Dimanche 18 mai 2008
Je crois que personne n'avait jamais encore eu pitié de mon esprit. Bien sûr, des tas de gens ont dû/doivent me mépriser, me prendre en pitié pour telle ou telle conviction ou telle pensée. Mais que dire de celui-ci qui a pitié de moi pour mon esprit dans sa globalité (même si la notion de globalité est discutable)? Je pense que c'est chouette, comme une nouvelle expérience enrichissante, même si totalement dévalorisante. Je le méprise, il m'a en pitié: jeu, set et match. Je ne révise pas, je fais marcher l'émulation des cerveaux.
Et en parlant de rêves, je peux en compter trois ou quatre anciens dont je me souviens encore, même si je les ai faits à 14, 16 ou 17 ans, et qu'ils ont disparus des écrits. Dont l'un où dans la dernière séquence, après une fuite interminable, je me retrouve à surplomber un précipice, le visage en larmes et le coeur en miettes, perdue au fond de la forêt, avec les échos des gens qui se trouvent dans une cabane dans un arbre, derrière moi à droite. J'aime mes rêves comme autant de souvenirs trépidants ou émotionnellement forts. Ma carrière de rêveuse qui met ses rêves à l'écrit a trouvé son point de départ la nuit où, en vacances en Bretagne, j'ai rêvé que ma mère prenait la voiture, et que je savais qu'elle allait mourir mais je n'arrivais pas à l'empêcher de partir. C'était peut être la première nuit où je me réveillais traumatisée (et sûrement prise de conscience de la condition mortelle de la figure maternelle je sais ta gueule un peu?). Et c'était aussi le point d'ancrage de tous ces rêves, ces dizaines écrits sur feuilles ou pixellisés, comme autant de marques de l'inconscient que je cherche à préserver, sûrement par obsession de tout savoir de moi-même.
Qui est-ce qu'il y a chez lui? Un père absent, hors-monde, qui vit sur le dos des autres, une mère étrange car individuelle dans sa condition maternelle, et qui a été plus grande soeur ou copine que mère. Un oncle-père, mort, et des antécédents familiaux longs comme une destinée fatale. Suicidaires, meurtriers, des gens qui tuent et d'autres qui abandonnent, des rivalités, un arbre généalogique rempli de croix et d'absences. Un meilleur ami avec lequel on se dispute, et qui le lendemain meurt, une époque de déchéance punk, entre baggys déchirés et soirées entre loosers, à faire tourner les filles, l'ecsta, la beu et l'alcool. Un QI hors-normes, mais qui amène la maltraitance enfantine, alors l'abandon scolaire pour trouver l'amitié. Une TS de teen movie, Nirvana et des cheveux longs, le poids du monde qu'il traînait sur ses épaules. Tous les rêves qui ne sont que des cauchemards atroces
Et puis une relation amoureuse qui commence comme un drap de sang déchiqueté, entre ombres et larmes. Et les deux qui marchent ensemble et qui en reviennent au bonheur d'être humains, aurais-je pu tomber amoureuse d'un être dont la personnalité et la destinée était banale? Le penses-tu?






