressentis, les acteurs des scènes, les poursuivants et les autres. J'aime bien rêver.

Je travaille un peu en me forçant un peu aussi, à vrai dire je me concentre sur l'art baroque en occultant le reste (et le partiel d'informatique lundi, l'oral en LGC). L'histoire de l'art est un secteur où je m'investis plus profondément qu'en lettres, et il est donc normal que je pense avec un mélange d'espoir et d'apréhension au concours de l'EAC. Parce que si recalée, je n'ai pas vraiment d'autres perspectives d'écoles ou de domaine où aller après ma licence, et il est hors de question que je croupisse à la fac, et finir comme la pute d'LGC qui prépare sa thèse depuis 5 ans, qui a des mèches blanches à 35ans et qui ne m'aime pas (et c'est réciproque).

Et je regarde les vidéos de speed painting sur youtube et ma tablette graphique me fait de l'oeil mais je sais que  je n'ai pas la patience des mecs qui planchent pendant dix heures sur des ombres du visage dans photoshop et ca m'angoisse, que je n'ai pas la motivation pour être patiente.
Je dessine en moins de ving minutes un sujet comme je lis un livre d'une traite (le dernier Harry Potter m'a pris 5 heures, Attirances une heure seulement), je n'arrive pas à faire ces choses posément, et si je les laisse inachevés, je ne les remanie jamais.

A faire, donc:

- finir la préparation de l'oral de LGC sur l'épilogue de l'Etranger
- recopier les cours d'art moderne (et réviser par la même occasion)
- imprimer les fiches d'informatique (et réviser par la même occasion)
- télécharger Photoshop pour m'essayer au dessin en tablette graphique
- finir le DM d'anglais
- regarder les 5 épisodes de la saison 3 de Weeds

Blabla.

MP3: Zazie - Je suis un homme

par Heela
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Dimanche 30 décembre 2007
Je flotte dans une semi-réalité et j'ai foi dans l'alcool de lundi soir pour me réveiller. Ma chambre a une odeur de cigarette refroidie, d'air froid du dehors et de la chaleur radiateur, je n'écoute que de la trance ou de la techno, je lis Gombrich (très agréable) et je viens de finir Attirances de Cauwelaert, qui m'a encore plus transposée dans une irréalité de passage.
Il est minuit passé et je me rends compte qu'ils dorment tous, que c'est la pause de nuit et que tout se fige, je ne m'en étais même pas rendue compte. Tout comme le fait que certains livres me plongent dans un état proche de ceux qui fument, comme si ma weed à moi était entre des pages imprimées à la chaîne, que j'effritais les mots pour en inhaler la substance. Qui m'envoyait planer dans un coma transparent.
J'attends des messages des gens espérés, et en reçois d'autres qui me laissent indifférente, comme d'habitude, comme la théorie de la tartine qui s'écrase de face et pas de dos.

Ma petite dose de noirceur pneumonale et les doigts qui tremblent à cause de la fenêtre ouverte, je nage dans mon irréalité et j'attends lundi pour me réveiller


MP3: Axwell - I Found You

par Heela
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Vendredi 28 décembre 2007
Je viens de regarder Ne le dis à personne et ca m'a profondément troublée, pas l'intrigue ou les péripéties, mais le fait d'imaginer perdre l'amour de ma vie pour des années. Je ne pourrais pas sans lui, comme tous ceux de mon entourage que je vois, ces couples disloqués, de mon âge, plus jeunes ou plus vieux, et leur force incroyable, cette capacité à toucher le fond (un fond pas comme le mien, mais nous ne sommes pas tous semblables dans nos ressentis et nos réactions) et puis à chercher la lumière, à la retrouver, et je ne les comprends pas.
Comment imaginer que je pourrais ne serait-ce qu'exister sans sa présence,  je ne peux pas imaginer ma solitude avec quelqu'un d'autre, il est le sang de mes veines l'oxygène et les couleurs du réel, les sens ne sont pas sans lui, la terre ne tourne pas sans lui, qu'il s'efface et l'univers meurt tout entier.
J'essaie de comprendre tous ceux qui aiment véritablement et qui perdent l'objet de leur amour, et qui vivent avec ce lambeau de coeur arraché, et malgré toute ma bonne volonté je pense qu'ils n'avaient pas trouvé le seul, le vrai et qu'ils sont des humains, des bas de ce monde qui vivent et qui aiment à nouveau, perpétuellement et sans éternité. Je ne sais que les mépriser ou amoindrir le dramatique de leur souffrance, comme si mourir si l'autre part est l'amour véritable (c'est stupide mais). Qu'ils se relèvent, et je les regarde avec un rictus ironique, tu vois, tu t'es trompé à toi-même pauvre animal humain que tu es, perdu dans tes illusions, et tu vas en chercher de nouvelles, pour t'écorcher encore
Qu'il meurt, et je meurs aussi. Qu'il s'en aille, et je perdrais le fil de l'existence jusqu'à me faire mourir, et c'est bien sûr un stupide idéal de l'amour, mais Platon et sa théorie des sphères, j'y crois fermement, et nous sommes les deux parties d'un tout, et que le tout se déchire, nous tomberons en miettes.
Ca a l'air tellement stupide et vain, toutes les déclarations d'amour se ressemblent et les gens s'ennuient mais j'ai dans le coeur un brasier qui me consume, une douleur à me vider les veines de penser à, et si, s'il se passait quelque chose, qu'il advienne une discordance dans notre voie et qu'elle se brise, et je n'ai que le néant comme solution,
petits les gens qui s'aiment et trop grands ceux qui s'aiment vraiment?
Je ne suis pas du genre à idéaliser les choses, c'est souvent le contraire, mais je vous jure que je n'ai pas encore rencontré des gens comme nous, mais en froide analyse, j'ai plein d'arguments, le fait que nous soyons des personnes faibles psychologiquement, les nerfs et le sang à fleur de peau, nous nous sommes trouvés comme piliers d'existence et ce système de pilier parfaitement emboîtés font de notre couple un de ceux qui durent, et la question cachée serait: nous aimons nous pour nous-mêmes (mais le "pour nous-mêmes" est philosophiquement très difficile à débattre, et tout ça à cause de Sartre et de L'Etre et le Néant qui m'a, sinon traumatisée, marquée profondément) ou pour le pilier que nous voyons en l'autre?
Mais la question est vide de sens car l'amour a toujours des connecteurs différents d'un couple à l'autre,  et nous sommes la sphère platonicienne, peut-être presque l'essence originelle et pure de l'idéal théorisé par tous
Je l'aime d'un oeil rouge sang, je l'aime douleur animale, je l'aime fusion symbiose lien-étau, on s'aime violemment, nous sommes de l'amour feu, pour ce qui est de notre souffrance et de notre pensée de la déchirure, mais aussi je l'aime de cette douceur de ciel, cette tendresse d'enfance et de parfum d'été, il est tout et mon coeur est le sien, ma peau doit être punie sans lui, il est mon organisme tout entier, et de me l'arracher, je tomberai dans le gouffre des humains qui s'explosent d'être eux-mêmes, seuls face à l'univers qui les avale. Je t'aime


par Heela
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Mercredi 26 décembre 2007
Les gens sont fous, et je vois des choses que je préfèrerais ignorer. J'imprime des instantanés à des moments propices et malheureux, et ils reviennent hanter derrière les yeux. Je saisis sur le vif une demie-seconde d'errance sur un visage, et cette demie-seconde se faxe sur des pensées que je préfèrerais oublier, mais rien n'est facile, et la perte est lente, et je ressasse pour quelques heures, quelques jours ou quelques années ces fils de vie triste qui ont surgit. La vie triste, la vie cachée, celle d'un éclair qui se brise sur la rétine, et moi je tourne la tête et je le vois avant qu'il ne s'en dérobe, et je le vois qui me saute à la figure, et je pense réfléchis analyse les dégradés des sentiments, et quel chagrin, ces petits bouts de douleur pure, ou d'errance du moment, qui s'échappent des personnes qui m'entourent. Je leur allume une pensée, et je suis triste pour eux, sans trop savoir quoi faire, mais sans fermer les yeux.

par Heela
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Mercredi 26 décembre 2007

P1000306.JPG
Noël ca a été, passer deux jours effrénés en ville et voir la foule qui se presse chez le coiffeur, à la Fnac, chez Zara, partout, et puis les cadeaux amassés sous le sapin, les cris des petits cousins et jouer à DOA et à Guitar Hero sur la nouvelle PS2 slim, manger comme je n'avais plus l'habitude de le faire (d'où un estomac plus que fragile maintenant), les décorations, et tout, et tout. J'ai envoyé beaucoup de textos, fumé dehors, pris énormément de photos.

J'ai eu le livre d'histoire de l'art de Gombrich, un nouveau portable, une tablette graphique offerte par mon homme, une nouvelle valise, une carte Kadeo Fnac, des jolis plats, un livre de philo, une écharpe, l'abonnement à Arts Magazine. Et je me demande comment je vais gérer le retour à Grenoble, surtout avec le poids du pc portable et des livres à ramener.

Demain je reprends les cours de conduite (horreur), j'ai même oublié comment démarrer, et aussi passer les vitesses, et j'ai envie de fuir.
Noël 2007 était bien sympathique, voilà.

Ces derniers jours se sont passés aussi brusquement que comme s'ils n'avaient pas existés, et je commence à penser à l'après-fêtes, les jours un peu gris, un peu noirs, des révisions et des devoirs à rendre à la rentrée, me préparer mentalement à bosser chez Macdo ce prochain semestre et gérer les partiels au mieux.

En fait, et je me demande bien pourquoi, dans la balance des couleurs et des humeurs, je me sens pas très bien, et pourquoi les bonnes choses pèsent plus légèrement que ce qui me préoccupe pour la suite.



par Heela
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Samedi 22 décembre 2007
Je retrouve la maison, mais les choses et les gens changent un peu, mais pas vraiment. De la fatigue et de la tension sur les traits, l'odeur d'encens cramé, les nouveaux magazines, le ciel grisâtre.  J'ai un nouveau portable, qui est déjà, comment dire, trop familier pour une nouveauté que j'attendais depuis un certain temps. J'ai perdu cet enthousiasme euphorique à lire attentivement les notices, tout détailler, admirer. Le vendeur de Game avait un sourire charmant, et rien que pour le plaisir je lui ai demandé la date de sortie de l'extension de WoW, alors que je connaissais déjà la réponse. La ville était en effervescence, j'aime la foule mais ce n'était plus une foule, c'était trop, et les gens les bras chargés de sacs, et dans ma petite étude sociologique je me demandais pourquoi, mais pourquoi, ils s'y prenaient toujours en retard, deux jours avant, tout en sachant pertinemment que d'autres viendraient aussi et qu'ils se bousculeraient, se feraient transpirer, et tout et tout.

Je suis en vacances mais je ne réalise pas, parce que j'ai raté ma dernière journée de cours en me levant trop tard à cause de la soirée de jeudi, et il y a une très nette impression d'inachèvement, d'inaccompli dans ma première "vraie" journée de vacances. Et comme d'habitude, je me sens conquérante quand j'arrive à la gare de V., et le soir même je me sens expatriée, dans l'insécurité d'une contrée natale devenue étrangère (n'exagérons rien), et je n'ai qu'une envie, prendre le premier train de retour et me retrouver dans ses bras et dans la chaleur du familier. Le goût désagréable du danger de la solitude et de son ennui.

Je veux rentrer chez moi, fumer dans la chambre le salon la cuisine les chiottes le couloir, voir les yeux de Petit Chat suivre mes déambulations, aller sur wow, n'avoir que trois pas à faire pour atteindre l'ordi, lire côte à côte, regarder les documentaires et les commenter à 4h du mat'.
En plus mon nouveau labret me fait mal, j'en ai marre de leurs confrontations et de son problème psychologique, je n'ai pas vu L. cet après-midi parce que j'étais en retard, Noël n'est plus si extatiquement merveilleux depuis nos 14ans, j'ai peur de reprendre la conduite, je m'ennuie déjà et ca va durer un peu plus d'une semaine et tu me manques déjà maladivement.

Et puis jeudi, dans le brouaha ambiant, eux deux qui parlent de libéralisme, des grands patrons, de leur point de vue sur la société et moi ca me faisait sourire, et on a aussi parlé du Che, de nos opinions, et on est rentrés dans la nuit, et j'avais mal à la tête.

Je veux rentrer chez moi, ici, il fait trop froid, là-bas on est deux.

MP3: Sinsemilia - From Loneliness to Madness

par Heela
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Mercredi 19 décembre 2007
Il fait beau, un mélange de doré et de pâle froideur. Mal au genou un peu enflé, fatiguée et envie de ne rien faire et pourtant aller en cours dans une heure et demie en m'efforcant de ne pas claudiquer. J'ai un peu regardé Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée, et je ne comprends pas la fascination de certains pour le livre et le film, avec Thirteen, Scarlet Diva et Requiem for a Dream j'ai eu mon compte en glauque.
Il faut que j'aille chez le médecin sinon la sortie à la patinoire va tourner au désastre pour mon articulation défaillante.
Je ne trouve toujours pas Un Jour sur Terre en download, ca m'embête un peu, et je dois envoyer un mail au prof qui a découvert que j'avais fait le site avec Dreamwiever et non par un travail acharné en lignes de code et de feuilles de style, et j'ai envie de lui dire que son cours sert à rien et que je ne m'intéresse pas à l'informatique, mais je ne trouve pas de tournure appropriée.
Il fait froid et je n'ai pas envie de bouger, et ce soir je vais rentrer à 20h à l'appart' et le fait de marcher à la nuit tombée par -4° me désespère.

Cette nuit j'ai rêvé que L. était devenue une épave, une paumée droguée , une pute, complètement à l'ouest, et qu'elle s'était trouvé une amie chez qui elle vivait et à elle je lui demandais pourquoi, et si ses parents ne se posaient pas de question et la fille rigolait en disant qu'elle était défoncée à [nom d'une drogue inventée] et que c'était la dernière chose à laquelle elle se souciait. Un rêve assez désagréable.

Ce weekend j'irais au musée de V. avant qu'il ne ferme jusqu'en 2011 (!), et je me rends compte qu'en dix-neuf ans je n'y était allée que deux fois, et que je ne me souviens de rien. A force de mépriser une ville, on en oculte certains aspects.
J'ai froid, je n'ai pas encore mangé et je dois aller m'habiller et préparer mon sac, me laver les cheveux et me rendre, en clair, présentable, mais je préférerais avoir un truc grave au genou (du moins, grave mais pas longtemps quand même) et que je doive d'urgence aller chez le médecin qui me dira: Mademoiselle, je vais vous faire un certificat, vous ne devez pas bouger de chez vous jusqu'aux vacances. Je vous déconseille d'aller en cours mais je vais vous donner une ordonnance pour une crème miracle qui vous permettra d'aller faire des boucle-piqués sur la glace et vous amuser à la soirée Infocom de jeudi soir. Ca serait cool.


MP3: John Dahlback - Blink

par Heela
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Dimanche 16 décembre 2007
Aujourd'hui, j'ai encore un peu révisé le Baroque, et recopié sur word les cours d'art moderne, j'ai mangé n'importe quoi (dont une dizaine de crêpes nutella et beurre-sucre), j'ai passé ma journée devant la tv.

En vrac, j'ai vu et re-vu les images des sans abris évacués de leurs tentes, la baisse de popularité de Sarkozy (qui reste toujours au-dessus des 50%), la conférence de Bali et une nouvelle preuve de la connerie des Etats-Unis, un reportage sur les clients des prostituées,  des clips dont l'improbable duo James Blunt-Sinik, un bout de Voyeur, un film érotique comme les autres,  un tiers de Taratata, pas mal du "les 100 plus allumés" avec une séquence hilarante d'un mec fou des chats (qui s'était fait refaire la dentition et fendu la lèvre, implanté des moustaches artificelles). J'ai découvert que Flavie Flament était une femme très agréable et élégante, que Fabrice Lucchini est encore plus allumé qu'il n'y paraît . Que l'anglais des BB Brunes est approximatif, que le chanteur de Hard-fi est un con qui se la joue. J'ai pu comparer les différences d'opinion sur l'art baroque dans mes bouquins, que C.Boutin est une ump dans toute sa splendeur, j'ai lu la lettre déchirante de Betancourt, et regardé quelles expos intéressantes je  pourrais aller voir (mais tout se passe à Paris évidemment).

Au niveau social (sinon on va croire que je suis définitivement une geek), jeudi prochain c'est bar et patinoire avec notamment T., avec qui je parle plus et ce sont nos différences d'opinion qui nous a rapprochés (lui est bloqueur-communiste-babs, enfin bref presque l'archétype du jeune à abattre, et moi une espèce de passive-gauchiste modérée, jeune dangereuse parce que faisant partie de la masse qui ne bouge pas). J. rentre d'Angleterre jeudi, je ne sais pas comment vont se passer mes vacances chargées (voir ci-dessous).

Et comme toujours, dans ces longues périodes d'apathie, il y a l'envie sournoise et grandissante de me vautrer dans ce qui est condamnable.




 

 

par Heela
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Vendredi 14 décembre 2007
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   et je n'arrivais pas à dormir, me disait-elle, et dans ses yeux le sommeil se noyait. Et dans le tournoiement du spectre blanc de goudron, et dans les baîllements et les gestes préçis des retouches de peinture, sourire, appliquer, humecter, les lèvres, sourire, effacer les bavures, le gloss, la limpidité de l'artifice, noir charbon , qui ne coule pas encore, mascara, du bout des cils, fards et effarement, sourire

Elle avait toujours quelque chose à faire, ou du moins, elle voulait, mais ne s'en donnait pas les moyens, ou des fois ne les avait pas. Regarde les listes de choses à faire, les expos et les musées, les évènements, les beaux livres à acheter, leur papier glaçé avec les sourires absents ou mutins des figures esquissées, regarde mes projets d'avenir, mes plans du futur, mais dans un petit coin du cerveau, elle n'était pas dupe. Elle avait des facades de caméléon, différentes selon les situations, regarde comme je souris et comme je suis enjôleuse et moqueuse en société, regarde mes talonds vernis, ma taille fine, le vernis assorti à la tenue (le rouge a un dress code minimalist). Regarde, comme je frime, avec toute cette culture que je me construis, ces livres et ces mots qui sortent par mégarde, rouflaquette, expectorer. Regarde comme je fais artiste, ou passionnée d'art, alors que la notion de passion ne brille jamais dans mes yeux. Je suis machiavélique, elle souris, triomphante, je tisse ma toile pour arriver à mes fins, et pour que les autres admirent. Elle me montre l'entassement des livres neufs, que je ne finis jamais, que je feuillette, et mon argent s'envole. Je crois que je suis fausse, dit elle en oblique. Mais je suis fausse parce que je ne me trouve pas, réfléchit-elle encore. Et dans ces mots il y a une vérité fondamentale, mais vieille depuis la naissance.


J'aimerais te voir seule. Pourquoi? Parce que tu n'es pas pareille avec les autres. Dis tout de suite que je suis schizo? Non, mais tu es différente. C'est ta facade. Et je te trouve plus intéressante seule à seul.

par Heela
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Jeudi 13 décembre 2007
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L'AG avait voté le reblocage, mais leur tentative a échouée, donc je suis condamnée à préparer l'exposé sur Camus prévu pour la semaine prochaine. Il fait très froid, et je regarde plus attentivement les montagnes, qui ont l'air de s'exposer plus qu'à leur habitude.
A Noël, je vais avoir l'abonnement à Arts Magazine, et le bouquin culte de Ernst Gombrich, et je commence à fantasmer sur les tablettes graphiques. Je devais aller au musée d'art contemporain cet après-midi, mais ayant dormi 5heures, et passé pas mal de temps dans les bus et à Lidl, mon super enthousiasme était moribond, et je l'ai achevé en faisant une sieste qui a duré jusqu'il y a une heure. Et pourtant, je voudrais avoir un rythme normal.

Pendant ces vacances (il faudra que je me refasse un énième planning), je peux me dire très occupée, entre Noël en famille (avec toujours toute la magie qui le précède, les truffes en chocolat faites maison et la déco or-argent raffinée, les aiguilles de sapin sur le sol et les heures passées en cuisine), le Nouvel An des copains (mais pour eux, c'est une soirée comme une autre et j'aurais beau lancer l'idée, et si on s'habillait classe en buvant du champagne?Comme les gens normaux? B. garderait son baggy, O. aurait toujours ses pantalons babs et le millésime se gerberait au whisky). Et puis les heures de conduite (super), voir les filles, peut-être un aprem en tête à tête avec A. Et un rdv chez le coiffeur.
Et surtout, vu que je suis une fille sérieuse (du moins dans l'idée), je rentrerais avec mon sac bourré de livres utiles, tels que Les soleils du baroque, L'art antique, Le marché de l'art, Histoire de l'art et des styles, mes cours d'art antique et moderne, mes fiches sur le XVIIe siècle.

Et comme toujours, je me projette dans l'avenir, je pense déjà au semestre prochain, et puis cet été, je pense à quel job je vais faire, le voyage en Croatie, et puis le concours EAC, la vie à Paris, avec toujours des projets à foison, l'envie d'aller en Italie avec lui (histoire de voir de visu le Forum Transitorium qui m'avait donné du fil à retordre). Et puis on calcule déjà pour plus tard, on regarde les salaires des profs débutants, en quoi consiste l'Agreg (pour lui), et moi, je regarde un peu les concours de la fonction publique sur le site du Ministère de la Culture, et j'angoisse un peu, comme toujours.


MP3: Concert d'Amy Whinehouse sur NRJ12.
par Heela
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